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Si vous n’avez pas entendu parler de la Marche des femmes la semaine dernière, vous faites certainement partie des derniers résistants aux réseaux sociaux. L’événement, tenu simultanément dans plusieurs villes à travers les États-Unis et le monde, a attiré des millions de manifestants et a déjà sa page Wikipédia. Le timing était parfait, une journée après l’investiture officielle de l’autre tata et son toupet, ce qui a permis d’amalgamer (avec justesse, selon moi) la cause des femmes, des LGBTQ, de l’égalité, du respect, des droits humains et une bonne dose d’anti-Trump.

D’ailleurs, Trump a bien signifié que l’époque de la liberté est révolue aux États-Unis, que ce soit en refoulant des protestants à la frontière Canada-États-Unis sur la base d’opinions politiques dissidentes ou en signant une loi (entouré d’hommes, vous remarquerez) qui interdit le financement d’ONG qui soutiennent le droit à l’avortement.

Mais prenons un peu de temps pour partager ensemble les meilleures pancartes de cette Marche des femmes! Il semblait y régner une ambiance d’humour grinçant, de désobéissance joyeuse et de volonté forte de ne pas taire les choses inconfortables.

Commençons par celle-ci, qu’on peut traduire par « 90 ans, vilaine, n’abandonnera pas ». La réutilisation du « nasty women » (vilaine femme) a été très populaire lors de la marche. Cette insulte, lâchée par Trump à l’égard de Clinton, a été récupérée par les féministes américaines. Elle représente le droit des femmes d’être déterminées, agressives, compétitives, dissidentes. Elle lutte contre l’image de la femme douce, diplomate et dans le rang. Et elle rappelle que les femmes sont prêtes à lutter contre ce qui s’en vient.

Plusieurs pancartes rappelaient les moments clés de la campagne de Trump. Comment oublier le mur entre les États-Unis et le Mexique? Cet homme propose plutôt de construire un mur entre la religion et l’État, amenant du coup à l’avant-plan une considération relativement peu présente sur la place publique américaine. Il semble encore plutôt tabou de critiquer la religion aux États-Unis; même Obama référait à Dieu dans ses discours. L’homme sur la photo arbore également la tuque rose, portée par plusieurs lors de la manifestation, connu sous le nom de « pussy hat ».

Ce chapeau réfère à la fameuse invitation (yark) de Trump à attraper les femmes par la chatte (« grab them by the pussy »). Plusieurs signes ont repris ce commentaire, à leur façon : qu’on peut traduire par « j’aime attraper ma femme par son doctorat », redonnant de l’importance à l’intelligence des femmes; ou « voici comment un vrai homme tient une chatte ».

Finalement, je conclus par un signe difficile à traduire, qui reprend la célèbre phrase de Mary Poppins, supercalifragilisticexpialidocious et résume bien tous les défauts attribuables au nouveau président et sa cohorte de suiveux. Et ça nous rappelle que la haine n’est jamais bien loin de la couardise.

Ou bien, plus simplement, « c’est fucké, cette merde ».

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Myriam Thériault
Myriam Thériault

Je m’appelle Myriam Thériault, et depuis que j’ai quitté ma Côte-Nord natale, mes études en développement social et développement territorial m’ont amenée à voir les quatre coins du Québec, pour aboutir chez Communagir, à Montréal, comme chargée de projet et de recherche. Dans les dernières années, je suis passionnée par l’idée de faire un pont entre les différents types de savoirs (d’expérience, pratiques, scientifiques) et contribuer bien modestement à l’avancement du développement collectif par l’ancrage concret de la recherche universitaire! En tant que fouine, je vais donc fouiller pour vous dans des publications, des conférences ou des communications, avec toujours la même question derrière la tête : comment ça peut parler aux praticiens, aux citoyens, aux acteurs du développement collectif dans les changements qu’ils vivent actuellement?