C’est l’histoire d’une petite souris qui vivait insouciante, sur la ferme, entre la fermière, le fermier et les autres animaux.

Un jour, excédée des petits dégâts faits par la souris, la fermière décida d’acheter une trappe à souris et d’en finir avec les menus problèmes. Très inquiète, la souris alla voir Madame la Poule pour lui en parler.

-Madame Poule, tu sais que la fermière a acheté une trappe à souris?

– Oui j’ai entendu ça. Mais que veux-tu, je ne risque pas de m’y prendre la patte ou le bec. Je suis bien désolée pour toi, petite souris, tu devrais apprendre la prudence, mais moi ça ne me touche pas…

Surprise et un peu déçue, la souris s’en alla donc s’épancher auprès de Monsieur Cochon.

-Monsieur Cochon, tu as entendu parler de la trappe à souris de la fermière?

-Oui petite souris, je sais. Tu as toute ma sympathie mais je ne peux rien pour toi. Crois-tu vraiment que je m’y prendrais le groin? Tu n’as qu’à rester sage…

Franchement dépitée, la souris croisa alors Maître Bœuf auprès de qui elle se confia.

-Maître Bœuf, que vais-je devenir? Une trappe à souris….

-Eh! Oui, petite souris, une trappe… Je comprends ton inquiétude mais que veux-tu y faire? La trappe ne me fera pas grand mal, à moi qui suis si gros et fort. À ta place, je m’éloignerais un peu… Reste cachée!

Voilà notre souris bien triste… et ne voulant pas croiser la trappe maudite, elle alla se terrer dans un endroit sûr.

La nuit venue, tout le monde à la ferme entendit un clac retentissant. La trappe venait de se refermer sur sa victime. La fermière se leva donc dans le noir pour aller vérifier sa proie, et elle ne vit pas le serpent qui s’était pris la queue dans la trappe à souris. Le serpent mordit alors violemment la fermière.

Au cours des heures qui suivirent, la fermière devint malade et son état se dégrada peu à peu. Alors le fermier fit ce qu’on fait toujours pour soulager et aider les malades, il prépara un bouillon de poule… Il dut donc tuer Madame Poule pour faire son bouillon.

Mais la fermière n’allait toujours pas mieux, son état empira au point que les sœurs de la fermière durent venir s’en occuper. Et pour nourrir les généreuses aides, le fermier dut abattre Monsieur Cochon.

Malgré tous les soins, la fermière décéda. Alors pour payer les funérailles et nourrir toute la visite, le fermier fit abattre Maître Bœuf.

La souris assista à tous ces événements de sa cachette… mais bien en vie! Et la trappe fut jetée!

La morale de cette histoire? La prochaine fois que vous entendrez qu’une de vos connaissances est aux prises avec un problème qui ne vous concerne pas, souvenez-vous que lorsqu’un des nôtres est menacé, nous sommes tous concernés, quoique les apparences puissent laisser penser.

Anonyme

Adoption de la loi 40

Cette histoire me permet de faire un parallèle avec les événements de la fin de semaine dernière, l’adoption de la Loi 40, Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires. Cette loi est odieuse à plusieurs égards, non seulement dans la manière de l’adopter, sous un bâillon, mais aussi sur ce qu’elle introduit des pièges multiples pour toute la société.

Elle crée d’abord une grande zizanie entre les milieux municipaux et scolaires avec l’introduction en dernière heure des amendements permettant aux établissements scolaires de revendiquer et de s’octroyer les immeubles ou terrains nécessaires, selon eux, à la réalisation de leur mission. Alors même que le milieu municipal et le milieu scolaire doivent collaborer de manière intelligente pour le mieux-être de leur population, et surtout celui des enfants, cet élément de loi vient empoisonner des relations pas toujours simples. Et cela fait beaucoup jaser… De fait, c’est peut-être l’arbre qui cache la forêt dans toute cette saga pseudo-éducative…

