À notre époque, la religion chrétienne n’a pas vraiment la cote, nous le savons tous. Il y déjà longtemps qu’elle a été remplacée par d’autres cultes comme l’avancement scientifique, économique et technologique. Qui plus est, le rejet massif de l’Église par les Québécois caractérise notre société depuis la Révolution tranquille.

N’empêche, chaque Noël, je me replonge dans le film Jésus de Nazareth comme lorsque j’avais
6 ans. Quel bonheur! Noël est pour moi comme pour d’autres le seul moment de l’année ou je me reconnecte quelques instants avec les valeurs profondes que m’a appris la religion chrétienne : l’amour de mon prochain, le recueillement, la charité, l’humilité… Et je tente chaque fois d’entraîner avec moi la fille de mon chum, 9 ans, pour qui YouTube a beaucoup plus d’intérêt que l’histoire du Christ et que la décoration de l’arbre de Noël et de la crèche (oui, les crèches existent encore, mais sont de plus en plus difficiles à trouver en magasin). Et pourtant, je sens que chaque année, je réussis à lui inculquer un peu plus de cette spiritualité et de ce sens profond que j’associe à cette grande fête qui nous est chère.

Je ne suis pas religieuse, pas très « catholique » en fait, mais je crois que la quête de sens fait partie de chacun de nous. Pas besoin d’entrer en crise existentielle pour réaliser un jour que vivre, c’est aider les autres, créer de l’amour, grandir dans les épreuves difficiles et contribuer à bâtir un monde meilleur pour les générations futures.

Alors quand mon fils est venu au monde, c’était fondamental pour moi de le faire baptiser. Je souhaitais par là le faire entrer dans une grande famille spirituelle qui partage des valeurs communes et qui les prône au quotidien. Je désire que mon garçon ait un cadre de référence spirituel et religieux. Je veux qu’il apprenne à le connaître et qu’il le façonne pour le mettre à son image. Je veux qu’il incarne ce patrimoine immatériel que nous ont transmis les générations précédentes et qu’il le transmette à son tour à la génération suivante. Il fera ses cours de catéchèse, fera ses sacrements et ensuite deviendra un adulte qui connaîtra sa religion. Il pourra la critiquer, mais il ne la rejettera pas. Car dans toutes les religions se trouve un cadre spirituel qui peut grandir en l’absence du culte et des dogmes. Et il aura les outils qu’il faut pour le faire.

Incroyable tout de même que ce qui a nourri les grandes valeurs universelles de l’humanité soit à ce point sur le bord de l’oubli et du désintéressement le plus total. Bien que le cheminement religieux ne se soit pas poursuivi au-delà du baptême pour la fille de mon chum, j’ai tout de même entrepris de lui montrer comment se recueillir à sa façon : faire un vœu, serrer son porte-bonheur et lui confier ses rêves, ses peurs et ses doutes, allumer une bougie et avoir une pensée pour les autres moins chanceux qu’elle. Ce n’est pas toujours simple d’aborder cela avec elle, mais je sens que ça lui fait toujours du bien. Je sens que c’est bon pour elle, tout comme c’est bon pour moi. Partager un moment de recueillement avec quelqu’un, c’est créer une intimité et un rapport privilégié avec l’autre.

Avec mon fils, j’ai bien l’intention de m’impliquer de mon mieux dans ce processus qu’il entamera avec l’Église, même si cela exigera de moi que me déconcentre sporadiquement des autres Dieux que sont  l’argent, l’ambition, la consommation…

Mais après tout, le véritable défi n’est pas si dur à surmonter : apprendre à équilibrer nos vies entre les impératifs déterministes du quotidien et la quête de sens moral à travers nos faits et gestes. Il faut aussi savoir s’arrêter, prendre du recul, grandir et apprendre à mieux vivre tous les jours.

C’est cliché à dire, mais Noël est le meilleur moment de l’année pour raconter l’histoire de Jésus à nos enfants, pour expliquer pourquoi ce personnage a marqué le monde et pourquoi il est un modèle universel. À défaut de parler de religion, Noël demeure le meilleur moment pour enseigner la spiritualité à nos enfants et à soi-même. Alors, pourquoi ne pas prendre un moment pour discuter avec eux de certaines valeurs et comportements que nous souhaitons valoriser ? La solidarité, l’empathie, le respect, l’égalité, l’amitié ne sont-ils pas de beaux sujets qui méritent un peu de réflexion et d’échanges ?

 

Bon. Je m’arrête ici. Je croirais parler comme ma grand-mère!

 

Joyeux Noël à tous !!

 

 

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Karine Otis
Karine Otis

À 31 ans, j’ai parfois l’impression d’avoir le parcours d’une senior… Je suis pourtant encore une « floune » dans un monde majoritairement composé d’hommes et où des seniors, il y en a. Mon engagement collectif a pris racine au cégep, comme bien d’autres jeunes impliqués. Après avoir complété des études en sciences politiques et études urbaines ainsi qu’en sciences de l’environnement, je suis revenue m’établir dans ma région natale, la Côte-Nord. C’était en 2009. J’ai rapidement intégré le cercle des professionnels en développement régional. J’ai œuvré pendant 6 ans comme directrice du développement de l’offre chez Tourisme Côte-Nord. En 2013, j’ai également fait mon entrée au conseil municipal de Baie-Comeau. La plus jeune élue de l’histoire de notre ville, élue avec la plus forte majorité et avec le plus haut taux de participation. La jeunesse, ça intéresse. Récemment, j’ai quitté le conseil municipal à mi-mandat pour accepter le poste de directrice associée au développement industriel dans notre corporation de développement économique local associée à la MRC de Manicouagan. C’était le prix à payer pour agir dans ce domaine de développement si stratégique pour notre région. Au cours de l’automne dernier, j’ai aussi eu le privilège et l’honneur de me porter candidate lors d’une élection provinciale partielle qui avait lieu dans notre comté. Ce fut l’une des expériences les plus trépidantes de ma vie et cela m’a ouvert plusieurs portes. J’ai aussi constaté à quel point j’aime les gens. Le simple fait d’échanger avec mes semblables m’a comblée. Donc oui, j’ai parfois l’impression d’en avoir fait beaucoup et d’en connaître pas mal. Ce doit être le sentiment de puissance candide de la trentaine, avec l’arrogance innocente qui vient avec :-) Mais grâce à Nous.blogue, je compte bien me questionner, argumenter et surtout affûter notre vision (et surtout la mienne) du développement collectif. Confronter les idées, mélanger les ingrédients et amalgamer les visions. Ce sera une bonne recette. À Nous.blogue!