Le Québec et les pactes de transition

Selon les dictionnaires français, un pacte est un accord ou une convention solennelle entre deux ou plusieurs parties, États ou particuliers.

Il y a fort longtemps que, dans de vieux écrits des pays étrangers, on apprend que l’exploitation des richesses des autres pays remontent au XIVe siècle.

L’histoire documentée de l’exploitation française commence en 1508, sous l’ordre du roi de France qui veut créer des colonies dont le mandat est l’exploitation des ressources naturelles de ce grand pays d’Amérique : bois, blé, fourrures, pêches, etc. Pendant 100 ans, les colonies françaises fournissent des richesses à leur patrie. Puis, il est décidé de passer de l’exploitation à la colonisation (fondation de la ville de Québec en 1608).

Ces succès français intéressent les Britanniques. Il en résulte de sérieux affrontements guerriers entre les colonies françaises et les colonies anglaises. Finalement, au début des années 1760, les Britanniques s’emparent du Québec par la force de leurs armées.

Heureux de cette victoire, le roi d’Angleterre souhaite le départ des colons français vers la France, leur pays d’origine. Il souhaite un Québec reconnu comme étant une «propriété anglaise», ce qui sera confirmé dans une déclaration solennelle et royale. Quant aux colons français, ils refusent une autre guerre. Ils préfèrent plutôt la formation d’un pacte. Ils soumettent leurs demandes au Anglais :

  1. Le droit de résidence au Québec.
  2. Le droit de la pratique de leur religion (catholique).
  3. Le droit de faire du français la langue du groupe.
  4. Le pouvoir de posséder quelques lots de terre pour permettre aux colons français de survivre.

Autrement dit, avoir le pouvoir de protéger leur culture et leur façon de vivre. Ils proposent de prendre en charge leur groupe et de ne pas intervenir dans le monde des affaires. Il en résulte un territoire partagé entre les anglais et les Français, chacun assurant le mieux-être de ses citoyens et citoyennes.

Le roi d’Angleterre, constatant que les Anglais ne comptent que 2 % de la population et craignant non pas une guerre, mais une révolution civile si les demandes françaises sont refusées, accepte les demandes des Français. Québec se distingue grâce à son pacte et devient un coin de pays catholique, français et… agricole.

Les Français ont compris qu’une nation progresse lorsqu’elle est «tissée serrée», c’est-à-dire lorsque l’ensemble des citoyens réunis dans un pacte choisissent la solidarité afin d’assurer non pas seulement un bon produit intérieur brut, mais surtout un «BIB», un «bon bonheur brut».

La solidarité des Québécois

Ainsi, les Québécois ont survécu à la conquête des Anglais grâce à la solidarité. Et ils ont sauvé leur nationalité grâce à leur grand nombre. Ils ont choisi l’union – puisque l’union fait la force! C’est donc un pacte qui a créé le Québec! Nos ancêtres ont démontré qu’ils connaissaient les mérites du vivre ensemble. Ils ont aussi compris qu’une nation progresse vraiment lorsqu’elle est «tissée serrée», c’est-à-dire lorsque tous ses citoyens et citoyennes partagent les mêmes projets et les mêmes choix. Lorsqu’ils reconnaissent les avantages du «vivre ensemble». Du communagir.

Les membres du pacte, respectueux de leurs engagements, ont démontré, tout en respectant leurs engagements (Je me souviens!), leur capacité de vivre l’Acte de Québec (1774), l’Acte constitutionnel (1791), l’Acte d’Union (1840), la création de la fédération canadienne (1867), deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945), le krach boursier de 1929, et la création de l’ONU…

Plus tard, il grandira à l’appel d’un autre pacte – celui de la Révolution tranquille -, toujours inspiré par la solidarité et le désir d’être maître chez lui, grâce à un modèle québécois et d’une démocratie sociale.

Le premier pacte de transition a influencé l’ensemble des structures sociales du Québec menant à l’établissement d’une culture québécoise : une culture démocratique par le droit humain à l’égalité et à l’importance du communagir.

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Claude Béland
Claude Béland

Je suis un avocat devenu président du Mouvement Desjardins. Une carrière d’une cinquantaine d’années au service du coopératisme. Une première étape en cabinet privé, ensuite à la Fédération des caisses d’économie et ensuite dans le réseau des caisses populaires. Retraité, je demeure actif comme consultant auprès des entreprises de l’économie sociale. Professeur associé à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, j’ai présidé les États généraux sur la réforme des institutions démocratiques. Je suis président du conseil d’administration de la Fondation Lionel Groulx et du Conseil d’éthique de l’industrie des boissons alcooliques. Conférencier et auteur de plusieurs livres, je participe à de nombreux débats sur les défis contemporains.