Pour un nouveau regard sur la ruralité (3e partie)

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La plupart des idées exposées ici ont été publiées en tout ou en partie sur le
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Le Québec rural veut qu’on l’écoute et qu’on s’occupe de lui. Que fait le gouvernement Couillard?

En France, les ruralités, une chance à saisir pour l’avenir. Voir : www.gouvernement.fr/action/les-ruralites-une-chance-pour-la-france

Au Québec le gouvernement Couillard abolit sa politique de la ruralité et ses programmes d’aide.

Accroître l’attractivité et la compétitivité des territoires ruraux pour accueillir les entreprises de la nouvelle économie.

À la recherche d’une meilleure qualité de vie, un nombre grandissant de jeunes entrepreneurs et de familles optent pour la campagne.

Selon le Conference Board du Canada, 370 000 emplois en ville dépendent de l’activité économique de la ruralité.

Le Conseil du patronat redécouvre les mérites des régions pour la prospérité du Québec.

Le gouvernement Couillard doit se ressaisir et se mettre à l’écoute des régions, des territoires ruraux et des municipalités dévitalisées.

Les régions, 3e locomotive de la prospérité du Québec après Montréal et Québec. Non des wagons à la remorque des grands centres.

Opposer métropoles et régions est un pacte économique et social suicidaire pour une nation.

Métropoles et régions sont des partenaires interdépendantes et complémentaires. Affaiblir l’un nuit à l’autre.

Dans un contexte de dématérialisation et de déconcentration de l’économie, les régions sont des terres d’avenir.

Appeler un front commun solidaire des municipalités et des régions pour un meilleur équilibre de l’occupation du territoire.

Les politiques de développement doivent tendre à accroître l’attractivité et la compétitivité des territoires.

L’ignorance féconde du gouvernement Couillard à l’égard des régions et des territoires ruraux est à la source du démantèlement des organismes de développement.

Se mettre à l’écoute de la population. « Bien écouter c’est presque répondre. » (Marivaux).

Y a-t-il une voix dans le gouvernement Couillard pour défendre le facteur humain dans les réformes des programmes ?

Il faudra bien un jour en finir avec le rapport Higgins-Martin-Raynaud de 1971 dont les conclusions et recommandations ont conduit à creuser le fossé entre centre et périphérie.

Y a-t-il dans le gouvernement Couillard quelqu’un qui va se lever pour défendre la contribution des régions à l’identité et à la prospérité du Québec ?

Que pense aujourd’hui le député Laurent Lessard du sort dévolu à sa Stratégie et sa Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires, adoptées en 2012 ?

Ces Stratégie et Loi pour assurer l’occupation et la vital des territoires ont pourtant été adoptées par un gouvernement libéral en 2012.

Plutôt de couper les vivres aux régions, le gouvernement Couillard devrait faire preuve de créativité pour relancer leur économie.

L’occupation du territoire n’est pas une marchandise que l’on brade pour assainir les finances de l’État.

Fermera-t-on les villages dévitalisés de la Côte-Nord sur des bilans comptables ?

L’équilibre budgétaire, bien que souhaitable, ne peut se substituer à un projet de société.

Plutôt de purger la classe moyenne, le gouvernement Couillard devrait s’attaquer aux paradis fiscaux et à la fiscalité des transactions financières qui détournent des millions de dollars.

Les terres agricoles des Sœurs de la Charité à Beauport : l’heure du test a sonné pour la CPTAQ.

La CPTAQ n’a aucune raison de dézoner les terres des Sœurs de la Charité outre celle de céder aux demandes de la ville de Québec et d’un développeur urbain.

La vente des terres agricoles de première qualité et d’un seul tenant des Sœurs de la Charité à un promoteur urbain : sacrifier un joyau agricole pour l’étalement de l’urbanisation.

Acharnée à protéger des terres zonées sans potentiel agricole et désertées par l’agriculture dans des municipalités dévitalisées, la CPTAQ sauvera-t-elle les terres des Sœurs de la Charité ?

Discours du développement durable et urbanisation d’un patrimoine agricole. De la distance des paroles aux actes.

L’urbanisation des terres des Sœurs de la Charité : une aberration. Béton, briques et CO2 plutôt qu’agriculture urbaine

Québec doit se donner une mission de ville nourricière comme tant d’autres à travers le monde. C’est un enjeu majeur pour l’avenir : verdir, nourrir et humaniser l’environnement urbain.

La réforme de la gouvernance des territoires pour plus d’autonomie et de proximité ne doit pas s’arrêter à mi-chemin. Faire confiance aux régions et aux municipalités. Un pari que plusieurs pays ont pris et relevé.

Une instance régionale redéfinie doit remplacer les CRÉ. Les enjeux régionaux qui outrepassent l’assise et les compétences des MRC le requièrent.

La reconnaissance de la contribution des régions à l’essor du Québec est une condition préalable au dialogue État-territoires.

