Pour un nouveau regard sur la ruralité (2e partie)

img_1002

La plupart des idées exposées ici ont été publiées en tout ou en partie sur le
fil Twitter de l’auteur, @bernardvachon1


L’accessibilité se substitue dans bien des cas à la proximité géographique ce qui favorise l’éclatement des lieux de travail de vie et de production en faveur des régions et territoires ruraux.

Un des grands chantiers du développement durable : l’occupation équilibrée des territoires sur la base de bassins de vie et d’emploi polarisés par le réseau de villes.

Créer des territoires dotés du plus haut niveau d’autonomie économique, sociale et culturelle gravitant autour de centres urbains ou villageois multifonctionnels et dynamiques.

Activités économiques dématérialisées, nouvelles valeurs sociales, mobilité, nouvelles technologies, télétravail, autant d’évolutions pour une reconquête et une recomposition des territoires ruraux.

Les villes petites et moyennes et les territoires ruraux sont des alliés naturels dans l’élaboration de plans de développement durable.

Les stratégies de développement durable doivent mettre le cap sur l’occupation et la vitalité des régions pour lutter efficacement contre l’hyperurbanisation.

Sans une occupation équilibrée des territoires, l’hyperurbanisation dysfonctionnelle de Montréal et de Québec s’imposera.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Le sursaut social est-il encore possible ? Sommes-nous à ce point désabusés et indifférents?

Avec le gouvernement Couillard on assiste au triomphe de la république des satisfaits : banquiers, médecins, grandes entreprises.

Il faudra des décennies pour reconstruire une société juste sur le champ de ruines que laisseront les libéraux.

L’idéologie néolibérale évacue les faibles : les territoires comme les individus. Elle privilégie le 1% de nantis.

Le gouvernement Couillard est une imposture. Sous couvert de la rigueur budgétaire il remplace la social-démocratie par idéologie néolibérale.

Et si l’on créait une journée de la ruralité au Québec pour rappeler cette réalité encore très présente?

Un action forte et concertée du monde municipal doit ramener le développement régional au cœur de l’action gouvernementale.

Le développement régional, ce mal-aimé. Obsédés par les grandes villes nos élites politiques et économiques négligent le rôle des régions.

La société verte de demain déplorera qu’on ait négligé la mise en valeur des régions et des territoires ruraux.

L’abandon des régions est un réflexe du passé. La société et l’économie moderne : interdépendance entre centre et périphérie.

Les régions constituent un gisement de réponses et de solutions alternatives aux problèmes des grandes villes dont on ne soupçonne pas l’ampleur.

L’exode urbain remplace l’exode rural parce que l’hyperconcentration a montré ses limites, c’est un changement de paradigme fondamental.

Sans volonté politique, sans mobilisation locale et sans moyens, l’avenir de plusieurs territoires est compromis.

Le gouvernement Couillard exacerbe la fracture géographique entre métropoles et périphérie, une fracture qui est aussi sociale et culturelle.

Les campagnes ne sont pas en retard d’urbanité. Elles complètent le rôle des villes dans nos sociétés modernes.

Imaginons les nouvelles ruralités dans le respect de leur spécificité tout en étant intégrées à la société moderne.

Les régions, incluant les villes petites et moyennes, les villages et les rangs : potentiel d’avenir pour la société de demain.

Impératifs pour les prochaines décennies : réhumaniser et verdir les villes, et revitaliser les milieux ruraux.

Protégée dans sa spécificité, la ruralité est de plus en plus attractive et se fait alliée dans la lutte contre l’hyperurbanisation.

Mais attention de ne pas transférer urbanisme et architecture urbains en milieu rural. Faire preuve de créativité.

Réintroduire l’humain, la nature et la morale dans les politiques et stratégies de développement.

Où en est « l’occupation et la vitalité des territoires comme priorité nationale et projet de société à part entière »(Loi de 2012)?

La taxe foncière doit être complétée par d’autres sources significatives de revenus pour les municipalités et MRC.

Diversifier les sources de revenus des municipalités et MRC sans accroître le fardeau fiscal des contribuables.

Fonder la nouvelle gouvernance régionale sur la décentralisation et la territorialisation de l’action publique.

L’occupation du territoire n’est pas une marchandise que l’on brade au gré de la situation financière de l’État.

Le gouvernement Couillard témoigne d’un déficit profond des compétences premières pour une société plus juste et égalitaire.

Construire une société juste exige de l’écoute, de la compassion, du dialogue, de la concertation, de la vision.

Dépasser l’opposition entre rural et urbain au profit d’une relation de complémentarité entre espaces interdépendants.

