Des lendemains sous influence

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La prochaine décennie de l’action collective se dessinera manifestement dans le spectre de la situation actuelle et des apprentissages qui en seront tirés.

Le temps d’un instant

Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler d’une forme de traitement psychologique expérimental par microdosages au LSD. Je ne connais pas grand-chose en la matière, mais j’ai vraiment été inspirée par un aspect de l’affaire. Le but est de traiter des personnes qui souffrent de chocs post-traumatiques, notamment à la suite d’abus, en offrant, à petites doses et dans un cadre sécuritaire, des moments pour vivre une expérience différente de la vie.

Parfois, le filtre ou l’angle à travers lequel on voit la vie nous enferme dans une perspective de laquelle nous peinons à sortir. Vous me voyez peut-être venir….

J’espère que, dans l’expérience que nous vivons aujourd’hui, nous trouverons des éléments pour nourrir notre imaginaire et sortir de nos perspectives actuelles. Cet épisode de l’humanité, à la fois sombre et lumineux, permet de nombreuses prises de conscience.

Les années à venir pourraient être inspirées de toutes ces personnes qui auront vécu en même temps un moment de l’Histoire où l’économie n’était pas le centre de tout. Pour moi, c’est au moins équivalent à un microtrip de LSD collectif!

Une expérience différente du monde

Depuis quelques semaines déjà, l’économie n’est plus l’épicentre de notre organisation sociale. L’humanité et sa préservation sont le moteur décisionnel central. L’économie est en pause, comme ils disent.

Ce qui me fascine le plus ces jours-ci, c’est qu’en suspendant la prégnance de l’économie sur tout, on dirait qu’on vit une expérience différente qui nous permet d’apprécier le sens de nos grandes constructions sociales : l’État, la science, le filet social, l’agriculture et l’art, par exemple.

Plusieurs ont aussi questionné leur rôle social en temps de crise; pensons aux journalistes et aux entreprises. Quel est notre rôle social? Au-delà des réponses, le fait de se poser la question, c’est tellement sain! C’est une percée en soi!

La crise redonne même une poignée pour mieux comprendre le rôle des différentes échelles territoriales au quotidien, du local au global.

Quelle décennie pour l’action collective?

Bien sûr que je souhaite que la dose soit suffisante pour des lendemains fabuleusement plus solidaires, écologiques et équitables. Je m’accroche au fait que si ces valeurs n’ont pas germé dans le cœur de tout un chacun, elles en auront au moins ravi quelques nouveaux.

La situation surligne au marqueur les inégalités et les fragilités au cœur de nos modèles de société. L’indifférence ne retrouvera peut-être pas autant d’adeptes!

La pertinence de la proximité, de la capacité d’agir, de prendre soin, de considérer la nature me semble avoir été vécues plus intimement, par plusieurs personnes, au cours des dernières semaines. Il s’agit hors de tout doute d’une opportunité à saisir pour nos collectivités.

Ces expériences et ces volontés d’un monde différent seront peut-être passagères si nous ne les transposons pas en capacité d’agir. À nous de saisir la balle au bond, pour une décennie sous le signe de l’action collective et du dynamisme de nos territoires.

Commentaires partagés sur Facebook

14 réponses

  1. Effectivement, certaines prises de conscience semblent s’affirmer avec davantage de force auprès d’un nombre grandissant: les avantages du télétravail sur les personnes et sur l’environnement, le partage des rues résidentielles avec les piétons et cyclistes, l’engouement pour l’achat local, la reconnaissance des travailleuses en soins de base. Reste à souhaiter leur pérennité dans nos sociétés au-delà de l’état de crise. Toujours un plaisir de partager tes réflexions Sophie!

  2. À voir la précipitation avec laquelle nos valeureux dirigeants souhaitent déconfiner “pour sauver l’économie”, parce qu’il faut remettre la machine en marche, afin de payer toute cette dette encourue pendant la crise… sans se poser jamais la question de comment répartir cette dette… je me dis qu’une microdose n’était pas suffisante 😉

    La machine économique qui doit être relancée doit être changée. Et c’est beaucoup plus facile de la changer quand elle est au garage que lorsqu’elle roule sur l’autoroute ou encore pire que lorsqu’elle est en vol !

    1. Effectivement, au même de publier, je sentais déjà que le vent tournait et que la logique économique reprenait «graduellement» ses aises 😉 J’imagine qu’on a encore un peu de temps devant nous pour ne pas revenir en arrière!

    1. Merci Jean! Il y a plusieurs appels à ne pas revenir en arrière ces jours-ci. J’imagine que le terreau est déjà plus fertile!

  3. Parfaitement d’accord pour le « micro trip au LSD »! Mais je crains que nous aurons aussi affaire à des forces qui voudront que ça en reste là. J’espère que nous saurons rallier les forces pour la transition. D’en avoir rêvé ça devrait nous donner de l’énergie… J’espère!

  4. Une réflexion sur un constat très juste chère Sophie
    À tous ceux et celles qui partagent la lecture de ce billet, ne trouvez-vous pas que plus la pandémie et le confinement se prolongent, plus les prises de conscience pour des changements en profondeur se formulent et se propagent, et plus les convictions et les voix pour les accomplir s’affirment?
    La transition attendue passera-t-elle par cette catastrophe planétaire ? Celle-ci sera-t-elle assez longue et morbide pour que tous les paragraphes et les prescriptions du nouveau pacte fondé sur plus d’humanité, plus de solidarité, plus d’écologie, moins de croissance et plus de développement, puissent être écrits et signés entre les nations ?
    Le temps est-il venu pour un tel pacte ou faudra-t-il attendre une catastrophe de plus grande ampleur, climatique ou sanitaire ?

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