Comme certains le savent, j’ai pris, au printemps dernier, la très difficile décision de quitter Communagir pour d’autres défis professionnels. Très difficile, tout d’abord, de quitter une équipe intelligente, chaleureuse et qui réussit encore et encore à créer un peu de magie collective.

En quittant Communagir, je quittais aussi le développement collectif pour l’organisationnel. J’appréhendais cette coupure tout autant. Quitter cet univers dans lequel j’évoluais depuis une quinzaine d’années et dans lequel je nageais comme un poisson dans l’eau n’était pas une décision facile.

Ça fait maintenant 6 mois que j’évolue dans la grande entreprise publique. L’effet de contraste y étant sûrement pour quelque chose, j’ai fait quelques constats qui m’ont surpris et rassuré tout à la fois. J’avais, pour mon dernier billet, envie de vous en partager quelques-uns.

  • Le collectif n’est pas « une job » même si l’on est payé pour le faire et qu’on peut l’étudier, c’est un mode de vie et de pensée. Bien sûr que je savais déjà tout ça, mais maintenant que je suis payé pour faire autre chose, c’est plus frappant. Je ne pourrai jamais quitter le développement collectif.
  • La grande majorité des gens souhaitent « vivre » des expériences collectives, mais ne savent pas quand, ni comment. Ces expériences peuvent se faire dans différents espaces, dans le monde organisationnel, on appelle ça autrement, tout simplement. Le besoin et l’envie de se connecter sont plus présents que je ne le croyais.
  • 95 % de ce que j’ai appris durant quinze dernières années est entièrement applicable à l’organisationnel. C’est comme apprendre une nouvelle langue, du moment que l’on comprend le sens des mots, il s’agit seulement de traduire. Le travail étant au centre de la vie des gens, c’est un espace enviable pour vivre le collectif.
  • Le lien entre l’économique et le social est déjà là. Il n’est simplement pas où l’on croyait qu’il était. On oublie parfois que les gens sont déjà en lien les uns avec les autres dans leur milieu de travail. La connexion elle est déjà présente, ce sont les ponts qui n’existent pas encore.

 

Ce dernier constat est celui qui m’habite le plus et dont j’ai l’impression d’en voir qu’une infime partie pour le moment. Après si peu de temps, je ne sais pas encore clairement quoi faire de ces constats, mais je suis certaine d’une chose, c’est que le collectif c’est la clef dans l’organisation comme dans le reste des univers qui nous entourent. Et pour cet océan d’apprentissages de tout genre et de toute nature que j’ai fait dans celui du développement collectif, j’en suis infiniment reconnaissante à tous ceux et celles que j’ai eu le bonheur de côtoyer. J’ai appris plus que je pourrais en mettre dans un texte. Je retiens toutefois ceux-ci :

  • Il est possible d’être stratégique et d’influencer un changement tout en étant transparent et authentique. Il est possible de le faire dans la confiance mutuelle.
  • Même une personne seule peut faire une différence. Naviguer parmi les choix faits par autrui est en fait une clef pour trouver une voie différente, pour innover.
  • La seule manière d’arriver à être réellement intelligent est lorsque l’on travaille avec d’autres, ce qui signifie aussi de faire confiance même dans les désaccords. Dans le monde dans lequel on vit, personne ne détient toute l’équation.
  • Le plaisir de partager, de choisir et d’avancer ensemble est immense.

 

Merci à vous tous et vous toutes pour cette belle richesse et les moments de grandes fiertés que vous m’avez procurés.

Je vous souhaite une année 2019 ainsi que toutes celles qui suivront, extraordinaire de beauté, de surprises et de réalisations collectives !

À chaque fois que je lis les vœux de Jacques Brel de 1968, j’ai envie de les partager… je vous les offre donc en ce début de 2019 :

 

Le 1er janvier 1968 (Europe 1):

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable. »

 

 

Crédit photo : Photo by rawpixel on Unsplash

 

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Marie-Denise Prud'Homme
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