Je suis en retard pour écrire ce blogue, mais il m’importe autant qu’il me coûte. Le temps me fuit pour écrire sur le pouvoir municipal mais j’en ressens l’importance, voire l’urgence. Ici, dans ma région éloignée des pôles, on est plutôt occupés ces temps-ci.

Depuis huit semaines on campe le long du chemin d’accès de Galt, le puit de pétrole de Junex, le plus avancé du Québec, pour lequel on n’a toujours pas jugé bon de nous consulter. C’est d’un “nous” fort inclusif que je parle ici: on n’a rien demandé à personne. “On” exclue la personne qui parle, plus souvent qu’autrement. Surtout quand “On” parle fort et qu'”On” ne se rappelle plus pourquoi “On” devrait être polis. La SQ tente par tous les moyens d’empêcher le débat public et “On” ne s’étonne même plus de cette promiscuité malsaine qui en fait une police politique au service des extractivistes généreux contributeurs du parti. Libéral en l’occurrence, mais c’en serait un autre que ce serait pareil. Un ami sage m’a dit que les élections, c’est comme changer les cochons de parc. L’odeur ne change jamais beaucoup. Faites-moi mentir, s’il vous plaît.

La semaine dernière se tenait le procès de la petite mais charmante municipalité de Restigouche Sud-Est, 167 habitants et toutes ses dents, contre Gastem l’intimidateur juridique qui la poursuit pour un million et demi (un million maintenant qu’on a retranché de la poursuite les dépenses pas encore effectuées mais quand même réclamées) pour avoir osé souhaiter protéger son eau potable. Pendant que Heurtel le pantin pathétique crachait sur les 300 municipalités, représentant 4 millions de Québécois, ayant signifié leur insatisfaction face a son règlement sur la protection de l’eau potable qui protège surtout les pétrolières et leur permet désormais de forer à même le lit des rivières. C’est sûrement par hasard que ça arrive en même temps… Oh, Raymond Savoie, le président de la sus-mentionnée,  est un ancien ministre libéral des mines. C’est sûrement par hasard aussi…

Demain, notre ministre libéral responsable de la Gaspésie, Monsieur Sébastien Proulx, copain comme cochon du sus-mentionné,  viendra couper un ruban à la cimenterie de Port-Daniel qui a commencé à cracher sa fumée brune de mazout et de coke de pétrole. Il sera caché derrière un cordon de policier pour le protéger de la population qu’il est censé représenter, et son discours qu’on ne pourra pas écouter sentira le fumier et la corruption étatique. Mais “On” ne va rien “Nous” demander…

Aux prochaines élections, le président de la table des préfets de la Gaspésie, l’ultime voix des citoyens gaspésiens face au gouvernement agresseur, ne se représentera pas. Il préfère briguer le poste de député sous le drapeau des libéraux provinciaux, et aucun des maires qu’il représente n’a jugé bon de lui demander sa démission en cours de mandat, en soulignant le conflit d’intérêts aussi flagrant que gênant que représente l’ambition de se parler dans sa propre oreille en notre nom.

La seule bonne nouvelle sur le sujet, c’est que le préfet de ma MRC, qui est préfet depuis que la fonction existe, parle enfin ouvertement de prendre sa retraite. Je le croirai quand je le verrai, lui qui s’est fait élire sur la promesse de ne pas terminer son mandat…et qui a menti.

Ce soir, j’ai encouragé une amie qui souhaite se lancer en politique municipale. Pas que je crois qu’il reste là beaucoup de pouvoir, mais si on laisse les larbins occuper cette mince parcelle qui nous reste, on n’aura que nous (encore bien inclusif) à blâmer. Peut-être qu’avec un titre de conseillère municipale, elle pourra assister aux assemblées publiques dont la porte est fermée à ceux qui pourraient vouloir parler un peu trop haut, un peu trop fort.

J’aimerais bien vous dire que je crois au pouvoir citoyen, à la participation active dans notre société, mais nous sommes face à un État voyou qui pervertit les institutions démocratiques jusqu’a en fracturer l’essence. Il ne reste à celui qui veut s’impliquer que la fugace possibilité de grêler de tomates une limousine ministérielle, à condition d’être en saison.

Allez faire des semis. C’est bien connu. Ça ne se peut pas qu’on sème trop.

Vive la Catalogne libre!

 

Suggestion: Junexit: un documentaire Protecteur

Référence pour la photo principale: Montréal contre-informationhttps://mtlcounter-info.org/squatexit/

 

 

Commentaires partagés sur Facebook

commentaires

Commentaires si vous n'avez pas de compte Facebook

Votre commentaire Required fields are marked *

Bilbo Cyr
Bilbo Cyr

Je suis un iconoclaste incisif et subversif, porté à dire l’indicible pour qu’il cesse de l’être. Je suis un adepte du crayon pointu qui crève les yeux entre les lignes et un gymnaste du sous-entendu. Pas que je sois peureux, mais je crois qu’il est souvent dangereux d’être trop clair. Ça agite les esprits obtus et leur suggère de douteuses initiatives. Alors je métaphore à outrance. La créativité qui se manifeste à travers le chaos, c’est toujours ça de gagné. Puis, ça permet de n’être compris que par des gens intelligents… J’habite et suis habité par une péninsule que les sans-visions, du haut de leur siphon, appellent « région-ressource ». Pour la plupart des Québécois, c’est une presqu’île au bout du monde, dont on fait le tour en trois-quatre jours, pendant les vacances de la construction, quand le gaz n’est pas trop cher. Pour ceux qui y vivent, c’est un terroir d’espoir et de grogne. Son potentiel est spataragonflant, mais son développement se fait souvent par des borgnes avaricieux et vicieux, en mitaines pas de pouce, qui rêvent de fortune facile avant la fin du mandat. C’est qu’on ne nous demande plus jamais notre avis sur ce qui doit advenir de nous. J’ai pris l’habitude de le donner quand même. Ça m’a fait une collection d’inimitiés hautes placées. C’est un loisir comme un autre. L’alternative serait de me taire et je ne sais pas comment faire. Je suis venu à l’action collective par nécessité : changer le monde tout seul, c’est compliqué et pas très efficace. C’est par la bouche et par l’oreille que germe lentement le changement. J’ai choisi les mots comme arme et comme soupape. Je vous en livrerai ici quelques échantillons à l’occasion. La posologie est à votre discrétion.