Je ne mentirai pas sur mon âge

Dans un avenir pas si lointain, sans cachette ni trompette, j’aurai 50 ans. Selon l’espérance de vie moyenne, j’ai déjà franchi la moitié de la mienne. Une belle aventure! Ce qui me désoriente dans ce constat, ce n’est pas le chiffre de mon âge, mais le fait que tout semble tourner pour la jeunesse. Ne voyez pas là une pointe de jalousie, mais plutôt un désir de mettre en valeur la force de l’expérience. À mi-parcours entre la jeunesse et la vieillesse, je porte un regard sur mon passé, mais surtout sur la façon dont j’ai envie de vivre mon futur.

Tout cela a commencé il y a un an alors que je participais à l’activité Mûr.e pour entreprendre, organisée par Présâges, et qui portait sur les multiples visages du vieillissement, dont celui de la participation sociale par l’entrepreneuriat. Jamais jusqu’à ce jour nous n’avions osé parler ouvertement d’entreprendre au moment de la retraite. L’image des start-up ne ressemble pas du tout à celle d’un groupe de têtes blanches.

D’ailleurs, c’est quoi la retraite? Le journaliste et auteur Carl Honoré [connu pour son livre Éloge de la lenteur] s’est aussi posé cette question. Il publie cette année un livre, Bolder, qui nous amène à revoir notre perception du vieillissement et de la retraite. Dans un article fort intéressant paru dans Le Devoir (11 février 2019), il affirme d’ailleurs « qu’il va falloir se diriger vers une conception plus fluide de l’âge, en intégrant l’idée qu’il est possible d’apprendre de nouvelles choses à 0 comme à 90 ans ». J’adore cette idée! Je n’ai pas du tout envie d’envisager mon autre moitié de vie en pensant au déclin.

Comme ce que je connais le plus c’est l’économie sociale, j’ai envie d’explorer le croisement entre « entreprendre collectivement » et « retraite » afin de savoir quel heureux mélange cela peut donner. Et le trip ultime serait de croiser les générations dans ce désir d’entreprendre pour le bien commun. Il me semble que le vivre ensemble prendrait alors tout son sens.

Je dois vous faire un aveu. Jeune, je pestais contre les plus âgés que moi, pour leurs connaissances, leur sagesse, leur savoir-faire. Je voulais aller vite, savoir tout faire, comme si j’avais tout vécu. Heureusement, j’ai croisé des gens formidables qui m’ont transmis leur expérience… et m’ont appris à devenir patiente. Et voilà que j’y arrive à ce moment tant attendu. Suis-je plus patiente? Je ne sais pas. Mais, chose certaine, j’ai envie de prendre le temps. Celui de découvrir, d’explorer, de m’inspirer sans fin. J’ai d’ailleurs un rendez-vous avec une bande de retraités ce vendredi. Peut-être que nous entreprendrons quelque chose de nouveau. Ça s’annonce excitant!

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1 Commentaires

  1. Oui Lynn la retraite n’est pas une fin en vieillissant, c’est plutôt une autre façon de vivre pour faire des projets, développer des passions et réaliser des rêves que nous n’avions pas le temps durant la période active de travail. C’est bientôt le temps pour Toi de réaliser les tiens. 👋

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Lynn O'Cain
Lynn O'Cain

Originaire de la Montérégie, je vis en Mauricie depuis maintenant 23 ans. J’y suis arrivée pour les études. J’y suis restée par amour. J’ai plongé dans l’économie sociale et le développement territorial par hasard. J’y suis restée par conviction. Je suis convaincue que le développement collectif est ce qu’il y a de mieux pour assurer l’avenir de nos communautés. Pour que chaque quartier, chaque municipalité, chaque collectivité puisse s’épanouir de façon durable, nous devons travailler ensemble. Je crois fondamentalement que nous avons mutuellement besoin les uns des autres. Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel de poursuivre la collaboration entre les acteurs de la société civile et les élus pour construire l’avenir de nos régions.