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L’arrivée de la nouvelle année est pour moi l’occasion d’un traditionnel exercice bilan/perspectives. Alors que mes habitudes de vie ou mes petites manies occupent généralement ce genre d’exercice, cette année j’avais aussi envie de mettre un peu d’ordre dans mes idées et faire une mise au point citoyenne. Je sens le besoin de me créer de nouveaux repères et de me mettre davantage en action pour faire face aux différents chambardements du monde.

Voici le fruit de ma réflexion…

Petite chronique du malaise

Je constate que je suis devenue citoyenne dans une époque marquée par une vision plutôt individuelle de l’exercice de la citoyenneté. Pour moi, être une « bonne citoyenne » se résumait à être une personne bien informée, responsable et engagée vers un idéal de monde meilleur, plus juste et durable. Époque de gloire de l’ « Acheter, c’est voter » de Laure Waridel, la pratique de cette citoyenneté prenait ensuite forme dans un ensemble de choix, des plus grands aux plus petits.

Au jour le jour, tout semble aller comme sur des roulettes. Je parviens à me faire une idée sur les enjeux de l’heure, à discuter et à fouiller un peu plus quelques sujets. En tant que fille politisée, qui suit l’actualité d’assez près et qui côtoie des gens formidables, j’ai un « pilote automatique » assez efficace. Par contre, ça ne me suffit plus! Pendant que les journées passent à toute vitesse, mes incompréhensions et ma confusion face à notre société s’accumulent, comme la pile de choses à lire sur le coin de mon bureau. Je constate que le cynisme ambiant et les scénarios apocalyptiques gagnent du terrain dans mon esprit, bien malgré moi.

De plus, j’ai l’impression d’être écartelée entre des milliers de bonnes causes et de problématiques, et d’être mise devant un ensemble de choix de plus en plus compliqués. Banane bio ou carotte locale? Fonds éthiques ou microfinance? Sauver les bélugas ou les arbres? Donner à Centraide ou à l’Alzheimer? Comme la réponse c’est toutes ces réponses, je me trouve des stratégies, des critères et j’avance. Mais fondamentalement, où est-ce que ça nous mène?

Dans cet esprit, l’autre jour j’entendais un invité à la radio dire : « Aujourd’hui les gens ne se mobilisent plus pour des projets de société, ils se mobilisent pour des causes. » C’était dit comme une évidence. Ça m’a choquée! Dans l’état actuel, je n’ai pas vraiment le choix de lui donner raison. Par contre, j’aimerais qu’il ne s’agisse pas d’une fatalité et qu’on parvienne à trouver de nouvelles avenues pour se mobiliser, qui soient plus que la somme de milliers de causes.

Bref, sans surprise, l’individualisme et la logique du choix rationnel se sont immiscés dans cet autre aspect fondamental de l’existence. Dans une perspective citoyenne individuelle, on peut finir par se sentir bien seule devant un monde complexe et parfois hostile. L’heure est venue de briser cet isolement….

Un regard renouvelé sur la citoyenneté

Au-delà d’une citoyenneté fonctionnelle et d’algorithmes de choix personnels que Facebook connaît quasiment aussi bien que moi, je ressens le besoin de renouveler ma conception de la citoyenneté, pour qu’elle soit plus collective. J’ai envie de me mettre en action avec des gens qui ont des opinions et des visions variées. J’ai envie de dialoguer, d’écouter et de proposer.

En y pensant, j’y parviens déjà, avec mes amis ou mes collègues, en discutant, en réinventant le monde ou en travaillant sur des projets de développement collectif. Comment partir de cette richesse et de cette envie de construire avec d’autres, pour ajouter une dimension collective à l’exercice de la citoyenneté?

Là où le bât blesse, c’est que ce sont traditionnellement dans les partis politiques que se sont forgées des identités citoyennes plus collectives. Par contre, me sentant à des années-lumière de la partisanerie politique et dans le contexte de la joute politique contemporaine, je n’envisage absolument pas cette avenue. Il y a sûrement d’autres chemins…

Peut-être vous attendiez-vous à ce que je vous partage une résolution bien ficelée? Eh bien non. Ma résolution 2017, c’est de partir à la recherche de cette nouvelle dimension collective de la citoyenneté, d’en dresser les contours et de m’y investir. Aurai-je des complices parmi vous? Avez-vous déjà trouvé des avenues pour vivre votre citoyenneté de manière plus collective?

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Sophie Michaud
Sophie Michaud

Le développement collectif, et tout ce qui gravite autour, m’anime de la profonde conviction qu’on pourra enfin « sauver le monde », une collectivité à la fois.