Sujet incontournable à la suite de la Semaine de la Terre, qui avait lieu du 22 au 27 avril, d’autant plus qu’il est urgent d’AGIR avant qu’il soit trop tard et… on y est presque! L’avenir c’est maintenant qu’il se joue!

Actuellement, les phénomènes météo inhabituels touchent plusieurs d’entre nous. La fréquence accrue des inondations liées aux crues printanières dans plusieurs régions du Québec nous rappelle l’impact des dérèglements climatiques liés au réchauffement du climat. La proposition de compenser les milliers de sinistrés qui sont confrontés au choix d’abandonner leurs biens et leurs maisons situés dans des zones inondables, bien qu’elle soit nécessaire, ne règle pas le problème. C’est une mesure compensatoire pertinente, mais bien insuffisante en matière de prévention.

Ce drame humain s’ajoute à celui de milliers de migrants qui perdent toute possibilité de survie dans leur milieu d’origine et deviennent des réfugiés climatiques, provenant surtout des pays du Sud. La crise des migrations n’est pas près de s’atténuer et, dans ce cas, aucune compensation n’est prévue pour compenser les pertes.

Au même moment, des milliers de jeunes et d’écologistes encerclaient le Parlement du Québec, le 22 avril, Jour de la Terre, pour exiger du gouvernement Legault un plan d’action énergique en matière d’environnement. Cette préoccupation est largement partagée quand on sait que plus de 300 activités étaient prévues à travers tout le Québec pendant cette semaine de l’environnement. Et dernièrement, une coalition de professionnels de la santé clamait qu’«on ne peut pas vivre en santé quand notre climat est malade». La recherche d’une solution questionne nos choix, nos habitudes de consommation et les politiques des autorités publiques.

L’enjeu est le suivant: comment mettre fin à la logique du capitalisme qui prospère avec la recherche d’une croissance illimitée, qui épuise les ressources de la planète et qui élimine rapidement la diversité des êtres vivants et les relations qu’ils entretiennent avec leur milieu de vie? Cette perspective donne parfois le vertige et laisse l’impression qu’on n’y peut rien ou… si peu.

Du local au global

Devant ce faux sentiment d’impuissance, une option est de reprendre le mot d’ordre du local au global. En s’inspirant de l’écologie, on constate que l’unité de base de la société n’est pas l’individu en soi, mais les relations – celles entre nous, avec notre milieu de vie et plus globalement avec les autres habitants de notre planète. Plusieurs initiatives locales déjà amorcées doivent s’intensifier et se multiplier dans l’aménagement des villes et villages, les transports, l’alimentation, la production agricole, etc. pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre et protéger le vivant. Sans oublier, dans ces efforts, que les plus démunis et les générations futures sont les plus touchés. Cette perspective doit être au centre de nos approches de développement collectif sans quoi le tissu social ne peut que s’effriter, ce qui est une menace pour la vie démocratique.

L’action locale peut-être un lieu d’expérimentation pour un virage collectif vers un mode de développement écoresponsable et soucieux de l’équité sociale… sans faire l’économie des mobilisations planétaires pour exiger de sortir des énergies fossiles et mettre fin à l’extractivisme.

À ce propos, il est préoccupant de constater que le Canada rate lamentablement ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) et que les gouvernements de plusieurs provinces refusent de prendre ce virage. Le rapport déposé récemment par Environnement Canada aux Nations Unies est révélateur: non seulement les GES ne reculent pas, mais ils ont gonflé de 8 millions de tonnes entre 2016 et 2017.

Pendant que le Canada s’éloigne de plus en plus de sa cible de 2030, la ministre de l’Environnement et des Changements climatiques, Catherine McKenna, affirme: «On tente de protéger l’environnement tout en faisant croître l’économie»1. Cette approche n’est plus écologiquement soutenable ni souhaitable.

 

*Cette citation est inspirée d’un texte de Naomi Klein, paru dans The Guardian en 2009,  qui affirmait «Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé». Elle a  été reprise par Hugo Chavez (ex-président Vénézuélien) dans un discours à la COP 15 à Copenhague, la même année. Il y faisait le lien entre inégalités sociales et changements climatiques.

1. A. Shields, Le Canada un pays en déficit de transition, dans Le Devoir du 20-21 avril, pp. B-2 et 3

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Jocelyne Bernier
Jocelyne Bernier

Pourquoi participer à ce blogue ? Pour partager mon expérience et mes réflexions sur les défis du développement collectif et pour continuer de progresser ensemble malgré des vents contraires. Je vous laisse avec ce mot de l’humoriste Francis Blanche : «Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement !»