Faut se méfier des petits caractères et des sous-titres

Je me sens comme une plie quand elle est petite
Pendant que l’œil lui migre à travers la tête
Qu’elle devient plate
Qu’elle se cache dans le fond
Qu’elle devient grise comme un veston
Et bonne à manger, pour qui sait la pêcher

Heille, à toute les fois c’est pareil
Le ver est mou pis y est mort parce qu’y se noie
Le choix entre une couleur pis l’autre bord
Comme dans un magasin de chars
Les cuillères, le plomb, les leurres, les belles affaires,
L’embobineuse, le leader
Les vendeurs à commission
Les pedlers de bonbons
Bon, bon poisson

Comme si
Comme si on y croyait encore
À force de transfuges à plus savoir, c’est normal
Sur quel bord prier le paradis fiscal
Comme si d’une fois à l’autre
On se rappelait pas de notre faute
Au fond de notre bocal
Bon, bon poisson
Va dans ta boîte de carton

Mange ta moulée pendant qu’y en a
Dis merci à la main qui te nourrit
Les têteux lichent les vitres, c’est ben normal
Les guppys flashent tellement que c’est rendu banal
Derrière la tête de mort en plastique
La machine à bulles pompe de l’eau sale
Les tortues têtues mènent le bal
Qu’est ce qu’on dit?
Bon, bon poisson, ben oui

Le reste du temps: soyez patients
Attendez le messie ben assis
Toute façon, penses-tu qu’y t’entend
À travers l’eau même si tu cries
À plein journal tes sentiments
Il est ben trop occupé
À mettre sa face sur du coroplast

Je le vois venir, oui, il est là, c’est mon homme
Je vais voter pour celui qui me promet
De changer l’eau de mon aquarium

Ce matin, a dit le chef, menu spécial

On les reçoit dans Charlevoix,
J’ai sept requins, des gros blancs
Avec les escadrilles de froufrouteurs
Les torpilles, les mercenaires aide-pécheurs,
La bisque pour plaire à l’empereur
Les gaz, les matraques, les cartilages, les barrières
Du sang de toute les couleurs
De la peur à plein cœur

Pour souper, devinez ce qu’ils mangeront
De la soupe aux poissons

Le croc descend doucement
De toute façon prend ton temps
T’as le choix entre le rouge pis le bleu
Ou ben les deux en même temps
Ou à l’envers, c’est pas mieux

S’ils peuvent s’étouffer avec mes arrêtes
Sera ma dernière idée en tête…

 

 

 

 

 

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Bilbo Cyr
Bilbo Cyr

Je suis un iconoclaste incisif et subversif, porté à dire l’indicible pour qu’il cesse de l’être. Je suis un adepte du crayon pointu qui crève les yeux entre les lignes et un gymnaste du sous-entendu. Pas que je sois peureux, mais je crois qu’il est souvent dangereux d’être trop clair. Ça agite les esprits obtus et leur suggère de douteuses initiatives. Alors je métaphore à outrance. La créativité qui se manifeste à travers le chaos, c’est toujours ça de gagné. Puis, ça permet de n’être compris que par des gens intelligents… J’habite et suis habité par une péninsule que les sans-visions, du haut de leur siphon, appellent « région-ressource ». Pour la plupart des Québécois, c’est une presqu’île au bout du monde, dont on fait le tour en trois-quatre jours, pendant les vacances de la construction, quand le gaz n’est pas trop cher. Pour ceux qui y vivent, c’est un terroir d’espoir et de grogne. Son potentiel est spataragonflant, mais son développement se fait souvent par des borgnes avaricieux et vicieux, en mitaines pas de pouce, qui rêvent de fortune facile avant la fin du mandat. C’est qu’on ne nous demande plus jamais notre avis sur ce qui doit advenir de nous. J’ai pris l’habitude de le donner quand même. Ça m’a fait une collection d’inimitiés hautes placées. C’est un loisir comme un autre. L’alternative serait de me taire et je ne sais pas comment faire. Je suis venu à l’action collective par nécessité : changer le monde tout seul, c’est compliqué et pas très efficace. C’est par la bouche et par l’oreille que germe lentement le changement. J’ai choisi les mots comme arme et comme soupape. Je vous en livrerai ici quelques échantillons à l’occasion. La posologie est à votre discrétion.