Pour un nouveau regard sur la ruralité (4e partie)

La plupart des idées exposées ici ont été publiées en tout ou en partie sur le
fil Twitter de l’auteur, @bernardvachon1


À tous ceux et celles qui œuvrent à la reconnaissance et au développement durable des territoires ruraux, bonne et fructueuse année 2017.

En 2017, les revendications doivent se poursuivre pour le maintien des services publics dans les territoires ruraux.

L’hiver à la campagne est un poème : silence, immobilité, vie animale et végétale ensommeillée, crépitement dans la cheminée, sérénité de la forêt.

« Dans ce monde en rapide évolution, il faut de nouveau miser sur la relation humaine ». Jean-François Ouellet

Un projet de société orienté vers le progrès social, environnemental et économique ne peut tourner le dos aux régions et territoires ruraux.

Le monde rural n’est pas un reliquat des siècles passés mais une composante de la société moderne et un gisement d’innovations pour un futur durable.

La ruralité n’est pas à la marge de la société mais une réalité vivante et convoitée. Sachons en faire un partenaire dynamique.

Que l’année 2017 soit une étape positive pour la reconnaissance des mérites de la ruralité dans l’édification de la société durable de demain.

L’accès à Internet haut débit demeure un enjeu crucial pour le développement des régions et des territoires ruraux.

À défaut d’internet haut débit, plusieurs municipalités en région ne peuvent attirer des entreprises et des travailleurs de la nouvelle économie.

Près de 200 préfets & DG de MRC appuient la FQM et demandent que le 100 M$ en développement économique passe par les MRC.

En remplacement du Pacte rural certaines MRC ont créé le Fonds de développement rural financé en partie par le Fonds de développement des territoires. Belle initiative.

Le gouvernement a attribué la somme de 300 000 $ au CRAAQ pour mettre en place une banque de terres provinciale. Saluons cette décision.

Le Québec est-il à l’abri des mouvements populistes montant qui prévalent en Europe et aux États-Unis. Que le ciel nous en garde !

Saluons l’engagement pris par le gouvernement fédéral d’établir un fonds pour les infrastructures des régions rurales, nordiques et éloignées.

Les nouvelles ruralités souscrivent à la modernité et disposent d’atouts considérables pour le développement durable. Soutenir leurs efforts pour accroître leur attractivité.

Parce que complémentaires, le destin des villes et des campagnes est lié. Ne pas favoriser les unes par rapport aux autres.

L’urbanisation des terres agricoles en nette diminution en France : http://bit.ly/2iPWupX Grâce à des mesures de protections des terres et de densification des aires urbaines.

Qu’en est-il au Québec ? Meilleurs résultats si le zonage agricole était moins permissif autour des grands centres et que les efforts de densification urbaine se généralisaient.

Prôner le renforcement du zonage agricole sur les bonnes terres et la souplesse sur les terres pauvres et désertées des municipalités défavorisées où l’enjeu est la réoccupation et la redynamisation.

  1. Lessard, qu’est-ce que le gouvernement Couillard a fait de votre Loi et Stratégie pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires de 2012 ?

Les initiatives économiques ne fleurissent pas dans les déserts sociaux et culturels. La vitalité sociale est préalable à la vitalité économique car elle améliore l’attractivité territoriale.

L’agriculture est un des rares secteurs économiques requérant beaucoup d’investissement et de travail pour un revenu moyen ou faible. Protéger le revenu des agriculteurs.

Les propos du ministre de l’agriculture, Pierre Paradis, trahissent une méconnaissance désolante des conditions dans lesquelles la grande majorité des agriculteurs exercent leur métier.

Le défi de l’action politique : savoir déceler les indicateurs de changement qui métamorphosent le présent et préparent le futur. Agir en conséquence.

Une politique de développement régional et local vise à accroître l’attractivité et la compétitivité des territoires par des infrastructures, équipements et services publiques appropriés.

Les Lois sur les gouvernements de proximité : le pouvoir accru des grands centres ne doit pas marginaliser celui des petites villes, des MRC et des municipalités rurales en région.

La gouvernance de proximité doit favoriser l’autonomie et l’essor des MRC à titre de bassins de vie, d’activités et d’emplois. Ainsi, au-delà des compétences, leur attribuer les ressources correspondantes.

Les lois sur la gouvernance de proximité ne rendent pas caduque le besoin du retour de la Politique nationale de la ruralité.

Une politique de développement régional est un engagement du gouvernement à lutter contre les disparités régionales et la fracture centre/périphérie.

