Pour une géographie volontaire de l’espace habité – 1ère partie

De la concentration au redéploiement, une chance à saisir

La révolution industrielle, née de progrès techniques dans les industries textile, minière et métallurgique dès la fin du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, a enclenché un vaste mouvement de concentration des moyens de production, des populations et des services. La recherche des économies de proximité inhérentes à la société industrielle allait entraîner un processus d’urbanisation sans précédent accompagné d’un exode rural massif.

Les réseaux urbains se solidifient, des mégalopoles surgissent alors que les petites villes et les territoires ruraux en régions subissent l’effondrement de leur économie traditionnelle (agriculture, foresterie, pêche côtière, industrie artisanale) suivis de la spirale du déclin. Le fossé se creuse entre ville et campagne, les disparités territoriales sont de plus en plus marquées. À l’intérieur des grandes agglomérations, de nombreux dysfonctionnements apparaissent créant des conditions de vie difficiles à supporter en plusieurs lieux.

Cependant, des évolutions réalisées au cours des 40 dernières années dans les pays développés augurent d’une nouvelle ère, l’ère postindustrielle, caractérisée notamment par la révolution numérique, la dématérialisation de plusieurs secteurs de l’activité économique, la déspatialisation d’entreprises et la montée de nouvelles valeurs qui ne sont pas sans liens avec la prise de conscience de l’impératif du développement durable.

Ce nouveau contexte est propice à un desserrement de l’activité économique et des populations pour plus d’équilibre et d’égalité entre les territoires. Il y a là une conjoncture à saisir et à mettre au service d’un projet de société soucieux de durabilité et de justice sociale. L’action publique est déterminante et l’aménagement du territoire est interpelé au premier plan.

Le Québec doit prendre toute la mesure du potentiel de cette transition qui s’amorce pour une réorganisation de son espace habité et une répartition mieux équilibrée des forces de production et de la richesse collective. C’est un projet de civilisation, c’est un devoir de génération.

Une tendance implacable : partout l’urbanisation

Les statistiques convergent toutes vers un même constat : les villes se développent et s’étalent. La ville est devenue le mode d’habitat dominant. Depuis 2007, les urbains représentent plus de la moitié de la population mondiale; 54 % en 2014. Et ce mouvement d’urbanisation va en s’intensifiant : chaque jour la planète compte environ 190 000 nouveaux citadins. Selon l’ONU, la proportion de personnes vivant en milieu urbain devrait atteindre 66 % en 2050. Cette urbanisation se manifeste principalement par la croissance des grandes villes qui repoussent toujours plus loin les limites de leur territoire.

Les principaux facteurs de l’attraction des agglomérations urbaines sont partout les mêmes : perspectives d’emploi, espoir d’une vie stimulante aux mille possibilités dans les sphères économiques, sociales, culturelles et politiques, projection de l’image du progrès et de la réussite.

Les économies d’échelle générées par la proximité est à la base du processus historique de la concentration de l’activité industrielle, commerciale et financière qui, à son tour, entraîne la concentration des travailleurs et des familles dans ces centres d’activité économique et sociale. L’économie industrielle qui a remplacé l’économie agricole et artisanale dominante, a imposé son modèle d’organisation du territoire par la prépondérance des villes et de nouveaux modes du vivre-ensemble.

Conséquences de ce mouvement de concentration de l’activité productive, les campagnes se sont vidées de leurs populations et ont été appauvries au profit d’un réseau urbain dominé par l’essor des conurbations et mégalopoles.

Dysfonctionnements et déséconomies des grandes villes

Le principe de concentration présente, de façon générale, des avantages pour l’activité économique et aussi, à plusieurs égards, pour les populations qui habitent dans les grands centres urbain (commodité d’affaire, proximité de nombreux services notamment les services spécialisés, éventail d’opportunités d’emplois, densité efficiente pour les investissements publics, etc.). Ce même principe de concentration est toutefois source de nombreux problèmes qui peuvent conduire à dégrader la qualité de vie des citoyens, à accroître les coûts de production dans plusieurs secteurs économiques et à peser lourd sur l’organisation du travail de nombre d’entreprises.

