Au-delà des ismes – Les chemins de la violence

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Quand j’ai su, il y a 20 ans, que ce petit bout de vie qui prenait forme en moi serait une fille, une multitude d’émotions se sont croisées en quelques secondes dans ma tête et dans mon cœur. L’une de celles-là était la peur. D’instinct je ne pouvais faire fi de ma propre histoire et de celle de tant de mes connaissances. Parce que oui, et sans vouloir me placer en posture de victime, j’ai été agressée, j’ai subi de la violence, de l’abus, de la manipulation et du contrôle abusif. Je suis une #MeToo des temps modernes non sortie du placard, mais sortie du tourment.

OUF! C’est dit. Et je ne voulais pas en parler. Non je ne voulais pas en parler. Le sujet est et sera traité par des gens beaucoup plus qualifiés que moi pour le faire alors NON, je ne voulais pas en parler. Et pourtant, ça tourne en boucle dans ma tête, comme le ver d’oreille d’une société malade dont les chemins se perdent à coups d’ismes ou de schismes

Le schisme c’est la rupture…. La rupture avec un courant de pensée. La rupture avec une société. Le schisme est en général nommé en rupture face à une religion. Mais qu’advient-il quand celui-ci est une rupture avec le savoir-vivre? La dignité? Les codes moraux? Le bien versus le mal? La vie en société?

Que sommes-nous collectivement devenus? Que le pétage de plombs a le dos large! Que le pétage de plombs a le dos large!

De tous les ismes (les négatifs, pas les positifs) outranciers qui planent comme des charognards sur notre société, l’actualité nous en renvoie deux ces temps-ci, sexisme et racisme,  qui se gonflent à coups de pouvoir, de contrôle ou d’indifférence et se transforment bien trop souvent en agression. Je dis deux parce que bien que cette violence n’ait ni race ni culture, tant de femmes autochtones sont disparues, au fil des ans, au fil de notre indifférence. J’ai d’ailleurs écrit il y a quelques temps un billet sur ces orphelines d’attention:  Je m’appelle Abigail

Mais, revenons à l’actualité et ces féminicides qui nous pètent dans la face. Comme si cette pandémie, après nous avoir reflété la fragilité et parfois l’indécence avec lesquelles nous traitons nos aînés, venait maintenant nous rappeler cette violence faite aux femmes qui s’insinue dans tous les milieux, lentement, sournoisement, à travers un contrôle abusif et malsain qui rapidement se transforme en cycle de la violence. Qu’elle soit psychologique, physique, économique ou sexuelle, la violence, c’est la violence.  Ça fait mal, ça fait peur, ça écœure… Et on en meurt… Et quand la femme tente de traverser le mur de ce contrôle, la violence gonfle le thorax et, à son apogée, survient le féminicide.

NON la violence conjugale n’est pas née de cette pandémie.

NON, les féminicides n’existent pas que depuis l’insertion de ce mot dans le P’tit Larousse en 2021.

NON ces chemins de violence ne disparaitront pas à coups de Pfizer, de Moderna ou d’Astrazeneca.

Au-delà de l’augmentation de budget pour les ressources d’aide aux femmes victimes de violence conjugale et des ressources d’accompagnement pour hommes violents, nous devons aussi collectivement nous mobiliser pour casser ce cycle. Le détruire à tout jamais. Pourquoi sommes-nous toujours si frileux d’aborder de tels sujets à l’école? l’éducation sexuelle, le civisme, le respect, l’égalité, le désir d’équité et de justice, ça s’apprend.

Aucun enfant ne vient au monde raciste ou sexiste.

Et si un jour ma fille met au monde une fille, la peur ne devra pas faire partie de la multitude d’émotions qui grandira en elle. C’est maintenant qu’il faut casser ce cycle. Et que nos ismes collectifs soient ceux-ci :

  • Humanisme
  • Altruisme
  • Féminisme

Et pourquoi pas finir sur un néologisme qui serait le bienvenu : ÉQUITISME!

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