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L’État doit changer son regard sur la ruralité pour en faire un partenaire à part entière de l’occupation et de la vitalité des territoires au 21e siècle.

La transition numérique en économie est propice à la dématérialisation et à la déspatialisation de plusieurs catégories d’activités et d’emplois.

La déspatialisation de l’emploi permet d’envisager la réoccupation et la recomposition des territoires désertés au cours des années 1960 à 2000 par l’exode rural.

La dématérialisation de l’économie et la transition numérique font bon ménage en milieu rural.

Les évolutions économiques, sociales et technologiques en cours sont à l’origine du phénomène de l’exode urbain. Il faut s’en réjouir. C’est un levier important pour un meilleur équilibre des territoires.

L’exode urbain n’est pas un épiphénomène mais une phase d’évolution qui augure de reconquête et de recomposition des régions et des territoires ruraux.

Dans les pays industrialisés, les récentes évolutions économiques sociales et technologiques créent une détente sur la concentration des grandes villes. Un virage majeur qui s’amorce.

L’exode urbain est une nouvelle réalité dont l’aménagement du territoire doit tenir compte pour un meilleur équilibre des territoires.

La relation entre le potentiel de déconcentration urbaine et l’attraction rurale génère de nouvelles logiques de localisation des entreprises et des populations.

Alors que plusieurs secteurs de l’économie ont un potentiel de déconcentration, la ruralité reconquiert une attractivité nouvelle pour les entreprises et la population.

Il y a un nombre croissant de familles et d’entreprises en quête d’un lieu d’implantation en dehors des grands pôles urbains. La logique de localisation se modifie. Reconnaître cette réalité et l’accompagner.

Le Québec est-il conscient que le télétravail peut être un facteur important de développement des territoires ruraux?

Les nouvelles tendances économiques, sociales et technologiques sont une chance à saisir pour redynamiser les régions et les communautés rurales.

Plusieurs nouveaux résidents de la campagne sont actifs : producteurs, créateurs, artisans, novateurs, porteurs d’autres modes de vie : des acteurs de l’édification de la société durable.

Les régions ne sont pas des wagons à la remorque de grands pôles urbains tels Montréal et Québec, mais peuvent être aussi des locomotives.

Petites et moyennes villes et territoires ruraux doivent être mis à contribution pour lutter efficacement contre les dysfonctionnements et les déséconomies des grandes villes.

La reconquête et la recomposition des milieux ruraux renouvellent la relation d’interdépendance et de complémentarité entre villes et campagnes.

Les métropoles et les grandes villes ont un rôle déterminant dans la structuration de l’espace habité, mais les villes petites et moyennes et les villages ne doivent pas être négligés pour autant.

Les petites villes et les villages : une chance à saisir pour un meilleur équilibre des territoires, la redynamisation des régions et les stratégies de développement durable.

Il faut inviter les universités à étudier la nouvelle attractivité des espaces ruraux et à élaborer des modèles actualisés de l’aménagement rural.

La campagne offre une qualité de vie exceptionnelle pour les résidents et nombre d’activités de production. Pourquoi est-elle si négligée?

Au Québec, la ruralité est belle, saine et pleine de promesses pour une société durable. Son développement doit être harmonisé avec les grands pôles.

Transition numérique et qualité de vie valorisent les territoires ruraux. Une chance à saisir pour le développement durable.

Les territoires ruraux sont UTILES sur les plans économique, social, culturel et environnemental. Ce ne sont pas des espaces appartenant à un temps révolu, mais pleinement inscrits dans la modernité.

Alors qu’un « puissant désir de campagne » se manifeste, le Québec tourne le dos à ces terres d’accueil pourtant indispensables pour définir la société de demain.

Après l’abandon de la Politique nationale de la ruralité par le gouvernement Couillard, le Québec rural se sent exclu et orphelin.

Le Fonds fédéral des petites collectivités ne dédouane pas le Québec de sa responsabilité envers ses communautés rurales et les petites villes.

La nouvelle ruralité est multifonctionnelle, c’est-à-dire résidentielle, touristique, numérique, culturelle, multiproductive, sportive, agricole.

