Les Gentils, Les Méchants….

Non! Ce texte n’a rien à voir avec la chanson de Michel Fugain. Il a plutôt beaucoup à voir avec la polarisation que je constate dans la société actuellement. On le rapporte à tous les jours, toutes les semaines, dans tous les domaines…. On est gentil ou on est méchant! L’un ou l’autre. Rien entre les deux! Pas de nuances, pas de demi-mesure!

Les Méchants, ils sont nombreux… Il y a eu d’abord les méchants employés municipaux, leurs conditions de travail incompréhensibles et leur fond de pension indécent. Il y a eu aussi ces médecins spécialistes et leurs augmentations salariales égoïstes, il y a encore les médecins omnipraticiens qui ne travaillent que la moitié du temps face à une population sans secours, il y a bien sûr ces enseignants qui n’ont pas assez de travail et ma foi, deux mois de vacances chaque année à l’été, ces fonctionnaires gâtés, ces syndicalistes inutiles qui abusent du système, ces groupes environnementaux qui veulent nous faire reculer à l’âge de pierre, ces étudiants turbulents qui ne comprennent pas quand on affirme agir pour leur bien futur, ces commissions scolaires ou les élus municipaux qui ne savent pas gérer, qui utilisent mal les taxes que tout bon et gentil citoyen paye, à partir du tribut de son dur labeur. Même les aînés abusent en ne payant pas leur juste part des maigres services qu’ils reçoivent dans leur CHSLD…. Méchants je vous dis, ils sont tous méchants!

Face à ces sinistres personnes, heureusement, il y a quelques Gentils, bien nantis. Ils sont remarquables ces gentils, eux ils savent! Ils savent quoi faire en tout temps, imposer les orientations sans discussions, proposer les sacrifices qu’il faut pour le bien de tous, sacrifices qui bien entendu ne les concernent pas, eux si gentils qui vont rétablir la situation. Ils sont gentils ces banquiers avec leurs milliards de profits non imposés, ces exploitants miniers prospères qui ne payent pas de redevances, ou si peu, mais qui ont fait travailler par centaines les méchants travailleurs syndiqués. Ils sont gentils ces gens du Patronat qui du haut de leur tour d’ivoire très urbaine proposent de fermer des villages pour cause de non-rentabilité ou encore ces Conseils d’administration qui profitent de tous les détours fiscaux pour sauver leurs millions et ainsi éviter de contribuer à la société dans laquelle ils vivent pourtant…

Mais à force de camper les uns et les autres dans des rôles prescrits, et disons-le, de nous complaire dans le rôle qui nous a été attribué, le risque devient grand de briser définitivement les liens qui nous unissent encore et de perdre complètement de vue que c’est tous ensemble que nous bâtissons une société. Notre société! Une collectivité qui a besoin de tous ses éléments, banquiers comme syndicalistes, environnementalistes comme gens d’affaires, élus à l’écoute aptes à faire les arbitrages nécessaires en tout respect des populations qui les ont portés à leur fonction comme tous les travailleurs, étudiants, professionnels, aînés qui enrichissent notre monde.

Et si, entre les gentils et les méchants, on se donnait vraiment un espace de dialogue, de discussion, de débats? Si on partageait ensemble les défis qui sont les nôtres afin de trouver des solutions, moins radicales mais plus durables, au plus grand bénéfice de tous?

Mais pour ça, il faudrait que les Gentils le veuillent bien….

 

Qui c’est qui est très gentil? Les gentils.
Qui c’est qui est très méchant? Les méchants.

Qui a tous les premiers prix? Les gentils.
Qui roupille au dernier rang? Les méchants.

Qui fait des économies? Les gentils.
Et qui gaspille son argent? Les méchants.

Qui c’est qui vend des fusils? Les gentils.
Qui c’est qui se retrouve devant? Les méchants.

Michel Fugain et le Big Bazar

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Claire Bolduc
Claire Bolduc

Ancienne présidente de l’Ordre des agronomes du Québec, madame Bolduc représente bien le nouveau visage de la ruralité québécoise. Mère de quatre enfants, jeune grand-mère également, elle exploite, à Ville-Marie au Témiscamingue, un vignoble avec son conjoint.    Présidente de Solidarité rurale du Québec de mars 2008 à mai 2016, elle a milité pour que soit reconnue la juste place de la ruralité dans l’ensemble sociétal. Au cours de son mandat, elle a défendu la vision d’un territoire en partage et complémentaire, où les communautés rurales ont un rôle déterminant à jouer pour l’avenir du Québec. Elle connaît en outre bien le Québec rural, pour l’avoir parcouru afin de réfléchir avec les ruraux aux prochaines phases de développement du Québec rural.    Madame Bolduc cumule une trentaine d’années d’implication citoyenne dans les domaines agricole, rural, environnemental, éducatif et du terroir. En plus d’avoir assumé la présidence de son ordre professionnel, Madame Bolduc s’est impliquée auprès de Solidarité rurale du Québec de 2002 à 2006 et elle était, jusqu’à décembre 2007, présidente du Conseil des appellations agroalimentaires du Québec. Elle a également occupé plusieurs postes de responsabilités au sein d’organismes publics en environnement et en agriculture.