Parmi les principaux problèmes, citons la forte consommation en énergie par unité de surface, la pollution sous ses diverses formes, incluant les émissions de gaz à effet de serre (GES), l’artificialisation des sols, les îlots de chaleur, la congestion routière et le temps perdu dans les déplacements, l’insécurité et la criminalité, le coût de l’habitation et des espaces de travail, le stress (dans les grandes villes le stress est souvent la cause d’arrêts de travail), le délabrement de quartiers défavorisés et leur cortège de problématiques sociales, la pression sur les infrastructures et équipements publics, l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées, la gestion des matières résiduelles, la mobilité des biens et des personnes et le transport collectif, la sauvegarde des espaces verts et des terres agricoles, etc.

L’empreinte des villes sur l’environnement est majeure : alors que les milieux urbains concentrent actuellement environ 54% de la population mondiale, ils sont responsables de 70% des émissions de GES et de 80% de la consommation totale d’énergie, les territoires ruraux se partageant les soldes[1].

Le déclin de plusieurs secteurs économiques, notamment dans le domaine manufacturier, est la cause d’un haut niveau de chômage dans plusieurs grandes villes[2].

Ainsi, les multiples problèmes que génèrent la croissance et les densités urbaines sont sources de déséconomies que se partagent en frais directs, taxes et impôts, les contribuables et les entreprises. Le coût de l’empreinte environnementale et de la prestation des services publics (incluant le poids de l’administration) des grandes villes s’alourdit constamment, ce qui n’est pas sans préoccuper les pouvoirs locaux mais aussi nationaux interpelés par l’ampleur de certaines problématiques de croissance. Selon une commission d’enquête du Sénat français, la pollution de l’air coûte chaque année 101,3 milliards d’euros à la France, incluant les pertes liées à 650 000 journées d’arrêt de travail du fait de la mauvaise qualité de l’air principalement dans les grandes métropoles dont Paris[3]. À Londres, la pollution de l’air causerait 9 500 décès prématurés par an.

La gestion de l’hyperurbanisation est devenue un défi qui s’avère quasi insurmontable dans plusieurs pays. Les solutions proposées par les urbanistes, les architectes, les ingénieurs, les sociologues ne parviennent que très partiellement à maîtriser l’essor des grandes villes et à résorber les problèmes qui en découlent.

Exode urbain et migration interrégionale

Le mouvement d’urbanisation a été durant plusieurs décennies nourri par l’exode rural. Celui-ci n’est d’ailleurs pas terminé – très présent dans les pays sous-développés et émergents –, mais il se double d’un mouvement inverse depuis les années 70. Il s’agit du phénomène de l’exode urbain, une tendance qui va en s’amplifiant dans les pays développés, notamment en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.

La marche de l’urbanisation révèle des signes d’essoufflement dans les pays d’économie postindustrielle. Un essoufflement marqué par un desserrement de la concentration concrétisé par les départs de plus en plus nombreux de citadins et d’entreprises vers des petites et moyennes villes régionales et des territoires ruraux.

Ainsi, 4.5 millions de personnes ont quitté les grandes villes de France au cours des 45 dernières années, au rythme très rapide de 100 000 personnes par an en moyenne, pour s’installer en dehors des grands centres, contre 70 000 pour l’exode rural. Selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), « les départements ruraux, notamment dans l’Ouest et le Sud de la France, redeviennent attractifs. Les Landes, les Alpes-de-Haute-Provence, la Vendée, les Hautes-Alpes et la Lozère se trouvent ainsi dans le peloton de tête en terme d’attractivité démographique. A l’inverse, les départements très urbains deviennent déficitaires. »[4]