On confond encore ruralité et agriculture. Il ne reste plus que 29 000 fermes au Québec, fortement concentrées dans les basses terres du Saint-Laurent, pour environ 1 000 municipalités rurales; elles étaient 135 000 en 1931.

Dans la grande majorité des municipalités rurales c’est le caractère multifonctionnel de l’économie qui est la clé de leur vitalité.

Ce n’est pas parce qu’elle est multifonctionnelle que la ruralité perd son identité. Elle se recompose dans le respect, la protection et la promotion de ses caractéristiques fondamentales.

Je me désole d’un gouvernement qui, obnubilé par les métropoles et les grands pôles urbains, néglige ses régions et ses territoires ruraux, pourtant des gisements d’avenir.

La société durable de demain se construit avec ses métropoles, ses régions, ses petites villes et ses villages.

Faute de vision, la fracture risque de s’aggraver entre régions métropolitaines et le reste du territoire.

Les ruralités nouvelles sont en construction. Savoir les accompagner, les promouvoir et protéger leur identité qui les distingue de la ville dans une approche de complémentarité.

Qui parviendra à convaincre les décideurs de l’utilité de la ruralité sera un bienfaiteur de l’humanité.

Il ne s’agit pas d’opposer urbanité et ruralité mais de favoriser leur complémentarité et leur interdépendance dans un modèle adapté au XXIe.

Les espaces ruraux ne sont pas des territoires révolus, mais des terres d’innovation pour la société durable.

La campagne n’est pas en attente d’urbanisation. Elle a sa spécificité propre.

Les espaces ruraux ont une quintuple utilité : économique, sociale, culturelle, territoriale et environnementale.

Une planification territoriale dans une perspective de développement durable abordera l’espace rural comme un partenaire de première importance.

Qui parle de ruralité au gouvernement Couillard? Il ne s’agit pourtant pas d’un mot vilain, ni d’une maladie, ni d’un boulet, mais d’une composante utile et dynamique du territoire.

Qui se préoccupe de cette réalité au gouvernement Couillard? On n’en a que pour les régions métropolitaines de Montréal et de Québec.

  1. Couillard, après l’abandon de la Politique nationale de la ruralité, pouvez-vous nous dire quel est votre plan pour le soutien et le développement des territoires ruraux?

Et si les régions et les espaces ruraux étaient l’avenir des métropoles et de l’équilibre de l’occupation du territoire?

Parlant régions, qu’advient-il Monsieur Couillard de la Stratégie gouvernementale pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires et de la loi du même nom adoptées par le gouvernement libéral de M. Charest en 2012?

Parce qu’elle est utile sur les plans économique, social, culturel, territorial et environnemental, la ruralité doit recevoir l’attention des gouvernements.

Alors que l’OCDE reconnaissait le Québec comme un leader en politiques rurales (2010), le gouvernement Couillard a déconstruit ses principaux outils.

Planifier le développement des petites et moyennes villes en régions pour décongestionner les aires métropolitaines et favoriser le développement de bassins de vie et d’emploi dynamiques.

L’affaiblissement des territoires ruraux c’est la crise d’un mode de développement utile.

La campagne est rêvée, convoitée, réoccupée. Elle se fait le théâtre d’expérimentations, d’innovations, de créativité. C’est un creuset de vie nouvelle et de développement durable.

Dieu merci je possède une parcelle de ruralité. Tout autour des jeunes, des projets, une reconquête, une recomposition, un élan de renouveau.

C’est aux politiques publiques de s’adapter aux caractéristiques de nos territoires ruraux en mutation, non pas l’inverse.

L’attractivité arrive en tête de liste des stratégies de développement territorial. Et cette attractivité repose largement sur l’intelligence collective.

Les politiques territoriales doivent valoriser l’apport des espaces ruraux dans la dynamique de l’occupation du territoire.

Il faut territorialiser l’action publique pour prendre en compte les spécificités locales et régionales. En finir avec les politiques « mur à mur ».

Les territoires ruraux ne sont pas des réserves foncières pour les ambitions expansionnistes des villes. Elles ont leur spécificité et leur utilité propres.

On ne demande pas au gouvernement Couillard d’être transcendant mais de proposer des politiques qui mobilisent la société dans un projet inspirant.

