La mobilisation des jeunes : un espoir de justice?

Alors que l’on fait état des prises de paroles inspirantes par des jeunes à la suite d’une énième tuerie au  pays de Trump, on peut se demander s’il y a des échos de mobilisations des jeunes Québécois à quelques mois  des élections provinciales du 1er octobre.

La mobilisation des jeunes a souvent été un ferment de changement dans la société et une génération de babyboomers rêve parfois d’une montée des mouvements de jeunes qui se traduisent dans les institutions politiques. Pensons à l’espoir déçu de 2012 alors que le mouvement de changement du printemps ne s’est pas traduit suffisamment dans les résultats politiques des élections de l’automne 2012 (Le PLQ n’a pas pris la débarque anticipée).

La désillusion des suites du printemps « érable » peut être décourageante lorsqu’on voit l’effet peu durable des mobilisations suscitées par les jeunes. Une réflexion s’impose sur les institutions politiques qui ne traduisent pas les mobilisations des jeunes. Est-ce à dire que les institutions ne correspondent pas aux modes d’expression des jeunes? Est-ce que la parole des jeunes ne porte pas dans la société générale? Peut-on penser que les enjeux politiques ne suscitent pas assez d’intérêt chez les jeunes pour les voir prendre d’assaut les urnes? Si les résultats électoraux à Montréal peuvent susciter un espoir de changement, peut-on pour autant en attribuer les résultats aux initiatives des jeunes?

Plusieurs programmes gouvernementaux, tant fédéral que provincial, visent à encourager l’engagement politique et citoyen des jeunes. Mais est-ce que ces programmes sont plus des pépinières de recrutement des partis politiques établis ou sont-ils une réelle occasion d’aprentissage des rouages politiques par les jeunes? Est-ce que les institutions politiques sont dépassées et inadéquates pour faire entendre des voix discordantes ou différentes?

Que faire pour entendre les voix des jeunes de la diversité sur les enjeux politiques? La valorisation des formes variées d’expression, culturelles, politiques, incluant l’action directe, semble être essentielle dans une société dont la jeunesse est un produit de la diversité.

Le Forum jeunesse de Saint-Michel, dans un quartier de Montréal où la moitié de la population est née hors Québec, semble être une voix inspirante par ses orientations : « On est là! On a une voix! Écoutez-nous! »  Cette initiative d’un jeune artiste un peu marginal permet à des jeunes de s’exprimer et de partager leur parole et leur vision du quartier avec les réseaux communautaires et même avec les élus, à tous les paliers de gouvernement.  Mais la prise de parole prend plusieurs formes et notamment les formes artistiques urbaines telles la peinture, les murales et les « tags », la musique, la danse, la poésie, la vidéo et le théâtre.  Certainement pas les mémoires en commission parlementaire!  Le défi des instituttions politiques c’est de pouvoir s’adapter « au terrain » comme aiment le dire les élus en campagne électorale. Mais le terrain qui ne se traduit pas aux urnes n’apporte pas souvent des changements politiques structurants! Donc, l’éducation populaire favorisant  une grande diversité de formes d’expression est fondamentale, mais elle doit se traduire par une éducation politique pour mieux comprendre les leviers du pouvoir et les faire bouger.

Si tout mouvement de la société civile doit commencer dans la « rue et le terrain » il doit se traduire dans les institutions politiques à un moment donné.

Quels sont les relais politiques à créer pour entendre et traduire la contribution des jeunes?

Voilà le défi !

Il faut donc poursuivre ce travail d‘éducation populaire au quotidien avec les jeunes et soutenir cette voix de sagesse dérangeante!

 

 

 

 

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Jean Panet-Raymond
Jean Panet-Raymond

Ce qui me fait bouger et écrire dans ce blogue: Les inégalités et les injustices croissantes, tant au Nord qu’au Sud, à l’Ouest qu’à l’Est, tant sur les plans social, économique, culturel, politique et environnemental. L’espoir d’un monde plus juste, durable, où mes petits enfants seront épanouis. Et ce monde je tente de le faire avec des jeunes allumés, qui ont soif d’apprendre et de faire ce monde, mais aussi avec des femmes, des familles, des plus vieux, de toutes origines.