Une illusion est une perception erronée dans la mesure où elle ne correspond pas à la réalité. Jugement ou opinion faussés, apparence trompeuse, en dehors de la réalité.

 Ça y est!! C’est parti! Nous sommes, une fois encore, projetés en pleine campagne électorale. Toutefois, ce qu’il y a de particulier avec la campagne que nous vivrons en 2018, c’est qu’elle ne durera pas que quelques semaines avant le Grand Jour… De fait, le cirque créé par ce remous électoral va plutôt se jouer sur plusieurs mois. Une occasion en or pour les politiciens de toutes allégeances de multiplier les sourires pour se montrer sous leur meilleur jour et pour faire miroiter les avantages de leur programme, de leurs idées… LEURS idées!

Je reste toujours étonnée de constater la nature des idées mises de l’avant par tout ce beau monde qui cherche à séduire… Des transports aux soins de santé, de l’environnement (timidement) au développement économique, on dirait que le slogan a plus d’importance que la réflexion qui a mené à l’énoncé des propositions. Et il faut le reconnaître, la réflexion se fait souvent bien courte, limitée à quelques initiés qui énonceront LA bonne idée. Au final, le trente secondes de visibilité aux nouvelles requerra la plus grande attention, et tant pis ensuite si ça ne tient pas la route…

Et il y a toutes ces rencontres que l’on cherche à multiplier, alors que pendant trois ans, on a plutôt joué à cache-cache avec les citoyens. Bonjours par-ci, poignées de mains par-là, dix secondes et on passe au suivant. Même pas le temps de demander, en regardant dans les yeux, comment, en tant que personnage politique, on peut aider. Encore moins le temps d’écouter la réponse… On nous donne l’illusion qu’on compte. Mais au final, ce n’est que notre vote qui compte, pas ce que nous vivons, pas qui nous sommes, pas nos réalités ou nos défis…

Le manque  de confiance entre les politiciens, au pouvoir ou non, et la population est à l’origine de bien des maux actuels, en commençant par le cynisme qui obscurcit tout le paysage politique. Mais cette notion de confiance pourrait aussi être porteuse de solutions.

Je l’ai dit et répété, en tant que citoyen du Québec, il est important de se mêler de nos affaires, il est urgent de la faire car cette campagne déjà largement amorcée est l’occasion de le faire! On a besoin de débats, pas de slogans et d’idées farfelues. Aujourd’hui, j’affirme plus que jamais qu’il est essentiel d’échanger et de débattre de ces questions qui font notre société et qui nous importent, à nous les citoyens et citoyennes. Qu’on en parle des transports, des soins de santé ou du développement, mais qu’on en parle sous l’angle des réalités et des besoins, pas seulement dans le sens des millions à dépenser ou des contrats à distribuer. De toute façon, ces questions-là viendront bien assez vite!

Débattre! Voilà qui nous obligeraient, tous, à réfléchir, et à entendre différents points de vue. Voilà ce qui nous obligerait à nous projeter en avant et à voir les choses autrement. Voilà surtout ce qui représenterait une campagne électorale axée sur la réalité, qui constituerait une petite révolution en soi. Voilà surtout ce qui ferait contrepoids à la Grande illusion de démocratie que l’on vit en ce moment. C’est une question de crédibilité.

À travers cette grande illusion qu’on veut nous donner de la démocratie, j’attends, encore, la personnalité politique qui sera reconnue pour son écoute attentive plutôt que pour son discours percutant. Et je garde espoir de voir émerger cette personnalité attendue!

En attendant, il nous appartient de favoriser et faciliter la réflexion politique et les vrais débats, constructifs, au-delà des discours vides et de l’illusion. Au final, c’est nous qui changeront la nature des hommes et des femmes qui font la politique parce que nous exigerons qu’ils soient différents et à la hauteur de nos rêves.

Mais pour ça, il faut d’abord cesser de croire à la grande illusion…

 

 

 

 

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Claire Bolduc
Claire Bolduc

Ancienne présidente de l’Ordre des agronomes du Québec, madame Bolduc représente bien le nouveau visage de la ruralité québécoise. Mère de quatre enfants, jeune grand-mère également, elle exploite, à Ville-Marie au Témiscamingue, un vignoble avec son conjoint.    Présidente de Solidarité rurale du Québec de mars 2008 à mai 2016, elle a milité pour que soit reconnue la juste place de la ruralité dans l’ensemble sociétal. Au cours de son mandat, elle a défendu la vision d’un territoire en partage et complémentaire, où les communautés rurales ont un rôle déterminant à jouer pour l’avenir du Québec. Elle connaît en outre bien le Québec rural, pour l’avoir parcouru afin de réfléchir avec les ruraux aux prochaines phases de développement du Québec rural.    Madame Bolduc cumule une trentaine d’années d’implication citoyenne dans les domaines agricole, rural, environnemental, éducatif et du terroir. En plus d’avoir assumé la présidence de son ordre professionnel, Madame Bolduc s’est impliquée auprès de Solidarité rurale du Québec de 2002 à 2006 et elle était, jusqu’à décembre 2007, présidente du Conseil des appellations agroalimentaires du Québec. Elle a également occupé plusieurs postes de responsabilités au sein d’organismes publics en environnement et en agriculture.