Après le dossier dans La Presse Plus sur la question des villages dévitalisés, je m’étais dit que je vous écrirais sur les initiatives porteuses et innovantes qui font de nos milieux ruraux des endroits dynamiques et où il fait bon vivre.  J’y reviendrai.

Entretemps, un mammouth est passé, nous a renversés et a piétiné en chemin notre démocratie.

Je suis outrée depuis un bout de temps de la façon dont les décisions sont prises actuellement. Mais là, ça va au-delà du bon sens.  Les gens qui me connaissent savent que j’ai souvent questionné nos structures, notamment les CRÉs.

En fait, je pense :

  • que ces structures imparfaites étaient remplies de gens passionnés par leurs régions et localités;
  • qu’une réflexion honnête et collective, dans chacune des régions du Québec, sur la façon dont on veut se développer collectivement aurait été porteuse pour définir la structure de gouvernance souhaitable;
  • que rediscuter de ce que l’on attend et souhaite en matière de développement durable aurait créé un Québec diversifié et fort de ses différences;
  • En gros, que des améliorations auraient été possibles, dans les débats et les dialogues, dans le respect des gens en place.

Aurait-on pu revisiter nos façons de faire sans mettre des centaines de personnes à la porte de façon aussi cavalière?  J’en suis convaincue.  Parce que ce sont aussi toutes les ententes en termes d’immigration, de condition féminine, de jeunesse, de développement social, économique et j’en passe, qui s’effondrent avec ces structures. Comment allons-nous rebâtir sans les personnes qui possèdent l’expertise et la passion de leur territoire?

Ce mammouth, vous le savez, a également écrasé d’autres fondamentaux, notamment les tarifs des services de garde. Cette mesure, indispensable, a des répercussions collectives non-négligeables pour les familles, et plus particulièrement pour les femmes.

Quand on ne se donne pas le droit, ou quand on nous le retire, d’exprimer nos désaccords, pour faire avancer nos collectivités, quand on ressent le besoin de bâillonner les gens qui ont quelque chose à dire, peu importe leur allégeance ou leurs opinions, tout ce que ça démontre, pour moi, c’est la faiblesse d’esprit et le manque de vision.

De nature positive, je sais que nous trouverons un chemin, collectivement, pour nous développer selon nos aspirations, en tenant compte de nos divergences, j’y crois profondément. Mais aujourd’hui, je suis simplement et profondément outrée.

Article du Devoir intéressant sur la question : La démocratie existe aussi après les élections…

Sur une note plus positive, la prochaine fois, je vous parle d’un exemple très porteur de développement de quatre municipalités : la contrée en montagne de Bellechasse (qui, soit dit en passant, a entre autres été rendu possible grâce à l’excellent travail de l’agent rural du CLD).

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Marie-Denise Prud'Homme
Marie-Denise Prud'Homme