À toi,

Je t’écris aujourd’hui et je me rends compte que ça fait longtemps que j’ai envie de te parler. J’ai eu la chance de te côtoyer et tu m’as même invitée chez toi à quelques reprises. J’en connais un peu plus que la moyenne des ours sur ta réalité, sur tes défis, sur tes aspirations et pourtant j’ai l’impression d’avoir seulement regardé ton monde par le trou de la serrure.

Et quel monde riche de ses gens et de sa culture j’ai eu la chance d’entrevoir!

J’ai envie d’en savoir plus sur toi, sur ton peuple, mais je ne sais pas comment te parler. Je ne suis ni anthropologue, ni historienne, c’est juste moi qui te parle. Humblement.

On dirait que notre passé me donne du poids dans les ailes. Mes livres d’histoires m’ont menti. Un fond de culpabilité me scie les jambes. J’ai peur de te blesser à nouveau.

De ton côté, tu essaies de me parler aussi, je le sais. Quand tu dénonces les injustices auxquelles toi et ton peuple êtes confrontés, je t’entends. Je répands mon indignation, mais je ne sais pas comment agir.

C’est comme si nous existons dans deux univers parallèles sur un même lieu dans un même espace-temps. C’est quand même quelque chose. Par contre, ne rien faire et ne rien dire, c’est aussi communiquer quelque chose, il me semble.

Comment pourrions-nous y arriver selon toi?

De mon côté, pour arriver à se parler et se comprendre, il me semble qu’il faudrait construire des ponts solides et alléger nos bagages pour ne pas se fragiliser. Il faudra prendre le temps. Le temps de s’écouter surtout, de se comprendre. Le temps de se regarder, de se reconnaître dans nos ressemblances, dans nos différences.

Il me semble qu’il faudrait la réécrire cette histoire commune et surtout la faire connaître à nos enfants. Et aux enfants de nos enfants.

J’ai envie que nous nous créions des espaces communs, des lieux confortables pour échanger et pourquoi pas, confronter nos idées. Pour bâtir un futur empreint de couleurs et de beautés.

C’est pourquoi, aujourd’hui, je t’invite, humblement, ici, maintenant. J’aimerais te compter parmi nous dans les échanges sur le Nous! N’hésite surtout pas, appelle-moi.

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Marie-Denise Prud'Homme
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