Résistance et vitalité du développement collectif en région

Le 25 février dernier se tenait à Rouyn-Noranda un Forum régional sur l’Agir ensemble réunissant une centaine d’acteurs du réseau public de santé et de services sociaux ainsi que du réseau des organismes communautaires. J’y ai présenté en avant-midi une communication intitulée « Mieux agir ensemble pour réussir le développement collectif ». L’après-midi fut consacré à identifier des stratégies d’action pour rendre plus efficaces les collaborations public/communautaire, et pour rendre le domaine de la santé et des services sociaux encore plus contributif au développement collectif.

Dans les deux situations (collaborations public/communautaire et contribution au développement collectif), le nouveau contexte de transformation des politiques et des institutions publiques au Québec soulève des obstacles et des défis inédits. Mais il en faudra plus pour briser la volonté des acteurs locaux et régionaux de travailler au développement de leurs communautés comme l’ont démontré les participants à ce forum. Ils ont collectivement priorisé deux pistes d’action à court terme soit :

  1. Travailler à mettre en place dans chacune des 5 MRC de la région une instance de développement collectif territorial avec l’ensemble des acteurs locaux y compris les élus;
  2. Redonner une place centrale à la participation citoyenne et à celle des premiers concernés dans les pratiques de développement collectif (actions collectives, concertations, projets, etc.).

Cette volonté de prise en main démocratique du développement collectif s’incarne également dans le rôle central que joue l’Abitibi-Témiscamingue dans le mouvement Touche pas à ma région. La mobilisation régionale contre la politique d’austérité du gouvernement libéral a connu un moment fort le 29 janvier dernier. Près de 5000 citoyens et citoyenne de cette région sont descendus dans la rue pour manifester leur opposition dont 1500 personnes au Témiscamingue ce qui représente près de 10% de la population totale. L’Abitibi-Témiscamingue est une région dont la résilience est bien connue. On découvre maintenant sa capacité de résistance et sa vitalité en inspire aujourd’hui plusieurs au Québec.

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Denis Bourque
Denis Bourque

Denis Bourque est professeur titulaire au Département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais. Il est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire. Il a été organisateur communautaire au CLSC Seigneurie-de-Beauharnois de 1975 à 1990 et coordonnateur des services à la communauté au CLSC Jean-Olivier-Chénier de 1990 à 2002. Ses travaux de recherches et publications concernent l’organisation communautaire, le développement des communautés et le partenariat entre organismes communautaires et établissements publics. Il a publié en 2008 un ouvrage aux Presses de l’Université du Québec dont le titre est : Concertation et partenariat : entre levier et piège du développement des communautés. Il a cosigné avec René Lachapelle en 2010 un ouvrage aux Presses de l’Université du Québec dont le titre est : Service public, participation et citoyenneté, L’organisation communautaire en CSSS.