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Ou la vraie rupture derrière la pandémie

Insouciance : Caractère, état d’esprit, attitude d’une personne qui ne se soucie de rien, ne se préoccupe de rien, n’a pas d’inquiétudes ou d’ennuis.

Dictionnaire de français Larousse 2019

Regardez autour de vous! Comment ça va, pour vous, pour ceux qui vous sont chers? Comment vont vos amis? Vos collègues de travail? Vos voisins? La sentez-vous cette nouvelle inquiétude, sournoise, impalpable, mais pourtant tenace?…

S’il est une chose qui a bien changé après maintenant plus de 14 mois de cette désormais incontournable pandémie, c’est notre attitude à tous. Nous avons été mis directement face à la fragilité de nos fonctionnements, de nos assises de société, de notre économie. C’est tout notre bien-être qui a été bousculé. Nos habitudes, nos garanties ou notre confort nous apparaissent maintenant dans toute leur vulnérabilité. Nous nous sommes crus si forts, invincibles même, comme espèce, si confiants dans notre supériorité et dans notre position dominante… en oubliant trop souvent que la Nature est la plus forte depuis des milliards d’année.

C’est notre sérénité qui a été mise à mal, c’est notre assurance qui est bousculée. Mais, surtout, c’est notre insouciance face à la vie et à ses aléas qui s’est envolée au cours de ces mois. Notre insouciance face à nos modes de vie, de consommation, d’approvisionnement, nos automatismes de vacances, tout ça a volé en éclat pour laisser place à un grand vide, ou plutôt pour laisser place à de grandes questions. Que sera notre monde de l’après-pandémie? De quelle nature sera notre économie? Sur quelles bases établirons-nous notre qualité de vie désormais? Et toutes ces questions se posent sur fond de télétravail, de conciliation travail-famille-aînés et de réorganisation sociale, de bien-être, de santé mentale et de sécurité.

Bien sûr, l’inconnu, l’incertitude rendent inquiets! Et, à hauteur de planète, nous avons toutes les raisons de l’être. C’est peut-être ce qui en ce moment explique la résurgence de certaines attitudes, telles que l’impatience ou l’arrogance….

Impatience : Caractère, état d’esprit ou attitude de quelqu’un qui supporte mal les difficultés, les choses ou les personnes importunes ou inhabituelles, qui ne peut supporter les contraintes, qui ne sait ou ne peut pas attendre avec calme.

Arrogance : Caractère, état d’esprit, attitude d’une personne qui se manifeste par des manières hautaines ou blessantes, de l’insolence, du mépris ou de l’agressivité.

Plus que jamais, nous assistons à des manifestations d’impatience, individuelles ou de groupe, devant les directives et les contraintes mises en place, au premier chef pour nous protéger tous collectivement. Des gestes de déni de la gravité de la situation alors qu’autour de nous s’effondrent nos services de santé, des gestes de revendication pour récupérer des espaces de notre liberté malmenée alors que cette même liberté demeure source d’éclosion d’une maladie galopante, ou encore des appels à la contestation de mesures sanitaires et de confinement allant jusqu’à la confrontation des autorités… Tout ça pour tenter de «faire comme si ce n’est pas si grave» ou pour «revenir comme avant»!

Rien ne sera plus jamais comme avant! Autant se le dire et l’accepter. Nous étions installés dans des automatismes de fonctionnement, nous devrons désormais apprendre à composer avec l’incertitude. Nous avions nos habitudes? Eh bien, nous devrons les changer et surtout s’exercer à les changer souvent. Nous adapter! Voilà ce qu’il nous faut réapprendre, tous et chacun. Le faire le plus sereinement possible, le plus simplement possible, en ayant conscience maintenant de la très grande fragilité des équilibres qui nous entourent.

Toute l’impatience de chacun de nous n’y changera rien, la Nature nous enseigne notre propre petitesse face à sa force. Toute l’arrogance que nous pourrions démontrer n’affectera pas non plus le cours des choses. Et plus nous résisterons, plus nous souffrirons. Fini aussi le je-m’en-foutisme qui a pu habiter nos esprits et inspirer nos façons de faire. Dorénavant, la conscience de ce qui nous entoure modulera obligatoirement nos façons de penser et de faire.

C’est de créativité et de solidarité dont nous aurons tous bien besoin au détour de cette pandémie mondiale, c’est déjà un besoin bien présent. C’est de la résilience qu’il nous faudra pour reconstruire nos sécurités. Et la résilience, quoi qu’on en pense, ne rime pas avec impatience, avec arrogance ni même avec insouciance. Il nous faudra bien le retenir! Et ça, je vous l’affirme avec assurance!

Chers lecteurs et chères lectrices, chers collègues, je prends un temps d’arrêt de Nous.blogue pour la prochaine année. Les derniers mois auront été des plus occupés pour la préfète que je suis. Et nous serons en campagne électorale cet automne, malgré la situation pandémique. Je me consacrerai donc à cette campagne que j’espère bien remporter. Au détour de 2022, je reprendrai contact avec Nous.blogue en espérant pouvoir m’y refaire un tout petit espace dans vos lectures.

À bientôt!

Claire Bolduc, agronome et préfète de la MRC de Témiscamingue

Commentaires partagés sur Facebook

4 réponses

  1. Vos billets vont nous manquer Madame Bolduc au cours de la prochaine année. Mais vous nous reviendrez avec une volonté accrue de servir les collectivités du Québec et le plein d’idées pour avancer positivement et sereinement. Je vous souhaite plein succès dans votre campagne électorale à l’automne.

    1. Merci cher Bernard, j’ai été largement inspirée par vos travaux et soyez assuré qu’ils ont été inspirants pour le développement de mon territoite témiscamien et que je vais continuer à vous lire et à vous suivre!

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