Du « JE » au « NOUS » qui me collectivise!

NOUS ! Mot qui implique que je fais partie d’un groupe à qui je m’associe pour m’identifier et agir : nous avons – nous sommes – nous faisons – etc. Je me suis alors fait la réflexion que « nous » a une signification collective. Jusque là, c’est assez simple.

Donc, il va de soi qu’à partir du moment où je sors de ma bulle pour être en contact avec d’autres personnes et que je me sens partie prenante de l’action, mon « JE » deviens immédiatement un «NOUS ». D’ailleurs, le pronom « Nous » avec le « ON» sont les seuls pronoms personnels qui supposent un sens collectif inclusif.

Le « JE » est très solitaire et n’implique que moi.

Le « TU » et le « VOUS » désignent la ou les personnes à qui je parle.

Le « IL – ILS » singulier et pluriel parlent une fois de plus des autres sans pour autant m’impliquer.

Reste le  « NOUS » et le « ON » qui m’incluent, ainsi que d’autres personnes.

Donc, il est impossible que j’utilise « nous », si je suis seule à m’impliquer. Je me suis alors dit qu’il y a beaucoup plus d’actions et de réalisations collectives qu’on le pense. J’ai fait l’exercice de cibler les moments où mon « Je » devenait collectif et ma conclusion a été : presque tout le temps. Pourtant, j’ai l’impression, quand j’invoque le développement collectif, que cela réfère à quelque chose d’organisé, de récurrent, qui a pour but de rendre service à mon milieu. Après réflexion, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas.

Il y a des actions et des mouvements de développement collectif réalisés de différentes façons.

  • Un mouvement collectif rejoint à titre individuel : il s’agit d’un grand courant, auquel on adhère individuellement pour faire quelque chose. Dans ce cas, c’est une action individuelle dans un mouvement de masse. On peut penser à des actions comme le « Ice bucket challenge » ou encore à des mouvements comme Rue principale.
  • Une action collective dans la vie quotidienne : ma famille, avec qui je partage des rêves, des ambitions et des réalisations, est une collectivité à laquelle j’appartiens. Quand on décide de construire une maison dans un arbre avec les enfants, de faire un projet de voyage avec mes parents, d’embellir la cour en y mettant des fleurs, c’est une forme de collectif.
  • Une action ou un mouvement spontané à caractère collectif : une manifestation, un regroupement d’urgence pour une situation particulière, une mobilisation éclair (mieux connue sur le nom de flash mob) sont des actions ou des mouvements spontanés à caractère collectif.
  • Des actions collectives organisées et en continu pour la communauté : les comités divers de développement, de loisir, de sport et autres, les groupes d’action communautaire, les conseils d’administration en santé, en éducation, etc.   Il s’agit souvent d’actions collectives qui ont un rôle d’entraide et / ou d’organisation et d’administration de services.
  • Des actions collectives pour mes intérêts personnels : les chorales, les clubs de marche, les clubs de lecture, les fermières, les cuisines communautaires et autres sont des actions faites de façon collective, mais qui sont souvent faites parce qu’elles ont un impact sur ma propre personne que ce soit pour mon plaisir ou mon bien-être.

Je pourrais continuer à nommer de nombreuses déclinaisons d’actions et d’implications à caractère collectif qui sont aussi du développement dans un sens parfois très clair, d’autres fois moins. Mon intention n’est pas de définir les lieux et façons de faire du développement collectif, mais plutôt de démontrer que nous sommes tous et toutes impliqués dans ce qu’on appelle le développement collectif.

Le développement peut être pris au sens très large. Si, le fait de réaliser une activité familiale a un impact positif sur mes relations avec mes enfants et que, par cette activité, j’apprends à mes enfants leur rôle de bon citoyen, je participe au développement. Et il est collectif au sens de ma famille.

Pour moi, le développement collectif n’est pas obligatoirement une implication qui a pour but de m’engager de façon récurrente à travailler pour les autres, ça peut aussi être pour soi et pour le plaisir.

Existe-t-il des gens qui ne font pas de développement collectif? J’en doute. La prochaine fois que vous penserez à raconter une histoire à quelqu’un, prenez le temps de remarquer le nombre de fois où vous direz « NOUS » ou « «ON ». À ce moment, posez-vous la question, qui était ce réseau collectif et qu’est-ce que j’ai fait comme développement personnel ou social?

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Nadia Bellehumeur
Nadia Bellehumeur

Je me présente, Nadia Bellehumeur, née en 1978 à Saint-Eugène-de-Guigues au Témiscamingue, un magnifique territoire rural où le mot collectif signifie que tout le monde se connait, avec les avantages et les conséquences que ça impose. J’ai quitté le Témiscamingue pour faire un baccalauréat en récréologie, à l’Université du Québec à Trois-Rivières, pour rapidement revenir dans mon milieu après mes études. Je travaille depuis plus de 10 ans en développement des collectivités à la Société de développement du Témiscamingue. Depuis 2014, je me suis lancée dans l’écriture et j’ai publié mon premier roman. Entre le travail, la famille (parce que je suis maman de trois enfants) et l’écriture, je réalise que le développement collectif, ça se passe à plusieurs niveaux. Du noyau familial, à la vie de communauté, à la région, à la nation et à la terre. Je souhaite participer à ce blogue pour partager mon expérience, ma vision, mais également pour, espérons, interagir, converser, inspirer et contaminer plusieurs personnes sur la nécessité du développement collectif, quel qu’il soit. L’avenir du développement collectif passe, pour moi, par l’engagement et l’acceptation de la différence.