De la résilience? Ok, mais encore…

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L’utilisation du terme résilience débute dans les années 1800, en sciences physiques, pour définir la propriété d’un matériau qui retrouve sa condition première après avoir subi un choc. C’est ensuite en psychologie de la petite enfance, vers les années 1950, que l’on réfère à la résilience pour différencier les enfants qui, à la suite d’un traumatisme, réussissent à surmonter les événements. Les chercheurs tentent alors d’identifier les traits de caractère spécifique de ces enfants. Une vingtaine d’années plus tard, les sciences de l’environnement l’abordent sous l’angle écologique en l’associant à la capacité d’un système à absorber une perturbation importante sans que ça lui nuise ou que ça le dénature. La résilience apparaît alors comme un phénomène qui a une perspective beaucoup plus grande qu’individuelle.

Ce n’est que dans les années 1990, période où les recherches se sont fortement accrues, que Norman Garmezy renforce le concept en spécifiant que la résilience est un processus, une capacité ou un résultat d’une bonne adaptation malgré les circonstances, défis ou menaces. Et, plus les années passent, plus l’on parle d’un processus dynamique et complexe. D’un phénomène influencé par l’interaction de plusieurs facteurs de protection et de risque, au plan personnel, familial, environnemental, etc.

En effet, le dialogue avec différents acteurs autour de la résilience révèle bel et bien une diversité de point de vue et de représentation. Peu importe les perspectives, elles se rejoignent un peu toutes. Elles illustrent généralement l’effet d’un processus (du choc au retour à la vie normale) ou encore d’une qualité ou d’une force.

C’est plutôt lorsque l’on touche la situation personnelle des individus (conditions et cadre de vie) que des questions se posent… Est-ce que l’on peut parler de résilience quand une personne n’a pas ou peu de moyens financiers, par exemple? Ou au contraire, peut-on dire qu’une personne fait preuve de résilience quand elle a beaucoup de ressources à sa disposition?

De la résilience svp!, j’évoquais le début d’une exploration, un laboratoire autour de la résilience. Ce projet met l’accent sur le renforcement de trois capacités liées à la résilience, soit la capacité d’absorption, la capacité de renouvellement et la capacité d’appropriation.

La capacité d’ABSORPTION fait référence à la résistance au choc. La capacité à prendre volontairement des mesures pour faire face au stress d’un choc.

La capacité de RENOUVELLEMENT réfère quant à elle à l’idée de se reconstruire sur des bases nouvelles. Ouvrir les possibles. Imaginer et faire les choses différemment.

La capacité d’APPROPRIATION met enfin l’accent sur les apprentissages. Prendre conscience de ce qui s’est passé pour mieux préparer l’avenir.

Cela dit, notre intention à travers notre exploration est surtout de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre lorsque l’on parle de résilience organisationnelle, ou des équipes résilientes.

Or, la résilience organisationnelle se définit comme la capacité d’une organisation (entreprise, association, groupe de projet, etc.) à faire face à une épreuve, un incident ou un revers et à le surmonter en dépit de conditions qui lui sont défavorables. La capacité d’un regroupement confronté à des événements déstabilisants majeurs de mobiliser ses ressources pour rester aligné avec ses objectifs et sa vision. On évoque alors moins la notion d’état. Plutôt celle d’un processus. Un processus qui ultimement permet aux individus de rester (ou de se remettre) en mouvement.

Les écrits évoquent trois caractéristiques des équipes résilientes :

  • Pragmatiques, elles font face à la réalité sans montrer un optimiste démesuré;
  • Solidaires, elles démontrent un fort système de valeurs qui permet de donner du sens aux défis et aux difficultés rencontrés;
  • Ingénieuses, elles savent tirer parti de leurs ressources pour «bricoler» des solutions nouvelles face aux situations inhabituelles.

On peut maintenant se poser la question si les organisations en elles-mêmes peuvent réellement être résilientes ou si, au fond, elles ne sont que le reflet des individus qui les composent…

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