Le ministre Coîteux devrait relire la Stratégie pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires et Loi en appui à cette Stratégie, pour leur donner un contenu substantiel et des outils.

Il est temps pour le gouvernement Couillard de faire confiance aux régions, MRC et municipalités dans un véritable partenariat État-territoires.

L’écoute, le dialogue et la concertation ne supposent pas complaisance et soumission. Plutôt respect et confiance entre les partenaires.

L’arrogance et le mépris envers les élus des collectivités territoriales et les fonctionnaires n’ont pas leur place dans une gouvernance moderne.

« L’inégalité n’est pas un état naturel. C’est le produit de choix politiques et sociaux. » Alain Noël, professeur et chercheur.

Le gouvernement Couillard est une catastrophe pour les régions et la ruralité : abolition des CRÉ, CLD, Solidarité rurale, Politique nationale de la ruralité, programmes d’aide aux municipalités dévitalisées, etc.

Le saccage des politiques régionales et rurales. Un triste legs du gouvernement Couillard.

L’abandon de la Politique nationale de la ruralité par le gouvernement Couillard est une honte.

Les terres zonées agricoles sans potentiel sont des freins à la diversification et à la redynamisation rurales. Dans les milieux dévitalisés il faut favoriser la multifonctionnalité.

Les réformes du zonage agricole et de l’agriculture doivent s’inspirer des rapports Ouimet et Pronovost, ce qui requiert vision, volonté et audace.

Zonage agricole, accaparement des terres, diversité des modèles d’agriculture et de gestion, fermes familiales et petite agriculture, agriculture industrielle vs agriculture bio…, tout est à revoir.

Le gouvernement Couillard dit œuvrer pour les générations futures. Il prépare pourtant un legs pétrolier révolue et une menace au patrimoine du St-Laurent et aux sources d’eau potable.

Il n’y a pas de territoires sans avenir, il n’y a que des territoires sans projets. Une politique de développement régional et local doit être dédiée à l’émergence de projets.

Une politique de développement régional et local vise à accroître l’attractivité et la compétitivité des territoires par des infrastructures, des équipements et des services publics diversifiés et appropriés.

En matière de développement régional et local, il importe de territorialiser l’action publique, c’est-à-dire prendre en compte les spécificités des milieux.

Ce sont les programmes et les mesures d’une Stratégie et Loi de développement régional et local qui conforteront les municipalités et les MRC dans leurs actions.

La récente Loi sur les gouvernements de proximité sera d’autant plus efficace qu’elle sera complétée par une loi vigoureuse de développement régional et local.

Monsieur Coîteux, votre prochaine tâche : donner du contenu et des moyens à la Stratégie et à la Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires adoptées en 2012.

L’accès à Internet haut débit et à la téléphonie mobile demeure un enjeu crucial pour le développement des régions et des territoires ruraux.

Il n’y a pas une, mais des ruralités. Les forces économiques et sociales qui les transforment souscrivent à la modernité et leur procurent des atouts considérables pour le développement durable.

Parce que complémentaire, villes et campagnes ont un destin qui est lié. Ne pas favoriser les unes par rapport aux autres.

Le financement local actuel pénalise les petites villes et les municipalités rurales qui manquent de moyens pour se développer et offrir des services à la population.

Assurer une égalité de traitement financier entre villes et campagne pour des moyens appropriés au développement et aux services publics.

Bernard Vachon. Ph.D.

Professeur honoraire de l’UQAM

Spécialiste en développement local et régional

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Bernard Vachon

Deuxième d’une famille de neuf enfants, j’ai grandi dans les quartiers ouvriers de Rosemont et de Montréal-Nord. La culture, le sentiment identitaire, les études et l’entraide étaient des valeurs fortement stimulées au sein de la famille. Détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial, j’ai fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal durant 32 ans (1969-2000). Mes domaines de spécialisation sont le développement local et régional, le Québec rural, la décentralisation et la gouvernance territoriale. Parallèlement à mes enseignements et ma recherche, j’ai exploité avec ma famille une ferme ovine, Chantemerle, de 1979 à 1989, dans un petit village sur les contreforts des Appalaches dans le Bas-Saint-Laurent, un lieu qui s’est avéré un laboratoire d’observation et d’analyse des problématiques de dévitalisation et de « recomposition » territoriale. Nous possédons toujours ce petit coin de ruralité, espace de ressourcement et d’inspiration. Suite à mon départ à la retraite, j’ai agi comme formateur, conférencier et consultant auprès de ministères, associations municipales, MRC et municipalités locales dans mes domaines de compétence. Je consacre désormais l’essentiel de mes temps libres à l’écriture (livres, blogues, articles, …), au bénévolat et à ma famille. Jean-Sébastien Bach, l’homme et son œuvre, est un compagnon de tous les jours. Ma collaboration à ce blogue est motivée par le désir de participer au mouvement de développement collectif qui se déploie dans toutes les régions du Québec, porteur d’une force insoupçonnée pour faire face aux grands défis qui confrontent la société actuelle.