Autochtones, non autochtones et développement des communautés

 

Je ne suis pas autochtone et j’ose prendre la parole sur un tel sujet? Oui, parce que cela nous concerne tous, autochtones et non autochtones! Il faudrait justement peut-être qu’un peu plus de non autochtones se positionnent plus souvent sur ces sujets pour que les choses changent un jour.

Lorsque nous parlons de développement des communautés, on ne peut pas, si on est sérieux, passer à côté de la question autochtone. En premier lieu, force est d’admettre que plusieurs communautés autochtones sont parmi les plus pauvres et avec le moins de ressources au Québec et au Canada parmi l’ensemble des communautés. Si on devait fonctionner par priorité ou par urgence, nous dirigerions le gros de nos efforts et ressources de ce côté. Bien sûr, cela demande d’appliquer ce que nous prônons en développement des communautés, à savoir que ce sont les communautés elles-mêmes qui doivent déterminer les chemins de leur développement.

Cela prend tout son sens également en milieu urbain. Pour différentes raisons, de plus en plus d’autochtones vivent en milieu urbain. Les villes et municipalités doivent intégrer cette réalité et faire en sorte que l’on puisse vivre ensemble dans le respect des cultures réciproques et dans le plaisir de partager! Un exemple, nous venons tout juste de prendre conscience à la ville de Trois-Rivières qu’il y a plus de 1400 autochtones qui y vivent. Mais si ce n’avait été de l’implantation du Point de services pour les Autochtones de Trois-Rivières (PSATR),  du Centre d’amitié autochtone de La Tuque, ce serait une réalité encore ignorée. La prochaine version de notre politique de développement social reconnaîtra cette réalité et se préoccupera d’y faire une place dans le vivre ensemble. Disons-le d’ailleurs, à travers le Québec, les centres d’amitié autochtones regroupés dans un regroupement national font un travail incroyable dans ce sens.

Le développement, il est à faire dans plusieurs domaines : culture, développement économique, partage du territoire, action communautaire, partage des ressources, projets en partenariat où chacun est gagnant/gagnant, etc. Il s’agit sans aucun doute d’un des plus grands enjeux pour les prochaines années en développement des communautés. Travaillons à ce que l’on n’entende plus parler des autochtones seulement lorsqu’il y a une situation de crise, ce qui est bien souvent le cas. Parlons de développement, parlons de ce que nous pouvons construire ensemble dans le respect.

Connaissez-vous de belles expériences de développement des communautés impliquant ou en partenariat avec des autochtones? Lesquelles? Prenez le temps de nous écrire pour nous partager cela!

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1 Commentaires

  1. On trouve plusieurs exemples de collaboration entre Premières Nations et Québécois au sein de projets de mobilisation locale auxquels Québec en Forme prend part. Si des informations sur ces collaborations peuvent contribuer à un exercice de portrait provincial, je suis disponible !

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Jean-François Aubin
Jean-François Aubin

Passionné du développement des communautés, je suis également conseiller municipal à la Ville de Trois-Rivières depuis novembre 2013. Cela me permet de regarder avec un œil différent le développement de nos milieux. J’ai été auparavant au Réseau québécois de revitalisation intégrée et j’ai aussi coordonné un magnifique projet, soit la Démarche de revitalisation des premiers quartiers de Trois-Rivières. Ajoutez à cela mon implication dans le secteur de l’économie sociale et vous commencez à avoir un bon aperçu de mon parcours. J’ai aussi la chance d’enseigner en Techniques de travail social ce qui me permet de me questionner sur comment nous transmettons à des plus jeunes le goût du développement collectif.