Les petites villes et villages : composantes essentielles du maillage de l’organisation des territoires constitué d’une nébuleuse de bassins de vie et d’activité polarisés par les grandes villes.

Zonage agricole. Des ajustements s’imposent : renforcement et assouplissement selon la nature des sols et l’état des communautés.

Trois défis de l’aménagement du territoire en ce début de XXIe siècle : 1. Densifier, verdir et réhumaniser les villes. 2. Réoccuper et redynamiser les régions en misant sur les bassins de vie et d’activité que sont les MRC. 3. Recomposer les territoires ruraux dans les régions victimes de dévitalisation en promouvant la multifonctionnalité et la diversification économique.

Le renforcement des MRC, des villes centres et des régions : élément majeur de la nouvelle gouvernance des territoires.

Le développement régional passe par des mesures gouvernementales cohérentes pour favoriser l’emploi dans les TPE et les PME et la qualité des cadres de vie, ce qui suppose diversité et qualité des infrastructures, des équipements publics et des services de proximité.

Au regard de la révolution numérique, les territoires ruraux sont en voie de devenir plus attractifs que bien des villes sur le plan économique.

L’agriculture n’est pas une réserve foncière, c’est une vraie activité économique. Le zonage agricole protège cette activité. Mais des ajustements s’imposent, notamment dans les communautés dévitalisées, désertées par l’agriculture, en quête d’une relance économique et sociale.

La fermeture des écoles de village, c’est le début de la fin. Comment voulez-vous attirer et garder de jeunes familles lorsqu’il n’y a plus d’école?

Développement régional : accroître l’attractivité et la compétitivité des MRC par des infrastructures, des équipements et services publics adéquats pour en faire des espaces de proximité dynamiques et enviables.

Le desserrement des grandes villes ne signifie pas nécessairement étalement urbain mais recomposition des régions.

Les grandes villes doivent collaborer à stopper l’hémorragie des régions pour une occupation équilibrée des territoires.

Demain, l’occupation des régions va contribuer à solutionner les problèmes de dysfonctionnement des grandes villes.

L’exode urbain va repositionner les grandes villes en fonction de leurs principales missions.

On fait beaucoup de mal aux régions parce qu’on entretient une méconnaissance de leur potentiel de développement pour l’avenir du Québec.

L’aménagement du territoire est un outil de l’action publique d’une importance grandissante face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

L’occupation équilibrée du territoire est possible. En faire un projet de société et de développement durable.

Bernard Vachon. Ph.D.
Professeur honoraire de l’UQAM
Spécialiste en développement local et régional

 

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Bernard Vachon

Deuxième d’une famille de neuf enfants, j’ai grandi dans les quartiers ouvriers de Rosemont et de Montréal-Nord. La culture, le sentiment identitaire, les études et l’entraide étaient des valeurs fortement stimulées au sein de la famille. Détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial, j’ai fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal durant 32 ans (1969-2000). Mes domaines de spécialisation sont le développement local et régional, le Québec rural, la décentralisation et la gouvernance territoriale. Parallèlement à mes enseignements et ma recherche, j’ai exploité avec ma famille une ferme ovine, Chantemerle, de 1979 à 1989, dans un petit village sur les contreforts des Appalaches dans le Bas-Saint-Laurent, un lieu qui s’est avéré un laboratoire d’observation et d’analyse des problématiques de dévitalisation et de « recomposition » territoriale. Nous possédons toujours ce petit coin de ruralité, espace de ressourcement et d’inspiration. Suite à mon départ à la retraite, j’ai agi comme formateur, conférencier et consultant auprès de ministères, associations municipales, MRC et municipalités locales dans mes domaines de compétence. Je consacre désormais l’essentiel de mes temps libres à l’écriture (livres, blogues, articles, …), au bénévolat et à ma famille. Jean-Sébastien Bach, l’homme et son œuvre, est un compagnon de tous les jours. Ma collaboration à ce blogue est motivée par le désir de participer au mouvement de développement collectif qui se déploie dans toutes les régions du Québec, porteur d’une force insoupçonnée pour faire face aux grands défis qui confrontent la société actuelle.