Nous travaillons actuellement sur les concepts d’influence et d’engagement dans le cadre de démarches collectives.   Ces recherches et explorations m’ont amenée vers le champ de la psychologie sociale et, plus précisément, vers deux concepts qui m’ont particulièrement intéressée.  Je vous les partage comme ça, juste pour le fun.

La dissonance cognitive

Il s’agit d’une théorie qui existe depuis une cinquantaine d’années et qui dit essentiellement que « […] lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances, cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance, qui, par la suite, tendra à être réduit, par exemple par une modification de ses croyances dans le sens de l’acte » [1] qu’elle a posé.

Autrement, si une personne agit ou est exposé à une information qui va à l’encontre de ses valeurs, elle finira par changer son point de vue, malgré son malaise initial.  La clef dans cette théorie, c’est l’action.  S’il n’y a pas d’action, la personne va choisir de se conformer pour ne pas ressentir le malaise.

L’influence minoritaire

C’est un certain Moscovici qui, en 1985, initie des travaux sur ce thème en cherchant une théorie qui expliquerait les grands mouvements sociaux.  Selon lui, les personnes qui étaient initialement vues comme déviantes de la majorité ont maintenant leurs codes propres[2] :

Moscovici décrit les styles de comportements adaptés aux groupes minoritaires contre-normatifs :

  • « L’investissement et la visibilité : La visibilité de l’implication est importante ainsi que la sincérité du sacrifice personnel et de la haute estime des buts poursuivis
  • L’autonomie : La conviction d’être libre de son choix et d’être à l’origine des idées avancées doivent être saillantes
  • La consistance: L’individu doit avoir des repères stables dans ses jugements et ses comportements
  • La rigidité: C’est la version dure de la consistance. Il faut adopté [sic] un modèle comportemental assuré pouvant parfois aller jusqu’à l’extrémisme
  • L’équité: Le comportement rigide pouvant entraîner le rejet, il est souvent nécessaire d’introduire de la réciprocité dans les relations où s’expriment les opinions divergentes. »

Avant lui, un certain Merton avait identifié que « lorsqu’un individu se sait l’objet d’une influence, il éprouve un sentiment d’ambivalence » qui diffère selon l’origine de la source d’influence.  Selon lui, lorsque la source d’influence provient de la majorité, « les individus expriment plutôt une attirance publique et une réserve ou une hostilité privée. »

Toutefois, « face à une minorité, les individus peuvent éprouver dans le même temps une hostilité publique, une admiration, voir même une envie privée. »

Pourquoi ces deux théories ont attirées mon attention?  Elles parlent toutes les deux de l’idée du malaise, de l’inconfort comme une clef et un défi, mais également de l’idée que le changement vient inévitablement d’un petit groupe de personnes non-conformistes, indépendantes et reconnues.

Ça m’a fait du bien.

 

Bonne Saint-Valentin à toutes et à tous!

 

Le saviez-vous?

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Dr. Sonia Lupien, directrice scientifique au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et directrice du Centre d’études sur le stress humain, les mauvaises nouvelles nous causent du stress.  En fait, selon une étude réalisée en 2012 sur 30 hommes et 30 femmes, si vous avez lu des nouvelles négatives ce matin et que vous êtes une femme, cela augmentera votre réactivité au stress pour le reste de la journée. Intéressant.

 

 

Crédit photo : Jon Tyson blogue

[1] [https://www.psychologie-sociale.com/index.php/fr/theories/influence/6-la-theorie-de-la-dissonance-cognitive]

 

[2] [https://www.psychologie-sociale.com/index.php/fr/theories/influence/7-de-l-influence-minoritaire-a-l-innovation]

 

 

 

 

 

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Marie-Denise Prud'Homme
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