Il faut territorialiser les politiques de développement pour une prise en compte des spécificités propres aux milieux.

La territorialisation des politiques de développement va de pair avec une politique de décentralisation. Faire confiance aux territoires.

La territorialisation des politiques de développement suppose des compétences et des ressources accrues aux collectivités territoriales.

Avec le gouvernement Couillard les régions sont à la dérive. Les métropoles ne peuvent seules dynamiser les régions.

Dynamiser les régions pour éviter la fracture entre centre et périphérie. Découvrir le potentiel des régions.

Une feuille comptable ne fait pas un projet de société. Quel est le projet derrière l’équilibre budgétaire?

L’abandon du Québec des régions au profit des métropoles nuit à la cohésion sociale et accentue les disparités et iniquités territoriales.

Nouvelle économie et valeurs sociales émergentes portent un potentiel à mobiliser pour l’équilibre des territoires.

Occupation et vitalité des campagnes ne peuvent plus être assurées seulement par l’agriculture et la forêt, mais par la multifonctionnalité des territoires.

Les milieux ruraux sont de plus en plus sollicités par de nouvelles familles et entreprises. Se pose l’enjeu de l’aménagement du territoire.

Il y a vivre en ville et vivre à la campagne. La modernisation des campagnes ne signifie pas leur urbanisation.

L’occupation et la vitalité des territoires ruraux doit se faire dans le respect de la spécificité rurale contemporaine.

Prendre conscience que les territoires ruraux vont contribuer à résoudre les problèmes des grandes villes dans le futur.

On continue d’associer le milieu rural à l’agriculture et la forêt alors qu’il accueille une diversité d’activités qui renouvellent sa dynamique.

En 2008 l’OCDE déclarait la Politique nationale de la ruralité du Québec une des meilleures au monde. Pourquoi le gouvernement Couillard l’a-t-il abolie ?

Le gouvernement Couillard a abandonné la Politique nationale de la ruralité dans la foulée des mesures d’austérité. Une décision purement comptable sans évaluation des conséquences.

Malgré les discours de Couillard, Barrette et autres ministres, ce gouvernement s’avère, à travers ses réformes, très centralisateur.

Les simulacres de décentralisation traduisent la résistance de l’appareil gouvernemental et la hantise de perdre du pouvoir au bénéfice des collectivités territoriales.

Sans les ressources financières, humaines et techniques correspondant à leurs nouvelles responsabilités, les MRC ne peuvent exercer adéquatement une gouvernance de proximité.

La décentralisation transforme l’action publique en libérant l’initiative des collectivités territoriales.

Lieux alternatifs au télétravail et à la nouvelle économie, les milieux ruraux contribuent à l’équilibre de l’occupation du territoire.

Osons les nouvelles ruralités.

Le Québec rural veut qu’on l’écoute et qu’on s’occupe de lui. Que fait le gouvernement Couillard?

Bernard Vachon. Ph.D.
Professeur honoraire de l’UQAM
Spécialiste en développement local et régional

Commentaires partagés sur Facebook

commentaires

Commentaires si vous n'avez pas de compte Facebook

Votre commentaire Required fields are marked *

Bernard Vachon

Deuxième d’une famille de neuf enfants, j’ai grandi dans les quartiers ouvriers de Rosemont et de Montréal-Nord. La culture, le sentiment identitaire, les études et l’entraide étaient des valeurs fortement stimulées au sein de la famille. Détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial, j’ai fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal durant 32 ans (1969-2000). Mes domaines de spécialisation sont le développement local et régional, le Québec rural, la décentralisation et la gouvernance territoriale. Parallèlement à mes enseignements et ma recherche, j’ai exploité avec ma famille une ferme ovine, Chantemerle, de 1979 à 1989, dans un petit village sur les contreforts des Appalaches dans le Bas-Saint-Laurent, un lieu qui s’est avéré un laboratoire d’observation et d’analyse des problématiques de dévitalisation et de « recomposition » territoriale. Nous possédons toujours ce petit coin de ruralité, espace de ressourcement et d’inspiration. Suite à mon départ à la retraite, j’ai agi comme formateur, conférencier et consultant auprès de ministères, associations municipales, MRC et municipalités locales dans mes domaines de compétence. Je consacre désormais l’essentiel de mes temps libres à l’écriture (livres, blogues, articles, …), au bénévolat et à ma famille. Jean-Sébastien Bach, l’homme et son œuvre, est un compagnon de tous les jours. Ma collaboration à ce blogue est motivée par le désir de participer au mouvement de développement collectif qui se déploie dans toutes les régions du Québec, porteur d’une force insoupçonnée pour faire face aux grands défis qui confrontent la société actuelle.