Présentement à la «retraite», mais ayant été impliqué en développement local et régional toute ma vie (à travers différents rôles ou fonctions) et surtout après avoir été témoin de toutes sortes de transformations quant à la gouvernance territoriale, je me suis récemment permis d’écrire un petit texte de réflexion sur la dernière réforme toujours en cours.

Grosso modo, ce texte remet en question cette dernière réorganisation des instances de développement local ou régional effectuée par le gouvernement libéral dans laquelle l’entièreté du pouvoir décisionnel fut remis entre les seules mains des élus municipaux notamment des conseils des maires ou des tables de préfets.

D’une certaine façon, on ne peut qu’applaudir une plus grande responsabilité formelle des élus municipaux quant au développement des territoires. Toutefois, cette trop grande concentration du pouvoir décisionnel risque d’avoir toutes sortes d’effets négatifs, autant pour les milieux que pour les élus eux-mêmes.

Dans ce même document, je me permet donc d’expliquer ou d’analyser en quoi cette nouvelle conjoncture peut devenir un frein majeur au développement du Québec et de ses territoires. Non pas que les élus municipaux ne soient pas de bonne foi. Au contraire, la plupart d’entre eux s’engagent en politique par souci du bien commun et pour faire avancer leur communauté. Mais à cause du contexte structurel dans lequel ils se doivent de travailler et surtout devant l’obligation de faire désormais du développement autrement, ils n’y arriveront jamais tout seuls.

Il nous faut urgemment mettre en place des instances multisectorielles qui impliquent obligatoirement des élus, mais aussi d’autres représentants de la société civile, notamment des leaders issus des organismes socio-économiques présents dans les territoires.

Il faut aussi encourager et soutenir la plus grande participation citoyenne possible. Cela peut s’organiser de différentes façons, mais celle-ci aura toujours besoin d’un minimum de structure ou de soutien pour être pleinement contributive.

D’une façon réaliste, les élus municipaux ne peuvent être les seuls acteurs responsables (ou imputables) de la réussite ou non d’un projet de territoire (ou plan d’action concerté). Il faut permettre à d’autres joueurs de se compromettre, de participer pleinement à la coconstruction d’une vision commune et des actions (ou décisions) qui en découlent. Ce principe d’une réelle gouvernance partagée est essentiel à toute planification stratégique qui se veut globale durable et intégrée.

Actuellement, trop peu de gens semblent pleinement conscients de l’importance d’un tel pré-requis. Rares sont ceux qui osent remettre en question l’état actuel des choses. On semble plutôt vouloir s’en accommoder et en tirer le meilleur parti possible. De fait, même les grands réseaux d’organismes acceptent l’actuel modèle de gouvernance comme étant quelque chose d’immuable ou d’incorrigible. Chacun semble davantage vouloir composer avec cet état de fait en priorisant d’abord ses intérêts corporatifs.

Et pourtant, il est plus que jamais nécessaire d’ouvrir ou de relancer le débat là-dessus. C’est d’abord là une question de sauvegarde d’une véritable démocratie et surtout de viser une plus grande efficience dans tous ces efforts de développement de nos territoires.

Non, cette remise en question ne viendra sûrement pas des institutions ou des grands réseaux d’organismes socio-économiques. Personne n’ose confronter le milieu municipal là-dessus, personne ne veut prendre le risque de se le mettre à dos et il serait surprenant (pour des raisons politiques évidentes ) que notre nouveau gouvernement procède à toutes les réorganisations qui s’imposent.

Non, le réveil, s’il y en a un, ne peut que s’orchestrer à partir de citoyens libres et engagés et c’est un peu ce que je nous invite à faire aujourd’hui. Si le sujet vous intéresse et si vous voulez consulter mon document de réflexion, vous pouvez me joindre par courriel.

Par ailleurs, dans la mesure de mes capacités, je suis prêt à participer à toutes formes de débats sur ce sujet, avec ou sans des élus.

Au plaisir d’échanger!

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Alain Coutu
Alain Coutu