Aux États-Unis, les questions relatives à l’exode urbain et au redéploiement de l’activité économique font l’objet de nombreuses études et publications. D’est en ouest, du nord au sud, l’hinterland se fait terre d’accueil. Au-delà de New York, Boston, Chicago, Los Angeles, San Francisco…, les territoires s’animent de nouvelles populations et de nouvelles activités. La nouvelle économie, mais aussi de nouveaux modes de vie en quête de lieux d’implantation, ne sont pas sans influencer, sinon déterminer, ce mouvement de réappropriation d’espaces hors des grandes cités. Dans un ouvrage marquant publié à l’aube du 21e siècle, le géographe américain Joel Kotkin expose comment la révolution numérique, conjuguée à des changements sociaux, est en voie de transformer les patterns de l’organisation territoriale légués par la société industrielle. En conclusion de son étude, il écrit:

« People do not live together merely to be together. They live together to do something together. Ultimately, in the digital age, the oldest fundamentals of place – sense of community, identity, history and faith – not only remain important, they are increasingly the critical determinant of success and failure. As people and advanced industries hunt the globe for locations, they will not necessarily seek out those places that are the biggest, the cheapest, or the most well favoured by location. Instead, they will seek out a new kind of geography, one that appeals to their sense of values and to their heart, and it is there that the successful communities of the digital age will be found. »[5]

Au Québec, bien que le phénomène demeure encore peu étudié, les statistiques révèlent des indices d’un certain ralentissement de la croissance de l’urbanisation des centres au bénéfice d’une attractivité reconquise de plusieurs régions marquée par une stabilisation, voire une croissance de leur population, notamment celles à faible distance des grands centres. En régions intermédiaires et périphériques, le ralentissement du dépeuplement, voire une reprise de la croissance, sont aussi révélateurs de cette tendance.

Solde migratoire

Ce champ de connaissance est jeune au Québec. Il peut toutefois compter sur un cursus de recherche développé ailleurs, notamment en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en France, pour établir des bases de réflexion et une démarche d’analyse.

Myriam Simard, chercheure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Urbanisation, Société et culture) du réseau de l’Université du Québec, est une pionnière dans ce domaine. Elle y dirige depuis quelques années le Groupe de recherche sur la migration ville/campagne et les néoruraux.

Les thèmes étudiés sont variés :

  • Motifs de migration de la ville vers la campagne;
  • Atouts et difficultés de l’installation en milieu rural;
  • Processus d’insertion globale des néoruraux (économique, sociale, culturelle, politique);
  • Nouvelles modalités de travail et de mobilité en milieu rural : travail à domicile, navettage sporadique;
  • Engagement sociocommunautaire et culturel;
  • Apports des néoruraux sur le plan environnemental;
  • Facteurs de retour des jeunes et liens familiaux;
  • Interactions des néoruraux avec la population locale, les élus municipaux et autres acteurs-clés;
  • Rapports à la ville et à la campagne des néoruraux;
  • Embourgeoisement des campagnes (« rural gentrification »);
  • Facteurs d’attraction et de rétention en milieu rural· représentation de l’avenir du territoire rural;
  • Besoins des familles nouvellement arrivées en milieu rural;
  • Nouvelles mixités socioculturelles en milieu rural.

Le groupe a retenu deux terrains principaux d’application : la MRC de Brôme-Missisquoi en Estrie et la MRC d’Arthabaska dans le Centre-du-Québec. Les études ont permis de découvrir que :

« Le parcours des néo-ruraux qui choisissaient de s’installer dans la MRC de Brome-Missisquoi était bien différent de ceux de la MRC d’Arthabaska. Alors que les premiers sont davantage des retraités à la recherche d’un milieu de vie tranquille, les seconds sont plutôt des jeunes familles en quête d’emploi et d’un lieu sécuritaire pour y élever leurs enfants, car cette région est reconnue pour son essor économique. Mais au-delà de ces distinctions locales, tous aspirent à une qualité de vie accrue et à une plus grande proximité avec la nature. Les jeunes veulent avant tout un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie familiale. »[6]

Certains fuient le stress, d’autres se plaignent du manque de confort, de la pollution, de l’insécurité, du caractère trépidant et déshumanisant des grandes villes. D’autres encore ne peuvent plus supporter le coût de la vie dans les centres. Quels que soient leurs motifs, les urbains sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter les pôles urbains pour s’installer dans les villes petites et moyennes et à la campagne. Il s’agit, pour ces candidats à l’exode urbain, d’un choix réfléchi, rationnel. Les migrations interrégionales témoignent de cette tendance.

