Ce qui m’inspire – Michel Venne

Un citoyen et son territoire

 
Nous habitons un territoire autant que nous sommes habités par lui. Celui-ci nous façonne autant que l’on peut souhaiter le dominer, l’aménager, l’utiliser pour son bien-être.  n s’habitue à son rythme, à la lumière, au bruit de la neige sous les bottes, à l’intensité urbaine ou au fracas des vagues sur la grève.

À chaque territoire, sa communauté. Qui lui donne vie.

Le développement des territoires dépend des personnes qui y vivent, qui s’y investissent et s’y enracinent. Pour le soutenir ce développement, il faut certes des investissements ou des soutiens qui viennent d’ailleurs. Mais il n’y a pas de développement durable sans participation citoyenne.

Des experts l’ont démontré : le développement dépend entre autres de la capacité de mailler les savoirs, les expériences et les volontés des habitants d’une région ou d’une localité.

La participation citoyenne crée de la cohésion entre les personnes qui réalisent qu’elles ne peuvent rien régler sans l’appui des autres lorsque les problèmes et les obstacles nous dépassent comme individus.

Elle permet de prendre de meilleures décisions.

Elle aide à construire le sentiment d’être utile. Et donc, elle nourrit le sens des responsabilités.

Pour exister, la participation citoyenne a besoin de structures. Sinon, elle s’effrite, elle s’évapore dans des mouvements spontanés parfois grisants mais peu structurants pour l’avenir.

Aujourd’hui, au Québec, plusieurs de ces structures participatives sont démantelées ou affaiblies. On le voit dans la santé, l’éducation avec les commissions scolaires, le développement économique et communautaire local ou la ruralité.

Les décisions qui sont prises sont soudaines et la plupart du temps justifiées uniquement par le désir d’équilibrer les finances publiques.

Quoi qu’on pense de ces décisions, elles réduisent l’espace de participation des citoyens. Elles leur enlèvent du pouvoir. Des contre-pouvoirs sont abolis.

La nature ayant horreur du vide, autre chose va naître pour remplacer ce qui disparaît.

J’aimerais que ce Nous.blogue ouvre une conversation sur ce que nous perdons dans les décisions qui sont prises ces jours-ci et sur les opportunités que cette situation va créer. Que l’on échange sur la nature, les objectifs, les modalités de ce qu’il faudra inventer pour remplacer ce qui s’en va.

Michel Venne
Directeur général, Institut du Nouveau Monde

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Michel Venne
Michel Venne

Je m’appelle Michel Venne. Je suis un ancien journaliste au journal Le Devoir de Montréal, qui, un jour en 2002, est devenu sans le savoir un entrepreneur social. J’ai fondé l’Institut du Nouveau Monde (INM) avec pour but d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique. En d’autres termes, avec pour but d’accroître le pouvoir des simples citoyens sur leur vie, au sein de leur communauté et de leur nation. Je sais, pour provenir moi-même d’un milieu modeste, que sans participation, il n’y a pas de possibilité d’influencer le cours des choses. Je sais aussi qu’une société qui va bien, tant sur le plan économique que sur le plan social, est une société dans laquelle existe une société civile forte, dynamique et respectée par le pouvoir politique. C’est ce qu’encourage l’INM à travers des activités d’éducation à la citoyenneté, de promotion de la démocratie et d’animation du débat public sur tous les grands enjeux de notre temps.