Le dialogue, c’est bâtir sur nos divergences!

Bien qu’il s’agisse d’une démarche constructive, le dialogue n’est pas sans provoquer le débat, les valeurs, la subjectivité et les sentiments, voire les préjugés et les stéréotypes.

Il me semble assez évident que la rapidité avec laquelle nous communiquons désormais avec les autres a réduit grandement la qualité de nos échanges. Par exemple, quoi de pire qu’un texto mal envoyé pour créer un malaise impardonnable… ou un échange de courriels de groupe où beaucoup trop d’informations mal présentées créent la confusion la plus totale. La plupart du temps, une discussion en personne s’avère ensuite nécessaire pour remettre les pendules à l’heure et rétablir les faits. Finalement, le temps que nous sauvons à communiquer plus vite, nous le perdons à nous reprendre, nous excuser, nous expliquer.

Dans la sphère privée comme dans l’espace public, nous ne prenons plus le temps de nous communiquer. Que dire des débats de société qui se font sur les réseaux sociaux à partir des téléphones intelligents? Instantanés, émotifs, sans nuance et souvent superficiels. Je me préserve personnellement de commenter les questions politiques ou sociales sur Facebook (bon, ça m’arrive parfois, comme tout le monde, et à ce titre, je ne fais pas mieux que personne). Ce n’est pas ce que j’appelle du dialogue. C’est plus souvent de la polémique plus que du débat de fond. Et d’ailleurs, qui prend vraiment la peine de lire longuement ceux qui se sont efforcés d’écrire le fond de leur pensée et d’étayer leur argumentaire sans faire de fautes d’orthographe? Je vous gagerais un 100$; pas grand monde.

Je me questionne souvent sur la contribution visée par les échanges sur les réseaux sociaux. Est-on davantage dans une démarche constructive ou plutôt dans une guerre de convictions? La deuxième option sans doute. Sur Facebook, on dit ce qu’on pense. Point. On demande rarement, très rarement, aux autres de nous faire part de leurs opinions dans le seul but de s’enrichir de leur apport à la réflexion. Les réseaux sociaux sont des exutoires qui font parfois sortir le pire en nous (les haters, n’est-ce pas la pire manifestation de cette facilité à fuir l’échange constructif ?).

C’est vrai, ce n’est pas facile de dialoguer. Les divergences d’opinions sont glissantes. On a peur de ce que les autres vont penser de nous. On a peur d’avoir trop l’air à droite ou trop à gauche. D’être raciste ou trop féministe… On a peur de se « peinturer dans un coin ». Alors je comprends les gens d’être plus à l’aise de dénoncer ou d’encenser vertement nos politiciens derrière un écran tactile. Ou les autres, nombreux, qui préfèrent se la boucler tout simplement pour ne pas avoir à justifier leurs opinions et à en débattre. Dialoguer, ça prend un certain effort. N’en doutons point.

Pourtant, c’est bien en se parlant qu’on se comprend n’est-ce pas? Commençons par nous faire convaincre par les autres. N’ayons pas peur de faire parler les opinions divergentes. Prenons le temps d’écouter et de lire. Il y a toujours des consensus quelque part, parfois modestes, sur lesquels on peut bâtir.

Trouvons ces consensus et édifions-les en solutions collectives.

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Karine Otis
Karine Otis

À 31 ans, j’ai parfois l’impression d’avoir le parcours d’une senior… Je suis pourtant encore une « floune » dans un monde majoritairement composé d’hommes et où des seniors, il y en a. Mon engagement collectif a pris racine au cégep, comme bien d’autres jeunes impliqués. Après avoir complété des études en sciences politiques et études urbaines ainsi qu’en sciences de l’environnement, je suis revenue m’établir dans ma région natale, la Côte-Nord. C’était en 2009. J’ai rapidement intégré le cercle des professionnels en développement régional. J’ai œuvré pendant 6 ans comme directrice du développement de l’offre chez Tourisme Côte-Nord. En 2013, j’ai également fait mon entrée au conseil municipal de Baie-Comeau. La plus jeune élue de l’histoire de notre ville, élue avec la plus forte majorité et avec le plus haut taux de participation. La jeunesse, ça intéresse. Récemment, j’ai quitté le conseil municipal à mi-mandat pour accepter le poste de directrice associée au développement industriel dans notre corporation de développement économique local associée à la MRC de Manicouagan. C’était le prix à payer pour agir dans ce domaine de développement si stratégique pour notre région. Au cours de l’automne dernier, j’ai aussi eu le privilège et l’honneur de me porter candidate lors d’une élection provinciale partielle qui avait lieu dans notre comté. Ce fut l’une des expériences les plus trépidantes de ma vie et cela m’a ouvert plusieurs portes. J’ai aussi constaté à quel point j’aime les gens. Le simple fait d’échanger avec mes semblables m’a comblée. Donc oui, j’ai parfois l’impression d’en avoir fait beaucoup et d’en connaître pas mal. Ce doit être le sentiment de puissance candide de la trentaine, avec l’arrogance innocente qui vient avec :-) Mais grâce à Nous.blogue, je compte bien me questionner, argumenter et surtout affûter notre vision (et surtout la mienne) du développement collectif. Confronter les idées, mélanger les ingrédients et amalgamer les visions. Ce sera une bonne recette. À Nous.blogue!