Les régions à proximité des grandes villes accueillent le plus grand nombre de ces migrants comme le révèle le tableau sur les soldes interrégionaux au Québec[7], mais les régions intermédiaires et périphériques bénéficient aussi de ces mouvements de population : plusieurs reconquièrent une nouvelle attractivité.

L’exode urbain, annonciateur d’une reconfiguration territoriale

Ce phénomène, que certains chercheurs qualifient de mouvement d’exurbanisation, est porteur de forces susceptibles de détendre la pression sur les grands centres urbains, de favoriser une lutte plus efficace aux dysfonctionnements et aux déséconomies d’agglomération (externalités) et de contribuer à un meilleur équilibre de l’occupation du territoire pour plus d’égalité et de justice sociale (lutte aux disparité régionales). Une reconfiguration de l’occupation du territoire est en voie de s’accomplir comme conséquence de cette évolution.

Concernant l’installation d’ex-citadins venus des grands centres dans des villes et villages en régions, on ne saurait associer le sens de ce mouvement à de l’étalement urbain. Il est ici plutôt question de consolidation, de renforcement de l’ensemble du réseau urbain, chaque entité polarisant, dans une structure hiérarchisée, un espace de vie, d’activité et d’emploi, incluant les zones rurales.

Hors des agglomérations urbaines, l’assise territoriale de la nouvelle géographie de l’espace habité serait la MRC susceptible d’offrir à la population un haut niveau d’autonomie en termes d’habitat, d’emploi et de services[8]. La MRC deviendrait ainsi l’entité privilégiée d’aménagement et de développement, le socle de projets intégrés de territoire.

Et ce mouvement n’est nullement en opposition aux principes du développement durable, au contraire. Une plus grande autonomie des territoires sur les plans de l’emploi, des services, de la démocratie locale et de la gestion publique va dans le sens des objectifs du développement durable.

Changer d’époque et de mode de développement

Malgré les changements structurels profonds dont témoignent plusieurs indicateurs, rares sont les politiques et les collectivités territoriales qui les prennent en compte et qui préparent les milieux et les populations à changer d’époque et de mode de développement. La prospective est une approche très peu présente dans les stratégies et plans d’aménagement et de développement de nos cadres de vie et de production. Les grandes orientations d’aménagement du territoire sont très souvent sclérosées dans les visions des années 60 et 70, alors que le monde change et avec lui le rapport des populations et des activités économiques avec l’espace.

Si les grandes infrastructures publiques et les équipements urbains ont accompagné le processus de concentration depuis plus d’un siècle, pourquoi ne pourrait-on pas accompagner le mouvement de desserrement des aires métropolitaines de politiques adaptées pour une occupation plus équilibrée du territoire tout en poursuivant un projet global de société durable ?

Il n’est pas possible que les grandes villes et leurs banlieues continuent de croître de manière exponentielle, ce qui pose d’énormes problèmes d’infrastructure, d’accès au travail, d’alimentation, de qualité de vie… Heureusement, la conjoncture créée par les évolutions récentes est de plus en plus propice à l’exode urbain et au redéploiement de la trame d’occupation du territoire pour de nouvelles configurations de l’espace habité et de l’activité économique. Il faut désormais reconnaître les bénéfices de ces changements majeurs dans la dynamique territoriale et imaginer et mettre en œuvre des politiques appropriées. Il s’agit là d’une œuvre collective à laquelle tous les acteurs du développement sont conviés (élus locaux et nationaux, chercheurs, fonctionnaires, membres des chambres de commerce, etc.).

