Partagez-vous? La réponse est oui, certainement. Tous les jours.

Le partage fait partie de nos vies quotidiennes, nous partageons nos joies, nos peines, nos corvées, nos repas, nos coups de coeur, nos colères, nos recettes, nos bonnes idées, notre temps, notre expertise, nos pratiques, nos savoirs, la liste est longue. On apprend aux enfants à partager tôt dans leur vie car du partage naît la sociabilité ou l’art de vivre en société. L’idée de partager ne date pas d’hier.

Avec la révolution numérique, voilà que le mot partage n’a jamais été si présent dans nos vies. Avec Facebook, Instagram, Twitter, on partage sous toutes les coutures et sur tout ce qui nous passe par la tête dans l’instant présent. Des centaines de nouvelles plateformes sont apparues et d’autres naissent à chaque semaine, pour échanger nos biens, nos photos, nos maisons, nos autos, nos outils, nos objets utiles, multiplication à l’infini des apps, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Elles nous facilitent la vie et nous relient les uns aux autres. Sans compter la mutualisation des espaces de travail et des processus de création appelée aussi économie collaborative.

Ces nouveaux outils ont agrandi le cercle des amis et démultiplié les occasions de consommer et de travailler différemment en partageant. L’économie de partage à grande échelle est née. Tout le monde partage parce que tout se partage et chacun le fait sur une base volontaire selon ce qu’il a à offrir. Bon pour l’écologie, bon pour l’économie, bon pour le citoyen. N’était-ce pas ce qu’exprimait la célèbre phrase : « à chacun selon ses capacités, de chacun selon ses besoins », formule qui suppose qu’il y ait abondance de choses à partager, égalité dans la capacité de le faire selon un principe de réciprocité et expression d’un très haut niveau d’éthique et de responsabilité individuelle et collective.

Le fait est que nous sommes encore très loin de cet idéal… louable en théorie mais qui nous semble inatteignable intégralement en pratique. L’abondance existe, mais elle n’est pas bien partagée, l’égalité aussi mais il y a encore beaucoup d’inégalités. Quant à l’éthique, elle devient une valeur de plus en plus recherchée dans nos comportements humains mais est trop souvent absente chez les citoyens, comme chez nos élus et nos dirigeants.

La réciprocité est l’ingrédient essentiel de l’économie de partage. Peut-on utiliser le mot partage quand il s’agit d’une transaction entre une personne et une multinationale? Peut-on parler de réciprocité quand il s’agit d’une transaction qui se substitue aux cadres règlementaires conçus pour le bien collectif auxquels tous acceptent de se soumettre? Peut-on parler d’éthique et de responsabilité collective quand on ne prend pas en compte les règles fiscales et la législation imposées par l’État à tous? La réponse est non. Économie sauvage plutôt que de partage.

Reste qu’il y a quelque chose de très prometteur dans l’économie de partage parce qu’elle est fluide, conviviale et crée du lien entre les personnes qui s’échangent des biens et services, des compétences et du temps. Reste qu’on n’arrête pas le progrès et que cette nouvelle économie apporte de l’innovation, plus de choix, plus de fluidité et peut nous inciter à renouveler des cadres devenus trop rigides. À condition que…

Si les mots ont encore un sens, parlons d’économie de partage pour le partage basé sur la réciprocité de citoyen à citoyen et, pour le reste, trouvons les mots appropriés : économie de la demande et quoi d’autre?

Et au-delà des mots, que les règles soient les mêmes pour tous afin que tous profitent du potentiel qu’offre l’économie de partage et que les liens qui nous lient les uns aux autres soient démultipliés au profit d’une plus grande humanité.

Mots clés : Économie de partage, Économie collaborative, Ééciprocité

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Lyse Brunet
Lyse Brunet

Je suis Montréalaise pure laine et Charlevoisienne d’adoption. Je navigue sur la 20 et la 138, ma vie se passe entre ces deux pôles. J’ai quitté le travail à temps plein il y a deux ans, après une vie professionnelle bien remplie. Aujourd’hui je veux «accompagner et transmettre». Après m’être consacrée à l’action sur le terrain, à une époque où l’action communautaire était dans sa phase de structuration initiale, je me suis retrouvée dans la peau du bailleur de fonds comme vice-présidente développement social à Centraide du Grand Montréal pendant 11 ans. Les tables de quartier de Montréal, l’initiative 123 Go, la formation en leadership rassembleur, le chantier de revitalisation du quartier Saint-Michel ont été des projets où je me suis beaucoup investie. J’ai ensuite mis en place et dirigé l’organisme Avenir d’enfants, une initiative conjointe de la Fondation Lucie et André Chagnon et du gouvernement du Québec qui met l’action collective au coeur de sa stratégie. Je continue de m’impliquer dans plusieurs organisations. J’accompagne des jeunes de la relève, des entrepreneurs sociaux qui m’inspirent et que j’essaie d’inspirer! Je continue… peut-être que je ne suis pas capable d’arrêter! Ce qui m’inspire : La capacité des humains de relever les défis de société quand ils s’y mettent collectivement.