Chers blogueurs et blogueuses, et vous aussi, lecteurs et lectrices,

Que d’engouement pour cette question du dialogue! Pour être totalement franche avec vous, je suis passée par une gamme d’émotions et d’opinions en lisant ces billets. J’accueillais parfois vos critiques (souvent sévères!) de l’état actuel du dialogue avec un défaitisme grandissant, alors qu’après, des pistes d’action, de solution et d’optimisme que vous nous présentiez me donnaient le goût de donner à ce dialogue une chance, encore.

Je retiens de vos contributions que la responsabilité de la santé du dialogue est partagée. Il nous appartient à tous d’être ouverts, de bonne foi, honnêtes et prêts à construire ensemble. Il appartient à nos gouvernements et nos institutions de partager cette volonté d’un vrai dialogue et de nous en offrir les espaces. Il est de la responsabilité de chacun, finalement, d’exiger et d’investir ces espaces.

Je retiens aussi que la question du dialogue est vitale : vous la présentez comme un point de départ essentiel pour bâtir collectivement notre société. Elle est à la fois une condition à la santé de nos communautés, mais elle en est aussi l’indicateur.

Mais aussi, j’ai le goût de terminer cette série en faisant la promotion du plaisir de juste parler pour parler, parfois. Tout en étant parfaitement d’accord que le dialogue se doit souvent d’être un véritable échange où l’on cherche ensemble à aller plus loin que ce dont on est capables individuellement, j’ai l’impression que l’on tente d’élever le dialogue au rang de vertu.

Un dialogue, pour être vrai, ne doit pas à tout prix déboucher sur un travail commun et ne doit pas avoir enrichi l’esprit de tous ceux qui y participent. Le dialogue a une valeur autre que sa seule dimension intellectuelle et il n’est pas seulement un outil de travail ou de progrès des sociétés. Il existe au-delà de son contenu et des propos qui y sont véhiculés.

Le dialogue, c’est une façon simple, quotidienne, accessible d’entrer en contact. Une façon de se définir individuellement, en nous obligeant à mettre des mots sur ce qu’on pense et ce qu’on est. Même une chicane, même un badinage léger en substance, même une conversation où on répète ce qu’on a tous déjà entendu nous oblige à être en contact avec l’autre et de lui ouvrir la porte, minimale, de notre oreille ou de notre parole.

Continuer à critiquer le manque de dialogue de nos sociétés actuelles est nécessaire. Viser l’échange, la compréhension commune réelle et l’inclusion de tous dans le débat social est vital. Mais aller chercher tout ce que le dialogue peut nous apporter, même dans sa version la plus imparfaite, c’est aussi tout-à-fait louable.


Myriam Thériault

Coordonnatrice de Nous.blogue

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Myriam Thériault
Myriam Thériault

Je m’appelle Myriam Thériault, et depuis que j’ai quitté ma Côte-Nord natale, mes études en développement social et développement territorial m’ont amenée à voir les quatre coins du Québec, notamment chez Communagir, à Montréal, pout aboutir comme travailleuse autonome à Québec. Dans les dernières années, je suis passionnée par l’idée de faire un pont entre les différents types de savoirs (d’expérience, pratiques, scientifiques) et contribuer bien modestement à l’avancement du développement collectif par l’ancrage concret de la recherche universitaire! Comme blogueuse, je souhaite vous partager mes lectures et mes trouvailles, avec toujours la même question derrière la tête : comment ça peut parler aux praticiens, aux citoyens, aux acteurs du développement collectif dans les changements qu’ils vivent actuellement?