Consultation publique sur la réussite éducative, Carleton-sur-Mer, 12 octobre 2016


Une consultation publique, depuis le temps qu’on en rêve ici

Avec et par notre ministre responsable de la Gaspésie, en plus

Sébastien Proulx, pour le nommer pour la clarté

Portant seulement sur l’éducation, et rien d’autre nous a-t-on dit et redit

C’est pas que j’ai mal compris,c’est que le reste est inclus dans le prix

J’ai un esprit de contradiction et je ne m’enfarge pas dans les fleurs

On m’aurait souhaité ailleurs, à la porte j’ai tenu tête aux filtreurs

Et je suis entré participer au décor et au decorum empesé

L’argent avait plein d’odeurs

 

C’était parsemé de bon monde, ici tout le monde se connaît

Quelque moins bons aussi, sûrement qu’il se reconnaît

Le veston qui m’a mis la main sur l’épaule

En me disant que j’étais pas drôle

Et qui sentait le poulet

Sur les nerfs comme si j’avais eu un couteau entre les dents

Je n’avais qu’une page de prose pourtant

Il m’a inspiré directement le restant

Merci pourri, c’est pour tes dents

 

Le vernis politique me fait vomir ma rage sur la page

À grands coups de crayon dans la cage

Du con venu et des convenances

J’ai l’indécence de n’avoir pas cru

Bon d’attendre

Qu’on me donne la parole pour la prendre

J’ai crashé les vendeurs d’images

Pantins gris, serviles aigris

Coqs valets, larbins laids

Si seulement jeunesse savait

Elle vous pourrirait

De coups de pieds dans ce que vous montrez

Quand vous fuyez

Quand la poésie vous fait peur

Alors je récidive et vous offre de bon cœur

À bout portant ma mèche aux poudres des dirigeants

Vous qui prônez aux bons enfants la parole, la lecture

Vous les craignez quand ils la prennent c’est sûr

Je n’ai qu’un mot pour qualifier vos gestes de pleutres, votre manque de front

Poltrons!

 

Ici suit ce que j’ai vraiment dit à cette consultation pudique

Où il y avait moins de fun que de flics

 

« Je suis le père d’une petite fille d’âge scolaire

Dans sa classe, comme dans toutes les autres

Il y a des élèves en difficulté

Qui ont vu fondre les heures des éducateurs spécialisés

C’est le professeur qui éponge et toute la classe qui écope

Le service de garde est de plus en plus cher

Ça pénalise surtout les plus précaires

Qu’on se comprenne bien : ces décisions n’ont rien d’économique

Elles sont politiques et surtout idéologiques

On n’est pas dupes, on sent venir les élections

Vous arrivez avec le plat de bonbons ministériel

Pour faire le sauveur et nous redonner des bouts de ficelles

Le huitième de la moitié du quart de ce qui a été coupé

Pour le donner à Bombardier

Vous appelez ça nous consulter

C’est du show business pour la télé

 

Vous voulez qu’on regarde vers l’avenir

Moi, c’est le présent qui m’inspire

Notre présent

On est en train de le couler dans le ciment

Et même pire

 

Je suis le père d’une petite fille en colère

Dans son cœur, comme dans tous les autres, j’espère

Il y a un attachement pour sa terre, pour la mer

J’ai bien du mal à lui expliquer

Quand on roule à Port Daniel ou à Gaspé

Qu’on a oublié de nous consulter

Sur « les vraies affaires »

 

Voilà, j’ai dit un peu la vérité

Comme un caillou dans votre soulier

Et on voudrait me faire taire

Pour ne pas troubler

Tout ce qui est déjà décidé

 

M’avez-vous entendu

Ou êtes-vous juste là pour nous le faire croire »

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Bilbo Cyr
Bilbo Cyr

Je suis un iconoclaste incisif et subversif, porté à dire l’indicible pour qu’il cesse de l’être. Je suis un adepte du crayon pointu qui crève les yeux entre les lignes et un gymnaste du sous-entendu. Pas que je sois peureux, mais je crois qu’il est souvent dangereux d’être trop clair. Ça agite les esprits obtus et leur suggère de douteuses initiatives. Alors je métaphore à outrance. La créativité qui se manifeste à travers le chaos, c’est toujours ça de gagné. Puis, ça permet de n’être compris que par des gens intelligents… J’habite et suis habité par une péninsule que les sans-visions, du haut de leur siphon, appellent « région-ressource ». Pour la plupart des Québécois, c’est une presqu’île au bout du monde, dont on fait le tour en trois-quatre jours, pendant les vacances de la construction, quand le gaz n’est pas trop cher. Pour ceux qui y vivent, c’est un terroir d’espoir et de grogne. Son potentiel est spataragonflant, mais son développement se fait souvent par des borgnes avaricieux et vicieux, en mitaines pas de pouce, qui rêvent de fortune facile avant la fin du mandat. C’est qu’on ne nous demande plus jamais notre avis sur ce qui doit advenir de nous. J’ai pris l’habitude de le donner quand même. Ça m’a fait une collection d’inimitiés hautes placées. C’est un loisir comme un autre. L’alternative serait de me taire et je ne sais pas comment faire. Je suis venu à l’action collective par nécessité : changer le monde tout seul, c’est compliqué et pas très efficace. C’est par la bouche et par l’oreille que germe lentement le changement. J’ai choisi les mots comme arme et comme soupape. Je vous en livrerai ici quelques échantillons à l’occasion. La posologie est à votre discrétion.