Qu’en est-il de ces lendemains sous influence?

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En mai 2020, en quête de repères pour la prochaine décennie, j’écrivais Des lendemains sous influence. J’y partageais l’espoir que notre expérience différente de la vie, pendant que la planète tournait plus au rythme de la pandémie que de l’économie, ouvre de nouvelles perspectives.

Sans grande surprise, la logique économique a rapidement repris ses aises. Par ailleurs, malgré des corpus peu convaincants, la relance verte est sur les lèvres de nos gouvernements. Des coalitions d’acteurs et actrices très diversifiés, comme le G15+, ont émis des propositions pour une relance plus verte et solidaire. Certaines municipalités emboîtent également le pas.

La mobilisation s’élargit autour d’idées qui n’auraient peut-être pas eu cet envol auparavant. Je ne crois pas que ce soit la panacée, mais la pandémie a permis de changer un peu l’agenda politique!

Quelques mois plus tard, je demeure à l’écoute de manifestations de changement, en ces moments d’expérience de vie altérée. J’ai envie de partager deux phénomènes qui retiennent mon attention et alimentent mes réflexions ces temps-ci.

Du côté sombre

Un espace public sur le 220, des idéologues gonflés à bloc, des polarités dopées aux médias sociaux, plus beaucoup de place pour ajouter de l’eau dans notre vin… la tension monte, partout!

Je sens que nos espaces collectifs, à toutes les échelles, pourraient rapidement être contaminés par ce climat d’adversité. C’est fou de penser qu’on pourrait restreindre les possibles ou reculer collectivement, parce que l’espace public, comme l’air qu’on respire, serait saturé.

Chacun chez nous, de plus en plus déconnectés du réel et des autres, nourrissant beaucoup nos perceptions à travers les écrans, la qualité du climat social me semble en chute libre. Bien que ça ne soit pas si nouveau, c’est la première fois que j’ai la forte impression que cette grogne, bien nourrie, pourrait se frayer un chemin dans nos démarches collectives et paralyser notre capacité de développement collectif.

Prise de l’envie de serrer les poings et les dents plus souvent qu’à l’habitude, je tâche de refaire chaque jour le choix du dialogue. Il m’apparaît qu’il s’agit d’une responsabilité civique, que celle de préserver la qualité de nos espaces de discussion. La responsabilité de faire redescendre la pression, de placer les conditions propices aux échanges respectueux et à l’écoute. La responsabilité de dialoguer, comme acte de résistance.

Du côté arc-en-ciel

Le rapport à la proximité, en ces temps de confinement, me semble une avenue porteuse de reconnexion au territoire et à nos concitoyens. Voyager au Québec, quadriller nos quartiers et villages à la marche, socialiser les deux pieds dans le banc de neige, redécouvrir nos voisins, se soucier de nos commerces de proximité, embrasser notre nordicité.

J’ai grandi dans un univers de pensée où je me percevais d’abord comme une citoyenne du monde! Les derniers mois m’ont bien rappelé que je ne suis ni de partout, ni de nulle part… je suis profondément enracinée.

Je ne crois pas être la seule à avoir ressenti de manière plus intime mon rapport au territoire et à ma communauté. En dévoilant les chiffres sur la migration interrégionale en 2019-2020 la semaine dernière, l’Institut de la statistique du Québec révélait qu’un nombre grandissant de Québécoises et Québécois ont fait le choix d’aller vivre en région ou d’y rester, pour celles et ceux qui y étaient déjà.

Bref, si l’on se soucie globalement plus de la qualité de nos milieux de vie et de nos liens sociaux de proximité, nos initiatives de développement des collectivités et territoires ne devraient en être qu’enrichies.

Une autre grosse année s’annonce à l’horizon, continuons d’observer ce que nous révèlent ces lendemains sous influence!

 

 

 

 

 

 

 

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6 réponses

  1. Un bel article, Sophie. Dont je retiendrai des phrases comme « La responsabilité de dialoguer, comme acte de résistance », « socialiser les deux pieds dans le banc de neige ».

    Je me suis demandé, moi aussi, si cette montée du complotisme et des méfiances de toutes sortes à l’endroit des consignes et de l’intérêt public n’allait pas « infecter » les processus collectifs de développement…

    Trump est parti, et la COVID s’en ira aussi. Espérons que nous retiendrons de cette douloureuse et indécente période une leçon d’humilité : la raison (et l’intérêt public) ne s’impose pas d’elle-même, par sa propre logique, elle doit encore s’incarner, se manifester par l’inclusion, l’affection et le respect. Même à l’endroit des « déplorables ».

    1. Merci Gilles! Espérons que nous sommes déjà prêts à tirer des apprentissages et que nous n’aurons pas besoin d’aller voir un peu plus loin dans l’obscur…

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