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Il était une fois, cinq personnalités qui discutaient de l’avenir du Québec. De cette discussion émergeait un constat : que les Québécoises et les Québécois sont toujours capables de se tenir debout, comme le démontraient les fortes mobilisations pour s’opposer à des injustices, à l’austérité, à des projets insensés comme un oléoduc ou pour simplement défendre un acquis essentiel. Bref, que les citoyens et citoyennes du Québec savaient reconnaître ce qu’ils ne veulent pas. Mais le constat allait plus loin. Au-delà d’une juste opposition à des projets et des politiques néfastes, les Québécoises et Québécois n’étaient pas en mesure de dire quel Québec ils veulent construire. Pour proposer, débattre d’un projet de société et de leur avenir, ces mêmes citoyens avaient perdu la flamme…

Il était une fois une proposition de dialogue social, faisant place à tous ceux et celles voulant y contribuer, pour couper court aux mêmes débats entre les mêmes personnes qui s’échangent les mêmes arguments, et qu’on multiplie ad nauseam sur toutes les tribunes. L’idée derrière ce dialogue était de donner la parole à la population afin qu’elle puisse apporter ses solutions sur les enjeux qui la concerne. Ce dialogue allait se faire partout au Québec, afin d’écouter ce que les gens de toutes les régions et de toutes les communautés ont à dire. Ce dialogue allait aussi se faire en renouant avec une pratique qui a fait ses preuves, celle des assemblées de cuisine. Une formule qui permet que l’on prenne le temps de se parler, de poser des questions franches et de discuter en profondeur

Il était une fois cinq personnalités, qui devinrent bientôt neuf, tous interpellés par les grands enjeux auxquels le Québec tout entier fait face : démocratie, régions, éducation, santé, culture, développement économique, Premières-Nations, diversité culturelle, indépendance, environnement.

Il était une fois Faut qu’on se Parle!! Une discussion politique non-partisane. Un exercice unique!

Quelle aventure! Bien sûr, ce n’est pas la première fois que les gens du Québec se parlent. Bien sûr, il existe d’autres lieux de débats. Mais il faut le reconnaître, Faut qu’on se parle arrive à un moment crucial, après une période noire d’austérité et de désillusion, après une vague gigantesque de coupures et de replis sur soi. Le collectif met de l’avant une proposition qui facilite la parole et brise l’anonymat des réseaux sociaux pour entrer dans la réalité et le cœur des gens.

Que ces échanges sont riches, beaux, variés! Des jeunes familles aux entrepreneurs, des environnementalistes aux aînés, des élus locaux aux immigrants, des professionnels aux enfants, tous ont des idées à émettre… mais surtout une écoute attentive aux autres.

Et des idées, il y en a, quelques grandes, mais surtout des petites idées toutes simples pour changer, améliorer le quotidien. Comme cette idée de revenir à l’essence de l’institution qu’est le député, pour qu’il joue pleinement son rôle de représentant de ses commettants. Et ça ne coûte rien d’autre que l’énergie des citoyens pour ramener à l’avant-scène qu’être député ça ne repose pas sur la discipline ou la ligne d’un parti politique mais sur la présence et l’écoute que l’élu aura envers ses commettants et comment il traduira cette écoute dans les décisions prises.

Il y a aussi cette autre idée pour l’environnement : promulguer une loi contre l’obsolescence programmée. Pour empêcher que nos appareils cessent de fonctionner non par usure mais parce qu’ils sont programmés pour arrêter d’être utiles et obliger ainsi leur remplacement. Encore une idée qui ne coûte rien sauf l’énergie pour y arriver… Des solutions, il y en a plein! Toutes ancrées dans les réalités et le gros bon sens.

Et il y a cette réflexion, universelle, essentielle, qui met l’éducation au sommet de toutes les priorités. Et pas seulement en termes de rénovation de locaux ou de charge de travail des enseignants et enseignantes. On propose une éducation qui facilite l’ouverture d’esprit, qui mise sur la créativité, qui permet l’authenticité au lieu de viser l’uniformité à tout prix. Une éducation qui permet de vraiment construire les citoyens de demain pour édifier une société inclusive et prospère pour tous.

Tous ces échanges se déroulent dans la bonne humeur, la générosité, l’humour parfois. Et le bonheur des participants et participantes est manifeste.

Mais au-delà des échanges et des idées, il y a des personnes de toutes provenances qui se remettent à penser qu’elles sont partie prenante d’une société, qui comprennent que c’est possible de se mêler de ses affaires, que ce n’est surtout pas si compliqué que ça. Des personnes qui saisissent aussi qu’il est possible de se donner un projet de société qui nous ressemble parce qu’on y a mis du sien. Qu’on a le droit de parole et d’action. Et cette prise de conscience-là, elle peut changer le monde. D’ailleurs elle l’a déjà changé!

Oui, Faut vraiment qu’on se parle, mieux et plus souvent.

Parce qu’au Québec, il était une fois quelque chose comme un grand peuple!

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Claire Bolduc
Claire Bolduc

Ancienne présidente de l’Ordre des agronomes du Québec, madame Bolduc représente bien le nouveau visage de la ruralité québécoise. Mère de quatre enfants, jeune grand-mère également, elle exploite, à Ville-Marie au Témiscamingue, un vignoble avec son conjoint.    Présidente de Solidarité rurale du Québec de mars 2008 à mai 2016, elle a milité pour que soit reconnue la juste place de la ruralité dans l’ensemble sociétal. Au cours de son mandat, elle a défendu la vision d’un territoire en partage et complémentaire, où les communautés rurales ont un rôle déterminant à jouer pour l’avenir du Québec. Elle connaît en outre bien le Québec rural, pour l’avoir parcouru afin de réfléchir avec les ruraux aux prochaines phases de développement du Québec rural.    Madame Bolduc cumule une trentaine d’années d’implication citoyenne dans les domaines agricole, rural, environnemental, éducatif et du terroir. En plus d’avoir assumé la présidence de son ordre professionnel, Madame Bolduc s’est impliquée auprès de Solidarité rurale du Québec de 2002 à 2006 et elle était, jusqu’à décembre 2007, présidente du Conseil des appellations agroalimentaires du Québec. Elle a également occupé plusieurs postes de responsabilités au sein d’organismes publics en environnement et en agriculture.