Les initiatives et actions des municipalités et MRC doivent être stimulées et soutenues par une vigoureuse politique de développement régional.

Une polit. agricole ne doit pas être dissociée d’une politique intégrée d’aménagement et de développement régional et rural.

Ce qui suppose que la LPTAA doit non seulement protéger les bons sols mais souscrire aux objectifs de développement régional et local. Être attentive aux besoins de redynamisation et de diversification des communautés dévitalisées.

Cessons le dogmatisme dans l’application de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles. Soyons pragmatiques en tenant compte des particularités régionales et locales.

“Les MRC produisent des PDZA qui doivent être pris en compte par les acteurs gouvernementaux” – Richard Lehoux, président de la FQM

Les PDZA visent notamment à revitaliser les territoires ruraux en difficulté par la multifonctionnalité.

Renforcer la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles sur les meilleures terres et assouplir son application sur les sols pauvres et désertés par l’agriculture.

Les petites fermes : gisements d’innovation, de qualité, de proximité et de participation au développement local, tout en contribuant à l’objectif d’occupation du territoire.

Ce n’est pas la taille des fermes qui importe, c’est leur contribution à l’effort d’autosuffisance et à une gamme de produits diversifiés et de qualité.

Une agriculture forte et pilier du développement régional est une agriculture diversifiée faite de petites, moyennes et grandes fermes.

Que Arterre favorise les nouveaux modèles de fermes et modes de gestion et de production pour plus de diversité en agriculture. Le modèle industriel ne doit pas s’imposer comme exclusif.

Suite à l’adoption des lois sur les gouvernements de proximité, il faut espérer que les grandes villes ne soient pas les seules gagnantes mais aussi les MRC, les petites villes et les municipalités rurales.

La gouvernance de proximité passe par plus d’autonomie, plus de compétences et des ressources accrues aux MRC.

L’enjeu de la densification et du verdissement des villes doit se faire conjointement avec la revitalisation des campagnes.

« Les fermes verticales urbaines se multiplient dans le monde. La ferme “appartementale” – comme une cave à vin d’appartement – va se développer. L’auto-alimentation urbaine et donc le développement durable prendront une place nouvelle. » Philippe Cahen

Les régions, les petites villes et les territoires ruraux sont-ils victimes de discrimination territoriale par le pouvoir central ? La question se pose.

Lutter contre les déserts de soins de santé et de services culturels pour préserver l’attractivité des territoires et défendre leur occupation.

Les nouvelles ruralités souscrivent à la modernité et disposent d’atouts considérables pour le développement durable.

Augmenter l’attractivité de nos villages pour mieux répondre au « puissant désir de campagne » qui ne cesse de croître. La campagne, lieu de vie, de travail et de détente.

Augmenter l’attractivité des territoires ruraux par les services publics, la protection et la mise en valeur du patrimoine bâti, naturel et immatériel.

L’attractivité des milieux ruraux va contribuer au desserrement des grandes villes et à solutionner les dysfonctionnements de l’hyperurbanisation. Se pose le défi d’un aménagement rural spécifique.

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Bernard Vachon

Deuxième d’une famille de neuf enfants, j’ai grandi dans les quartiers ouvriers de Rosemont et de Montréal-Nord. La culture, le sentiment identitaire, les études et l’entraide étaient des valeurs fortement stimulées au sein de la famille. Détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial, j’ai fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal durant 32 ans (1969-2000). Mes domaines de spécialisation sont le développement local et régional, le Québec rural, la décentralisation et la gouvernance territoriale. Parallèlement à mes enseignements et ma recherche, j’ai exploité avec ma famille une ferme ovine, Chantemerle, de 1979 à 1989, dans un petit village sur les contreforts des Appalaches dans le Bas-Saint-Laurent, un lieu qui s’est avéré un laboratoire d’observation et d’analyse des problématiques de dévitalisation et de « recomposition » territoriale. Nous possédons toujours ce petit coin de ruralité, espace de ressourcement et d’inspiration. Suite à mon départ à la retraite, j’ai agi comme formateur, conférencier et consultant auprès de ministères, associations municipales, MRC et municipalités locales dans mes domaines de compétence. Je consacre désormais l’essentiel de mes temps libres à l’écriture (livres, blogues, articles, …), au bénévolat et à ma famille. Jean-Sébastien Bach, l’homme et son œuvre, est un compagnon de tous les jours. Ma collaboration à ce blogue est motivée par le désir de participer au mouvement de développement collectif qui se déploie dans toutes les régions du Québec, porteur d’une force insoupçonnée pour faire face aux grands défis qui confrontent la société actuelle.