L’histoire d’une mobilisation régionale réussie sur la Côte-Nord

Il n’y a pas si longtemps, la région de la Côte-Nord a réussi un tour de force : faire front commun pour désenclaver son territoire en réclamant la réalisation de deux projets routiers essentiels à son développement, soit l’achèvement de la route 138 en Basse-Côte-Nord et la construction d’un pont à l’embouchure de la rivière Saguenay, près de Tadoussac.

Il y a longtemps que nous n’avions pas constaté une aussi forte coalition, unie d’Ouest en Est, pour la réalisation de cet objectif, dépassant même notre territoire jusqu’à mobiliser des intervenants dans Charlevoix.

Certes, en absence d’une Conférence régionale des élus pour coordonner une telle démarche, les groupes impliqués sont très sollicités, les rencontres sont nombreuses, les compromis sont omniprésents et la démarche n’est pas parfaite. Elle est imparfaite et savez-vous quoi ? Ça marche quand-même! C’est la force d’une région qui n’en peut plus du statut quo, qui veut construire son avenir et qui crie aussi fort que peuvent le faire ses 90 000 habitants réunis : « Pavons la voie! ».

Souvent par le passé, la région de la Côte-Nord était divisée au sujet de la 138. Le pont sur le Saguenay et l’achèvement de la route à l’Est étaient souvent mis en opposition par plusieurs groupes, par peur que l’un retarde l’autre… une dichotomie largement exploitée par les gouvernements successifs aux yeux desquels la discorde affaiblissait la crédibilité des deux dossiers. Cela était vrai et cela nous a nuit longtemps.

J’ignore pour quelle raison cette fois-ci, tout le monde s’entend. Même les élus de Tadoussac ont modifié leur approche par rapport au pont, alors que ce projet aura des impacts dans leur communauté. L’ensemble des élus de la Côte-Nord ont convenu qu’il n’était pas question de perdre un seul emploi lorsque qu’on remplacera le service de traversiers par un pont. C’est pourquoi la Côte-Nord s’est engagée dans une démarche d’acceptabilité sociale et de développement durable. Le but : définir de nouvelles orientations de développement pour la région immédiate de Tadoussac et de Baie-Sainte-Catherine, identifier des mesures de transition à déposer au gouvernement du Québec, mettre en place les bases d’un renouveau économique permettant aux communautés de tirer pleinement profit de cette prochaine étape à venir dans leurs villages.

Mentionnons les forces en place :

Les porteurs politiques

  • L’Assemblée des MRC de la Côte-Nord (qui remplace désormais la CRÉ, mais sans budget – toutes les décisions doivent généralement être entérinés par les MRC)
  • La MRC de Charlevoix-Est
  • Le Conseil des Innus d’Essipit
  • Le Conseil des Innus de Pessamit
  • Les deux députés provinciaux de la Côte-Nord
  • La députée fédérale de Manicouagan (la seule, nous n’avons qu’un seul comté sur la Côte-Nord)

Les porteurs civils

  • La Coalition Union 138 – un organisme civil composé d’une diversité d’acteurs de la
    Côte-Nord et de Charlevoix
  • La Société du pont sur le Saguenay – un organisme civil dédié à la construction du pont et dont l’expertise n’est plus à faire
  • Les municipalités

Les acteurs de soutien

  • La MRC de la Haute-Côte-Nord
  • La Société de développement de Sacré-Cœur
  • Le Conseil des Innus d’Essipit
  • Innovation et développement Manicouagan (anciennement CLD)

Si vous voulez suivre nos efforts, je vous invite à visionner les pages Facebook suivantes :

 

 

 

 

 

 

Commentaires partagés sur Facebook

commentaires

Commentaires si vous n'avez pas de compte Facebook

Votre commentaire

Karine Otis
Karine Otis

À 31 ans, j’ai parfois l’impression d’avoir le parcours d’une senior… Je suis pourtant encore une « floune » dans un monde majoritairement composé d’hommes et où des seniors, il y en a. Mon engagement collectif a pris racine au cégep, comme bien d’autres jeunes impliqués. Après avoir complété des études en sciences politiques et études urbaines ainsi qu’en sciences de l’environnement, je suis revenue m’établir dans ma région natale, la Côte-Nord. C’était en 2009. J’ai rapidement intégré le cercle des professionnels en développement régional. J’ai œuvré pendant 6 ans comme directrice du développement de l’offre chez Tourisme Côte-Nord. En 2013, j’ai également fait mon entrée au conseil municipal de Baie-Comeau. La plus jeune élue de l’histoire de notre ville, élue avec la plus forte majorité et avec le plus haut taux de participation. La jeunesse, ça intéresse. Récemment, j’ai quitté le conseil municipal à mi-mandat pour accepter le poste de directrice associée au développement industriel dans notre corporation de développement économique local associée à la MRC de Manicouagan. C’était le prix à payer pour agir dans ce domaine de développement si stratégique pour notre région. Au cours de l’automne dernier, j’ai aussi eu le privilège et l’honneur de me porter candidate lors d’une élection provinciale partielle qui avait lieu dans notre comté. Ce fut l’une des expériences les plus trépidantes de ma vie et cela m’a ouvert plusieurs portes. J’ai aussi constaté à quel point j’aime les gens. Le simple fait d’échanger avec mes semblables m’a comblée. Donc oui, j’ai parfois l’impression d’en avoir fait beaucoup et d’en connaître pas mal. Ce doit être le sentiment de puissance candide de la trentaine, avec l’arrogance innocente qui vient avec :-) Mais grâce à Nous.blogue, je compte bien me questionner, argumenter et surtout affûter notre vision (et surtout la mienne) du développement collectif. Confronter les idées, mélanger les ingrédients et amalgamer les visions. Ce sera une bonne recette. À Nous.blogue!