La Loi fait surtout en sorte de concentrer dans les mains d’une seule personne tout le pouvoir, toutes les décisions sur l’avenir de la scolarisation des jeunes. Et cet élément à lui seul devrait nous faire sortir de nos réserves. On dit toujours que ça prend tout un village pour élever un enfant. Il est donc tellement présomptueux pour un ministre, si enseignant soit-il, de croire qu’il pourra avoir toutes les solutions! Et cette centralisation à outrance des pouvoirs décisionnels est inquiétante. Comment en effet prendre des décisions sages quand il nous manque les nuances requises concernant chaque milieu pour prendre les bonnes décisions? Sur quels indices ou éléments se baser quand il n’existe plus de références régionales, les directions du ministère ayant été abolies sous un précédent gouvernement? Comment croire que les directeurs des établissements scolaires, qui devront rendre des comptes au ministre lui-même, lui qui les aura nommés, auront d’abord la préoccupation de leur territoire?

Leçon d’intimidation

Mais, le plus insidieux de cette Loi tient au traitement accordé aux élus scolaires. Le peu de considération pour les personnes qui, jusqu’à samedi matin, avaient le mandat, si petit soit-il, d’orienter, de diriger et de défendre nos institutions scolaires est en soi toute une leçon d’intimidation! Comment apprendre maintenant le respect à des jeunes quand la plus haute instance, notre gouvernement, se permet d’agir de la sorte? Comment inspirer l’implication quand on peut balayer le dévouement et la bonne volonté du revers d’un bâillon?

De se dire que cela ne touche que le monde scolaire est un piège sinistre. C’est tout le comportement d’un gouvernement qui est problématique, et qui nous piège tous. C’est toute notre société qui a perdu, dans la nuit de vendredi à samedi, sa capacité à agir collectivement pour l’éducation de nos enfants, pas seulement les commissaires. On est en droit de se demander maintenant quelles motivations seront celles des personnes qui prendront le flambeau, qui s’impliqueront dès lors auprès du milieu scolaire. Avec le peu de respect démontré à l’endroit des anciens commissaires, verrons-nous une attitude plus modérée envers les prochains bénévoles?

Et maintenant? Quelle sera la prochaine cible? Quelle autonomie perdrons-nous encore au bénéfice des « sages dirigeants »?

Bien triste manière de gouverner.

Pour ma part, j’ai appris. Amèrement. Et je ferai bien attention désormais de ne jamais sous-estimer un piège, peu importe sa grosseur ou sa cible première!

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Claire Bolduc
Claire Bolduc

Ancienne présidente de l’Ordre des agronomes du Québec, madame Bolduc représente bien le nouveau visage de la ruralité québécoise. Mère de quatre enfants, jeune grand-mère également, elle exploite, à Ville-Marie au Témiscamingue, un vignoble avec son conjoint.    Présidente de Solidarité rurale du Québec de mars 2008 à mai 2016, elle a milité pour que soit reconnue la juste place de la ruralité dans l’ensemble sociétal. Au cours de son mandat, elle a défendu la vision d’un territoire en partage et complémentaire, où les communautés rurales ont un rôle déterminant à jouer pour l’avenir du Québec. Elle connaît en outre bien le Québec rural, pour l’avoir parcouru afin de réfléchir avec les ruraux aux prochaines phases de développement du Québec rural.    Madame Bolduc cumule une trentaine d’années d’implication citoyenne dans les domaines agricole, rural, environnemental, éducatif et du terroir. En plus d’avoir assumé la présidence de son ordre professionnel, Madame Bolduc s’est impliquée auprès de Solidarité rurale du Québec de 2002 à 2006 et elle était, jusqu’à décembre 2007, présidente du Conseil des appellations agroalimentaires du Québec. Elle a également occupé plusieurs postes de responsabilités au sein d’organismes publics en environnement et en agriculture.