Bonne nouvelle année!

Comment elle va faire pour être nouvelle si c’est encore les mêmes vieux cons qui donnent le tempo? On va danser sur le piano du manchot en faisant semblant que tout est beau? Le chef d’orchestre est comme un mononc chaud qui vomit dans son chapeau avant de partir pour le mess de minuit. L’histoire est tout le temps pareil, esti.

Entre Petrolia qui prenait tout et nous demandait rien et Pieridae qui l’a avalé en nous demandant rien non plus, à part de payer la dot de la mariée, entre l’avidité de Junex et sa volontaire surdité à nos cris, confortée par le larbinisme galopant de nos élus pressés de se taire, tellement à plat ventre qu’ils glissent sous le tapis, avec les tas de poussières cachées pour pas les voir, et tous nos espoirs encore déçus; entre la prédation corporatiste de Gastem et l’attente des résultats de son inique procédure d’intimidation judiciaire face à Restigouche, entre la volonté pressée de la Caisse de dépôt et placement du Québec de vendre au plus offrant sa patte d’éléphant blanc plein de ciment avant de se couler les deux pieds dedans et la peur  du grand Coucou d’avoir l’air fou raide aux prochaines élections d’avoir imposé un pareil savon à la population; entre les velléités expansionnistes des huileux de l’ouest et la décrépitude durable de notre train Gaspésien qui ne sert plus qu’à sortir les ressources mais plus jamais à porter le monde; entre deux pétards légaux à Justin, un selfie, deux ou trois pipelines et l’écran de fumée qui masque la spataragonflante augmentation du budget de la défense et (surtout) de l’offense et les excuses de coulisse des avocats-ministres qui avaient ben le droit de manger gras; entre le capital planqué complaisamment dans les paradis fiscaux et les coupures jamais sur le dos des plus gros; entre les promesses de fond de poche des nouveaux rois municipaux et la volonté affichée sans nuance par ceux-ci de se faire strap dans la poulie du compresseur néolibéral, entre le pitoyable spectacle d’un bouffon arriviste trop riche pour être honnête et celui plus discret des nécrophages cachés dans son ombre qui prolifèrent sur les décombres des cités ruinées; entre les menaces de guerre nucléaire d’esprits fêlés et la meute de loupiots qui se lichent le cul plein de vers sans rien voir, entre les milices étatiques, leur morale élastique et le retour des pantalons kakis pour garder l’entrée des actionnaires; entre les bonis annuels des banquiers et les banques alimentaires fermées; entre les partys privés au casino de Charlevoix d’une élite mafieuse cachée derrière des clôtures dorées et les justifications que leur trouvera toujours une presse de plus en plus insipide et vide, entre le bruit ambiant des radio-égouts, leurs opinions-étrons et les déversements dans le fleuve où nous buvons, entre le génocide des indiens qui tire à sa fin et le cent cinquantième gênant du colonial drapeau canadien; entre les carcasses de baleines toxiques d’être trop pleines et la volonté de gratter encore une cenne, je vous souhaite assez de souffle pour énumérer toute la Connerie du monde dans une seule phrase, quitte à clairement abuser des points-virgules, et je vous souhaite la soif qui ne s’épanche que par un verre d’eau claire de la rivière.

Je vous souhaite encore un peu de silence, le temps de réaliser la chance que vous avez de pouvoir parler.

Je nous souhaite à tous une marée de conscience et une bourrasque qui jette par terre les certitudes dociles qui, pourries, servent d’engrais pour faire croître  un monde qui a encore de la place pour ce qui est beau.

 

 

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Bilbo Cyr
Bilbo Cyr

Je suis un iconoclaste incisif et subversif, porté à dire l’indicible pour qu’il cesse de l’être. Je suis un adepte du crayon pointu qui crève les yeux entre les lignes et un gymnaste du sous-entendu. Pas que je sois peureux, mais je crois qu’il est souvent dangereux d’être trop clair. Ça agite les esprits obtus et leur suggère de douteuses initiatives. Alors je métaphore à outrance. La créativité qui se manifeste à travers le chaos, c’est toujours ça de gagné. Puis, ça permet de n’être compris que par des gens intelligents… J’habite et suis habité par une péninsule que les sans-visions, du haut de leur siphon, appellent « région-ressource ». Pour la plupart des Québécois, c’est une presqu’île au bout du monde, dont on fait le tour en trois-quatre jours, pendant les vacances de la construction, quand le gaz n’est pas trop cher. Pour ceux qui y vivent, c’est un terroir d’espoir et de grogne. Son potentiel est spataragonflant, mais son développement se fait souvent par des borgnes avaricieux et vicieux, en mitaines pas de pouce, qui rêvent de fortune facile avant la fin du mandat. C’est qu’on ne nous demande plus jamais notre avis sur ce qui doit advenir de nous. J’ai pris l’habitude de le donner quand même. Ça m’a fait une collection d’inimitiés hautes placées. C’est un loisir comme un autre. L’alternative serait de me taire et je ne sais pas comment faire. Je suis venu à l’action collective par nécessité : changer le monde tout seul, c’est compliqué et pas très efficace. C’est par la bouche et par l’oreille que germe lentement le changement. J’ai choisi les mots comme arme et comme soupape. Je vous en livrerai ici quelques échantillons à l’occasion. La posologie est à votre discrétion.