Dans un premier temps, il serait opportun d’harmoniser les pièces législatives à forte incidence territoriale telles la Loi sur l’Aménagement et l’urbanisme, celle sur la Protection du territoire et des activités agricoles et la Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires, pour plus de cohérence dans l’action publique.

On ne saurait certes prétendre au développement de tous les territoires par la seule révolution numérique et de ses impacts sur les logiques de localisation des entreprises, des travailleurs et des familles. C’est la combinaison de facteurs économiques, sociaux, culturels et technologiques qui remet en cause la règle de la concentration spatiale tout en « autorisant » des lieux alternatifs d’implantation viables. Saura-t-on saisir cette remise en cause et cette « autorisation » pour orienter et accompagner la reconfiguration de l’espace habité au bénéfice d’un projet territorial national actualisé? Ou poursuivra-t-on l’application d’un modèle de développement conçu pour amplifier les effets cumulatifs d’agglomération et de métropolisation des logiques économiques de l’ère industrielle?


Dans une deuxième partie, nous traiterons des grands enjeux et défis de l’aménagement du territoire en harmonie avec les évolutions en cours qui chamboulent le modèle de l’hyperurbanisation pour plus d’équilibre et d’égalité entre centre et périphérie, entre ville et campagne.

[1] NOUYRIGAT, Vincent, « Réinventer la ville », Science & Vie, mai 2014, pp. 55-70.

[2] Les données sur l’emploi publiées le 7 août 2015 par Statistique Canada révèlent qu’avec un taux de 8.9% Montréal est la ville canadienne où le chômage est le plus élevé.

[3] Créée le 11 février 2015, la Commission d’enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l’air a rendu public son rapport le 15 juillet 2015.

[4] INSEE ; Recensement de la population de 2006. Les migrations entre département”, France, 2009.

[5] KOTKIN, Joel ; New Geography. How the Digital Revolution is Reshaping the American Landscape, Random House, 2000, 243 p.

[6] http://www.neoruraux.ucs.inrs.ca/PDF/Guimond.pdf

[7] L’exode des familles se poursuit à Montréal. Reportage de Radio-Canada, 25 mars 2013.

[8] Pour atteindre la masse critique nécessaire à l’autonomie recherchée, il n’est pas exclu que les limites de certaines MRC soient revues et que le nombre de MRC soit diminué. Pas exclu non plus que des municipalités voisines se fusionnent, dans une démarche volontaire.

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Bernard Vachon

Deuxième d’une famille de neuf enfants, j’ai grandi dans les quartiers ouvriers de Rosemont et de Montréal-Nord. La culture, le sentiment identitaire, les études et l’entraide étaient des valeurs fortement stimulées au sein de la famille. Détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial, j’ai fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal durant 32 ans (1969-2000). Mes domaines de spécialisation sont le développement local et régional, le Québec rural, la décentralisation et la gouvernance territoriale. Parallèlement à mes enseignements et ma recherche, j’ai exploité avec ma famille une ferme ovine, Chantemerle, de 1979 à 1989, dans un petit village sur les contreforts des Appalaches dans le Bas-Saint-Laurent, un lieu qui s’est avéré un laboratoire d’observation et d’analyse des problématiques de dévitalisation et de « recomposition » territoriale. Nous possédons toujours ce petit coin de ruralité, espace de ressourcement et d’inspiration. Suite à mon départ à la retraite, j’ai agi comme formateur, conférencier et consultant auprès de ministères, associations municipales, MRC et municipalités locales dans mes domaines de compétence. Je consacre désormais l’essentiel de mes temps libres à l’écriture (livres, blogues, articles, …), au bénévolat et à ma famille. Jean-Sébastien Bach, l’homme et son œuvre, est un compagnon de tous les jours. Ma collaboration à ce blogue est motivée par le désir de participer au mouvement de développement collectif qui se déploie dans toutes les régions du Québec, porteur d’une force insoupçonnée pour faire face aux grands défis qui confrontent la société actuelle.