Et si les Municipalités choisissaient l’économie sociale?

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À l’aube des prochaines élections municipales, plusieurs sujets et enjeux seront débattus afin de connaître la vision des élues et élus municipaux, qui souhaiteront s’investir dans le développement de nos communautés. Vous devinerez sans aucun doute que, pour ma part, je souhaiterais que l’économie sociale soit à l’ordre du jour. Le potentiel de ce modèle d’affaires est si grand [et son impact indéniable] qu’il serait dommage de ne pas profiter de cette occasion pour amener notre réflexion plus loin.

Les champs de compétences des Municipalités touchent plusieurs secteurs économiques où les entreprises d’économie sociale sont très présentes, soit la culture, les loisirs, l’environnement, la gestion des matières résiduelles, le transport. Au fil des dernières années, les pouvoirs locaux ont vu leurs responsabilités augmenter, mais pas nécessairement les moyens pour les remplir. La collaboration et la contribution d’acteurs et actrices du milieu deviennent donc essentielles.

Pour le monde municipal, choisir l’économie sociale comme outil de développement et stratégie d’aménagement offre plusieurs avenues. Et ce choix ne signifie pas de mettre le modèle collectif en concurrence avec le modèle économique privé. Il faut plutôt le voir dans une optique de complémentarité, d’inclusion et de diversité du développement territorial.

Quelles sont donc les possibilités qui s’offrent aux Municipalités? Je vous en partage 3 afin d’illustrer ce que nous pourrions bâtir au cours des prochaines années.

Politique municipale d’économie sociale

D’un point de vue politique, les Municipalités peuvent adopter une politique d’économie sociale afin d’affirmer leur reconnaissance face à l’économie sociale et particulièrement sa contribution au développement économique et la cohésion sociale. La ville de Gatineau a fait ce choix en adoptant, le 20 octobre 2020, la première politique municipale d’économie sociale au Québec. L’exercice de consultation et de réflexion qui accompagne un tel projet est tout aussi intéressant que la politique en soi, car il permet la mobilisation et la sensibilisation d’une diversité d’acteurs et actrices, incluant les citoyens et citoyennes. Ce choix politique est à la portée de plusieurs Villes et je crois sincèrement que nous sommes prêts pour cette étape.

Approvisionnement auprès des entreprises d’économie sociale

Une autre occasion que peuvent saisir les Municipalités est celle de l’approvisionnement auprès des entreprises d’économie sociale. À ce jour, plusieurs Municipalités ont créé des partenariats d’affaires avec des entreprises collectives pour en faire des fournisseurs de choix. La stratégie L’économie sociale, j’achète! a d’ailleurs été soutenue activement par 5 Pôles d’économie sociale. Ils ont alors facilité le maillage entre acheteurs publics et entreprises d’économie sociale, documenté l’offre de services et les besoins des Municipalités. Dans le cadre de cette initiative, on compte plus de 100 entreprises collectives impliquées à titre de fournisseurs dans 5 régions et plus de 100 acheteurs engagés, dont plusieurs Municipalités. Une expérience extrêmement porteuse qui fait d’ailleurs l’objet d’une nouvelle mesure dans le Plan d’action gouvernementale en économie sociale 2020-2025.

L’économie sociale comme stratégie de vitalisation et d’innovation

Miser sur l’économie sociale pour susciter l’ancrage local et la vitalisation des communautés est une autre option intéressante et durable qui s’offre aux Municipalités. Ceci signifie d’inclure l’entrepreneuriat collectif dès le départ dans la réflexion stratégique et la planification de l’aménagement. Cela voudrait donc dire d’inviter des représentantes et représentants de l’économie sociale autour de la table afin de participer aux discussions et aux consultations, dès le départ. On pourrait également favoriser la création de nouvelles entreprises collectives ou la contribution de celles existantes dans des projets de reconversion ou de revitalisation d’un quartier, d’un milieu. Inclure l’économie sociale dans l’aménagement du territoire permet de construire une économie inclusive, complémentaire et durable. La Ville de Laval envisage cette stratégie dans le cadre de son projet de zone d’innovation, dont l’initiative vise à transformer le dépôt à neige en « centre-ville intelligent », tout en favorisant la carboneutralité et le développement de l’économie sociale.

Cela ne constitue que quelques exemples pour inciter les Municipalités à choisir l’économie sociale comme outil de développement économique et social. C’est investir dans une mission à finalité sociale et un gage d’enrichissement collectif. À l’heure où nous vivons des enjeux de délocalisation de notre économie, d’autonomie alimentaire, d’accessibilité numérique, de mobilité durable et de crise environnementale, l’économie sociale est une option qui ne doit plus être écartée.

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